‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 71 sur 267 · septembre · texte numérisé non relu

septembre

4. 0i;DKn. Vit., 1. Vll'i p. OriO à GGl. Domiii;»^ mea', sunclîc Dei i;enitrici Marijo mecommendo.

J.a couronne d'Anglelcrrc écliut alors, on le sait, à Guillaume le Roux, au détrimenl de son aîné, Robert, qui n'eut en partage que le duché de Normandie. Pour se faire reconnaître roi, Guillaume dut jurer, entre les mains de l'archevêque Lanfranc, de garder la justice et la miséricorde, et de défendre la paix et la liberté de l'Eglise envers et contre tous*. Mais, Lanfranc mort' et Guillaume affranchi de tout frein, celui-ci se livra sans tarder aux mauvais penchants de sa nature dépravée. li'Église et le peuple d'Angleterre eurent également à souffrir sous son joug. Le zèle du Conquérant pour la régularité ecclésiastique et sa haine contre la simonie ne l'avaient point empêché d'introduire dans son nouveau royaume des innovations^ abusives et incompatibles avec la liberté de l'Eglise comme avec sa mission sociale. Il avait revendiqué le droit d'accepter ou de rejeter, selon son bon plaisir, la nomination du pontife romain, d'examiner, au préalable, toutes les lettres pontificales adressées à l'Eglise d'Angleterre ; de sou-

'. Eadm., Ilist. nov., T, p. 33.

2. Le 27 mai 108&, L'un des derniers actes de cet illustre moine, qui s'intitulait : « Lanfranc, pécheur et indigne archevêque de la sainte Église de Cantorbéry, » fut d écrire à deux rois d'Irlande pour îeur recommander de veiller à l'inviolabilité des mariages dans leur pays. Il leur renvoyait l'évêque Patrice, monasticis histitulionibus a pucrilia enulrltum, qui était venu se faire sacrer par lui. Baron., Ann., ad ann. 1089.

5. Qaœdam de eis quse nova per Angliam servari constituit, ponani. Eadm., p. 29.

ineltre î\ la censure rovale les décrets des conciles nationaux; enfin d'inlerdire aux évêques de fulminer, sans sa permission, des peines ecclésiastiques contre les barons ou les officiers royaux coupables même des plus grands crimes \ De plus, le Conquérant avait rigoureusement maintenu l'usage, invétéré en Angleterre, de forcer les évêques et abbés î\ recevoir l'investiture par la crosse, de la main du roi, et à lui rendre hommage ^ Mais le roi Roux^ ne s'en tint par là : non-seulement il empêcha TEglise anglaise de se prononcer en faveur du pape légitime contre l'antipape, pendant que toute l'Europe, excepté les partisans de l'empereur, reconnaissait Urbain II*; mais, de plus, à la diffé- Le roi

, .i I |. Guillaume

rence de son père, il scandalisa tout le pays par leRoux ses débauches, remit en honneur la simonie que le Raoui Fiambart Conquérant, sur son lit de mort, s'était vanté d'à- minisue. voir extirpée, et fit de l'Eglise la victime d'une rapacité sans exemple. Un fils de prêtre, Raoul Flambard, qui avait été valet de pied à la cour de Normandie"', et qui devait son surnom à la brutale

Page 1