Lt.xch, Cambrensis Eversus, t. 11, p. il, éd. Kelly
l'Irlande
réglée par saint Patrice \ Mais il n'en demeure pas moins avéré que des moines gallois et bretons furent les collaborateurs et surtout les successeurs de Patrice en Irlande, qu'ils accaparèrent en quelque sorte son œuvre et que l'Église de cette île s'organisa et se développa sous leur influence, grâce à cette émigration continuelle qui s'opérait de Cambrie en Hibernie, et d'Hibernie en Cambrie, dont les preuves se trouvent à chaque page des annales du temps. neiatioiis C'est à saint David, le e-rand moine-évêque du
de sailli David ^ o x^
et de pays de Galles, que les annales des deux Eglises
ses disciples '' , . . . .
avec attribuent la principale part dans l'étroite union des deux monachismes irlandais et breton. Nous avons déjà dit que le monastère épiscopal qui a gardé son nom a pour site un promontoire qui sort des flancs de la Grande-Bretagne comme pour s'élancer vers l'Irlande : la légende raconte que, debout sur ce
1. Item quœcumque caussa valde difficilis exorta fuerit atqueignota cunctis Scotorum gentium judicibus, ad cathedrain arcliiepiscopi Hi- LernicnsiLiin, id est Patricii atquc hiijiis antistitis examinationem rectc referenda.
Si vero in illa cum suis sapientibus facile sanari non poterit talis caussa prsedicta negotiationis, ad sedem apostolicam decrevimus esse niitleiidani, id est ad Pétri apostoli cathedram, auctorilatem Romœ urbis liabenteni.
Hi sunt qui de hoc decreverunt, id est Auxilius, Patricius, Secundinus, Benignus. Post vero exitum Patricii sancti, alumpni sui valde ejusdem libres conscripserunt. — Canon tiré d'un ms. d'Armagh qu'on croit de la main même de Patrice et publié par O'Cubry, Lectures on the manuscript materials of Irisli History, p. Gll. — Toutes les découvertes de l'archéologie et de la théologie contcinporaiiie conlirment l'union de l'Église primitive d'Irlande avec l'Église romaine.
promontoire, Patrice, en proie à un accès de dépit et de découragement, avait eu une vision consolante et embrassé d'un seul regard toute la grande île dont Dieu lui réservait la conversion \
David, né d'une mère irlandaise^ mourut dans les bras d'un de ses disciples irlandais. Un autre de ses disciples fut longtemps célèbre à cause du service qu'il avait rendu à l'Irlande en y introduisant l'apiculture. Car là, comme partout, ce n'était pas seulement la foi, la vérité et la vertu que venaient apporter ces missionnaires monastiques, c'étaient encore les bienfaits inférieurs mais essentiels de la culture, des arts, du travail. Ce disciple, nommé Modonnoc, était un rude ouvrier, si rude et si âpre à faire travailler les autres qu'il s'en était fallu de peu qu'il n'eût la tête fendue par la hache d'un camarade à qui il reprochait sa paresse, pendant qu'ils piochaient tous deux la terre pour adoucir la pente d'un chemin creux près du monastère de David".
Au déclin de ses jours, après une longue vie
Le moine Modonnoc
introduit
les abeilles
en
Irlande,
1. Ex loco in quo stabat, qui modo sedes Patricii dicitur, totam prcspexit insulam. Vita S. David, p. 119.