‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 3)Chapitre 117 sur 244 · Adamn., h · texte numérisé non relu

Adamn., h

2. CeUe tragédie d'Eigg, en 61 7, mérite une mention spéciale. D'après les annales irlandaises, saintDonnan, fondateur de cettecommunauté, était ami et disciple de Columba; voulant une retraite plus profonde, il alla s'établir avec quelques compagnons dans l'île d'Eigg, qui n'était habitée que par les troupeaux de moutons de la reine du pays (plusieurs des îlots près Staffa servent encore £i,ujourd'hui de pâturages). Cette reine, informée de cette atteinte à sa puissance, ordonna de les tuer tous. Quand les égorgeurs arrivèrent, c'était la nuit de Pâques : on disait la messe. Donnan demanda que l'on attendît que la messe fût finie. « Soit ! » dirent les émissaires. La messe finie, ils se livrèrent tous au couteau. — Selon une autre version, la reine ou dame du sol aposta des pirates (latrones) pour les égorger ; ils furent surpris psalmodiant

y séjourner, sans doute pour y goûter la solitude qu'il ne trouvait plus à loua où affluait de jour en jour une foule plus considérable de pénitents, de pèlerins et de solliciteurs. Il se plaisait surtout à Skye, la plus grande des Hébrides, rappelée après douze siècles à l'attention du monde par les aventures périlleuses et romanesques du prétendant Charles-Edouard et de Flora Macdonald. C'était alors une île à peine habitée, quoique très vaste, et couverte de forêts où il pouvait s'enfoncer pour prier, absolument seul, en laissant même ses frères loin de lui. Un jour il y rencontra un énorme sanglier poursuivi par une meute de chiens : il tua d'un seul mot la bête féroce, au lieu de la protéger, comme le faisaient si volontiers en pareille occurrence les saints des légendes mérovingiennes \ Aussi fut-il pendant tout le moyen âge le patron de Skye, où un petit lac a gardé son nom, de même que plusieurs sites et monuments des îles voisines^.

dans leur oratoire, d'où ils se transportèrent dans le réfectoire, afin de périr là où ils avaient vécu plus charnellement qu'ailleurs ; ils étaient cinquante-deux. C'est la version citée par les BoUandistes, t. H April., p. 487. Comme par une bénédiction spéciale de ces martyrs, cette île était encore catholique en 1703, et on y vénérait saint Donnan. Martin' s Journey to the Western Islands, p. 279

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