‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 95 sur 267 · Commonitorios opices. Ibid · texte numérisé non relu

Commonitorios opices. Ibid

'2. En suhitanea rerum instabit immutatio.... non Deiis dominabuntur effeminati.... Ecce arcus superni furoris contra rcprobos int:;nsus est et sagilta vclox ad vulnerandum de pharctia exlracta est. Repente jam feriet. Ohdeu., 1. c.

le lîonx.

« croyais un sage abbc, a pu avoir l'étrange idée de (( me raconter de telles rêveries et de me les en- « voyer de si loin par écrit! Me prend-il donc pour (( l'un de ces Anglais qui remettent à un autre jour « leurs voyages et leurs affaires parce qu'une vieille (( femme, la nuit précédente, a rêvé ou éternué'? » A ces mots, le roi partit au galop pour la chasse. Sa dernière parole adressée à l'un de ses compagnons, Gauthier Tyrrel, fut : « Tire donc, de par le Mort c< diable! » Et, au même instant, une flèche, soit

de Guillaume ccllc dc Gauthicr, soit celle d'un autre, vint lui traverser la poitrine^ Le corps du prince, placé sur une voiture de charbonnier, d'où le sang dégouttait sur la route, fut transporté à Winchester; mais les cloches des églises, qui annoncent les obsèques du plus infime deschrétiens, du dernier des mendiants, ne sonnèrent point pour le monarque, et de tous les trésors qu'il avait amoncelés, aux dépens de son pauvre peuple, il ne fut pas employé une obole pour le salut de son àme^. Lorsque cet acte terrible de \a

1. Rex in cacliinnum resolutus est.... Miror unJe Domino meo Serlonitalianarrandivoluntasexorta est.... Ex uimia simplicitatemilii.... somnia sternutantiuin rctulit.... Nuni prosequi me ritum autumal Angloruin qui pro sternutatione vcl somnio vetularum.... his diclis celer surrexit et cornipcdeinasccndens in sylvain feslinavit. Ihid .

2. Tralic, tralie arcuni, ex parte diabolij IIenric. Knyguton, p. 2573, ap. TiiiEuuv, II, 540. L'abbé Sugcr rapporte que Tyrrel, qii passait pour l'auteur de celle mort, lui avait souvent juré qu'il n'avait même pas aperçu le roi dans la forêt. VU. Liid., passim ap. Sei.hen, nol., in Eadmeh, p. 190.

5. Gruore undatimpcr (otani viam stillante. \Vili.. Malm., p. l'20, ;.p.

LES PRÉDÉOESSEUR? lDÊl(ÎÀ'th'1^E%^ '2#

justice divine s'accrtrdpWêi:L4ti<ife^rm'(^' vîsite^ plti^' sieurs monastères de la''>Bdiir*gbgMë tif tJë lÛwf^^lii^^^ gne. A Marcigny, le saint'âbbélH^Ûeyli(tiffl^iriîNf*}(fi^ raconta que, la nuit préc(3demfe,^dëfe Wh 'i^éViéril' avait vu le roi Guillaume coïn'pàft^hl^è^J ^ébffllw accusé, devant le tribunal de Dieil,^ëh'?11a#ifë'ft5* jugé et condamné \ A la Chaise-Dieu ;TOr%1ifevê(^Hl^ apprit la mort du roi : il pleura beaucd<i)9,%ftnîH6' voix entrecoupée de sanglots il déclara c^ià'îrlày^ rait mille fois préféré mourir lui-même què^ xHW le roi périr de cette façon ^ '^"^

Cependant, bientôt arrivèrent des messagers de' la part du nouveau roi d'Angleterre et de ses barons, qui suppliaient Anselme de revenir au plus vite, lui déclarant que toutes les affaires du royaume soufflaient de son absence\

Henri, frère puiné de Guillaume, s'était hâté de s'asseoir sur le trône paternel, au délrimcnt de son

Thierry. Regem veluti ferocem aprum venabulis confossum.... detulcrunt. Signa etiam pro illo in quibusdam ecclesiis non sonueriiiit, quae pro infimis pauperibus et mulierculis ci\ bro diutissime pulsata sunt. Ord., 1. c.

1. Intulit testimonio veritatis proxime prœterita nocte regem ai île thronum Dei accusalum, judicatum, sententiamque damnalionis in eum promulgatam. Eadm., 'i3.

2. At ille singullu verba ejus interrumpente, asseruil quod.... miiltum magis eligeret sei{)sum corpore, quaiii illum sicut erat morluuin esse.

5. Oinnia negotia regni ad audicntiam et dispositionem ipsius rcferens pendere dilata. Ealm., 57. V. in Epist. Ans. III, 41, la lettre du roi où il s'excuse de s'être fait sacrer par d'autres évoques, en l'absence du primat. %

MOÏSES d'occ. vn. i8

AiiscliiU' iclouine

i'H Angleterre et

M'y trouve {xip la ]v,\i\.

aîné, Robert de Normandie : mais, le jour de son sacre, il avait dû jurer de garder les bonnes et saintes lois du roi Edouard, et de réparer toutes les iniquités du règne précédent. Le nouveau roi avait donc fait publier, dans tout le royaume, une charte imposée par les barons et où la liberté des successions, des mariages et des tutelles était garantie. Anselme crut alors pouvoir se rendre au vœu de son peuple et retourner en Angleterre. Mais il y trouva non le repos, mais au contraire une lutte nouvelle à soutenir sur un terrain plus difficile que tous les autres. Après avoir subi les brutales violences d'une sorte de bandit couronné, le primat allait se trouver placé entre son devoir nettement défini de primat et la politique artificieuse d'un prince d'une habileté et d'une finesse telles, qu'elles lui avaient mérité le surnom de Beau clerc. Pour tout autre la position eût été dangereuse; mais Anselme revenait d'un exil de trois années, plus ferme, plus résolu que jamais. Armé de cette douceur qui, racontait-il lui-même, ne l'avait abandonné qu'une fois depuis qu'il était moine*, il possédait en outre cette héroïque fermeté que puise un grand cœur dans l'humilité et le profond sentiment du devoir\ L'archevêque avait fait part de

j, GuiLL. Malmesb., op. cit.

Page 1