‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 3)Chapitre 115 sur 244 · Adamn., II, 42. — Id., I · texte numérisé non relu

Adamn., II, 42. — Id., I

3. En 1858, on y voyait encore, avec plusieurs édifices religieux d'une date très reculée, une église dédiée à saint Columba, et les habitants de i'ile, quoique calvinistes, célébraient encore le jour de sa fête en portant le lait recueilli dans les vacheries au gouverneur ou fermier de l'île qui appartenait alors en entier à un seigneur du

depuis rendu si fameux; puis bien au nord des Hébrides et même des Orcades, ils atteignirent les îles Shetland, l'Islande même, selon quelquesuns, qui n'est qu'à six jours de voile du nord de l'Irlande, et dont la première église chrétienne porte le nom de Columba, enfin les îles de Fer où les Norwégiens trouvèrent plus tard les traces du séjour des moines irlandais, leurs livres celtiques, leurs croix et leurs cloches' . Gormac, le plus hardi de ces intrépides explorateurs, fit trois longues, laborieuses et périlleuses excursions sur l'Océan, avec l'espoir toujours infructueux d'atteindre le désert qu'il rêvait. Une première fois, en abordant aux Orcades, il n'échappa à la mort, dont les sauvages habitants de cet archipel menaçaient les étrangers, qu'au moyen des recommandations que

clan des Macleods ; ce fermier en faisait distribuer par portions égales à chaque homme, femme ou enfant de l'ile. Histoire de S. Kilda, par Kenneth Macaulay, p. 71 de la traduction française, Paris, 1782. Cet îlof, qui est le point le plus occidental de l'Europe, est célèbre par les exploits des chasseurs qui se suspendent à des cordes le long des falaises verticales; elle n'a guère que quatre-vingts habitants; on y montre le site d'une chapelle dite de Saint-Columbaavec un cimetière et des sources consacrées et médicales. On y observe encore la fête de saint Columba.

1. Landnamabok, ap. Antiq, Celto-Scand., p. 14. — Dicuil, qui écrivait en 795, constate que, cent ans auparavant, les îles Feroë, avaient été habitées par des eremitœ ex nostra Scotia navigantes. Éd.Letronne,p. 39.— Cf. Innés, Scotlandin the middleages,'p. 101, et surtout Lanigan, Eccles. hist. of Ireland, c. 3, p. 225, où laquestion de la première découverte de l'Islande est traitée à fond.

238 COLUiWBA, PROTECTEUR DES FAIBLES

Coliimba avait obtenues du roi des Pietés, déjà converti, à r adresse du roi encore païen des insulaires septentrionaux \ Une autre fois, le vent du sud le porta pendant quatorze jours et quatorze nuits consécutives presque dans les profondeurs de Tocéan Glacial, et bien au delà de tout ce que rêvait Timagination des hommes d'alors".

Golumba, le père et le chef de ces intrépides et pieux navigateurs, les suivait et les guidait par sa prière, toujours vigilante et toujours efficace. Il était en quelque sorte présent parmi eux, malgré les distances qui les séparaient du sanctuaire et des ports insulaires dont ils étaient partis. L'oraison lui donnait l'intuition des dangers qu'ils couraient. Il les voyait, il en souffrait, il en tremblait. Aussitôt il convoquait au son de la cloche les frères restés au monastère, et se mettait en prière dans l'église avec eux.

1. Adamn., II, 42. — On se rappelle involontairement l'Arioste qui place aux Hébrides la scène de la délivrance d'Olympie par Roland et attribue aux habitants de ces îles l'usage d'exposer des femmes aux monstres marins :

Per distrugger quell' isola d'Ebuda Che di quanta il mar cinge é la più cruda. Vol dovete saper ch'oltre l'Irlanda, Fra moite, che vi son, l'isola giace Nomata Ebuda, che per Icgge manda Rubando intorno il suo popol rapace...

Orlando furioso, ix, H-12.

Page 1