‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 4)Chapitre 93 sur 174 · Epist. ad Agenicliiam, t. IV, p. 748; édit. 170G · texte numérisé non relu

Epist. ad Agenicliiam, t. IV, p. 748; édit. 170G

2. Plus d'un siècle après Clovis, on trouve encore des païens parmi les Francs du rang le plus élevé. Saint Loup, cvêque de Sens, exile par Clotairc II vers 615, fut confié à la garde d'ini duc nommé Boson qui était encore païen, et qui occupait les bords de l'Oise : « ubi cranl lempla pbanatica a decurionibns culta... prœdictuni ducem vitali tinxit in lavacro, plurimmuque Francontm exercifum, qui adliuc erroris detinebatur laqueis, illuminavit per baptismum. » Act. SS. lîoLLA.Nu., t. I Sept., p. 259. — Le deuxième successeur de saint Co-

sous LES PREMIERS MÉROVINGIENS. 261 Ils restèrent , longtemps après leur conversion , sauvages, avides et cruels comme auparavant. Ils ne se transformèrent pas en un jour. Deux siècles de guerres fratricides entre les rois mérovingiens ne le démontrent que trop, en même temps qu'elles constatent l'espèce de vénération superstitieuse , d'idolâtrie païenne que les Francs professaient pour cette dynastie aux longs cheveux, dont ils déposaient, dont ils égorgeaient en détail les rejetons, mais en dehors de laquelle nul ne s'avisait encore de chercher des chefs d'un autre sang.

Il ne faut donc pas nier leur barbarie; il faut non-seulement croire tout ce que les historiens en rapportent, mais bien se dire que, comme pendant toute l'antiquité, leurs récits sont loin d'atteindre tout ce qu'il y eut « de tyrannies ignorées, de spoliations impunies, de ruines sans vengeurs ^ » Mais il ne faut pas croire que les Francs fussent, comme on l'a prétendu, moins civilisés, moins humains, plus oppresseurs que les autres Barbares. A aucun point de vue, on n'a le droit de les placer au-dessous des Yisigoths ou des Burgondes. Ils avaient notamment tout autant de goût et d'attrait pour la culture des lettres et de l'esprit. La chapelle que

lomban à Bobbio, l'abbé Bertulfe, mort en G 40, était païen de naissance, quoique procbe parent de saint Arnoul, évêqae de Metz. On verra plus loin que les Francs établis en Belgique restèrent en grand nombre idolâtres jus(iue dans le vm" siècle. 1. OzANAM, Études germon , t. 11, p. o()2.

Caractère

de

la domination

franque.

Éducation les Fois mérovingieiis instituèrent dès les premiers

palatine , , . i? / i • n

de la temps de leur conversion, et 1 école qui y fut aus-

jeiine noblesse. . ^ 1/ i • ' / i i

Sitôt attachée, comme une dépendance inséparable de la résidence royale, devinrent promptement une pépinière de clercs instruits et zélés, où la jeune noblesse franque et gallo-romaine puisait l'instruction la mieux adaptée au temps et aux mœurs d'alors. Les charges importantes de l'Eglise et de la cour se donnaient à ceux qui s'y étaient distingués*. Toutes les biographies de saints sont unanimes à constater ce fait; et Grégoire de Tours le confirme en parlant de V érudition palatine comme d'une sorte de noviciat ecclésiastique et politique, en pleine activité sous les petits-fils de Clovis\ Égalité 11 est encore plus certain que l'oppression des

des Francs , ^ r\ p • • '

et Gallo-Romains par les Francs ne fut jamais syste-

des Gaulois, . , • 11 • l^

matique, m surtout aussi cruelle , au«;si complète que le veut une théorie habilement préconisée de nos jours, mais démentie par tous les mémoires contemporains. Sans doute, dans la région du nordest, qui fut la première occupée par les Francs , encore complètement païens, la population romaine fut cruellement spoliée et maltraitée, sinon entièrement exterminée. Mais après leur conversion, à

1. On trouvera à ce sujet des détails nombreux et précis dans l'Histoire de saint Léger, par dom Pitra, p. H i, et Appendice. On sait que ce mot de chapelle, comme synonyme d'oratoire, dérive, selon Ducange, de la petite cape ou chape de saint Martin, qui est la plus insigne des reliques mérovingiennes.

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