HooK, lAves ofthe Archbishops, p. 53 et
pelle au nouvel archevêque que le grand pape Grégoire a été son maître et doit rester son modèle , et que toute l'œuvre des archevêques ses prédécesseurs n'a été que le fruit du zèle de cet incomparable pontife'.
Ce même pape écrivit au roi Edwin pour le féliciter de sa conversion, ainsi que de Tardeur et de la sincérité de sa foi, et poui: l'exhorter à beaucoup lire les œuvres de saint Grégoire, qu'il appelle le prédicateur des Anglais et qu'il recommande au roi de prendre pour perpétuel intercesseur auprès de Dieu - . ^lais quand cette lettre arriva en Angleterre, Edwin n'était déjà plus.
Les six années qui s'écoulèrent depuis sa conversion jusqu'à sa mort comptent assurément parmi les
1. Dilectissimo fratri Honorio Honorius... Exoramus ut vestram dilectionem in preedicatione Evangelii laboranlem et fructificantem sectantenique inagistri et capitis sui sancti Gregorii regulam perpeti stabilitate confirmet (redemptor)... ut fide et opère, in timoré Del et caritate, vestra adquisitio decessorumque vestrorum quée per Domini Gregorii exordia pullulata convalescendo amplius extendatur... longa terrarum marisque iiitervalla, qiise inter nos ac vos obsistunt, ac et nos condescendere coegenint, ut nuUa possit ecclesiarum vestrarum jactura percujuslibet occasionis obtentum quoquo modo provenire : sed potius commissi vobis populi devolionem plenius propagare, Ap. Bkdam, U, 18.
2. Prœdicatores vestri... Gregorii fréquenter leclione occupati, prse oculis affectum doctrinœ ipsius, quam pro vestris animabus libenter exercuit, habetote : quatenus ejus oralio, et regnum veslrum populumque augeat, et vosomnipotentiDeoirreprehensibiles reprœsenlel. Ibid., II, 17.
MOINES d'occ, m. 27
plus glorieuses et les plus heureuses qu'il ait été donné à aucun prince anglo-saxon de connaître. Il plaça rapidement la Northumbrie à la tête de l'Heptarchie. Au midi, son zèle ardent pour la foi qu'il avait embrassée après de si mûres réflexions débordait jusque sur les populations qui, sans être soumises à son autorité directe , appartenaient à la même race que ses sujets, ^^es Est- Angles ou Anglais orientaux, comme on Fa vu, lui avaient offert de régner sur eux et il avait refusé. Mais il usa de son ascendant sur le jeune roi, qui lui devait sa couronne , pour le déterminer à embrasser la religion chrétienne avec tout son pay s. Eorpwald expiait ainsi l'apostasie de son père, et Edwin payait ainsi la rançon de la généreuse pitié que la royauté est-anglienne avait prodiguée à sa jeunesse et à son exil.
Au nord, il étendit et consolida la domination anglo-saxonne jusqu'à l'isthme qui séparait la Calédonie de la Bretagne. Il a laissé une trace ineffaçable de son règne .dans le nom de la forteresse construite par lui sur le rocher qui dominait dès lors Fembouchure du Forth et qui dresse encore ses flancs sombres et alpestres , véritable Acropole du nord barbare, au sein de la grande et pittoresque ville d'Edimbourg [Edioin^s hiirgh).
A l'ouest, il continua, avec moins de férocité cp'Ethelfrid, mais avec non moins de bravoure et
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clo succès, la lutte coutre les Bretons de Cambrie; il les poursuivit jusque clans les îles du détroit qui sépare la Grande-Bretagne de l'Irlande ; il s'empara de l'île de Man et de cette autre île qui avait été le dernier abri des Druides contre la domination romaine, et qui, à partir de la conquête d'Edwin, prit le nom de la race victorieuse des Angles, Angles-ey,
A l'intérieur de ses États, il fit régner une paix et une sécurité si inconnue avant et après son règne qu'elle passa en proverbe, car on se disait que, du temps d'Edwin, une femme avec son enfant nouveau-né aurait pu traverser l'Angleterre de la mer d'Irlande à la mer du Nord sans rencontrer quelqu'un qui lui fît le moindre tort. On lui savait gré de ce soin si minutieux du bien-être de ses sujets, qui le portait à faire suspendre auprès des fontaines, sur les grands chemins, des coupes en cuivre pour que les passants pussent boire à leur aise, sans que personne songeât à les voler, soit par crainte, soit par amour du roi. Aussi personne ne lui reprochait la pompe inusitée qui signalait son cortège, non seulement quand il allait à la guerre, mais lorsqu'il chevauchait paisiblement à travers les villes et les provinces, en faisant porter, au-devant de lui et au milieu des bannières militaires, la lance surmontée d'une grande touffe de plumes que les Saxons avaient empruntée aux légions romaines et dont ils avaient
fait Fétendard sacré du Bretwalda et le signe de la
domination suprême dans leur confédération \
Mais toute cette grandeur et cette postérité allaient s'engloutir dans une catastrophe subite.
Il y avait d'autres Angles que ceux de Northumbrie et d'Est- Anglie déjà adoucis ou entamés par Finfluence chrétienne ; il y avait les Angles de la Mercie, c'est-à-dire de la grande région centrale qui s'étendait de FHamber à la Tamise. Le royaume de Mercie était le dernier Etat né de la conquête anglo-saxonne ; il avait été fondé par ceux des envahisseurs qui, trouvant toutes les places prises sur le littoral oriental et méridional de File, s'étaient trouvés contraints de s'enfoncer dans Fintérieur. Il devint le centre de la résistance païeime et de ses retours offensifs contre la propagande chrétienne qui aura désormais son foyer principal euNorthumbrie. Les païens de Mercie trouvèrent un chef formidable dans la personne de Penda, issu de race royale, ou, comme on le croyait alors, du sang d'Odin, et roi lui-même pendant vingtdeux ans (633-655) , mais enflammé de toutes les passions de la barbarie et surtout dévoré de jalousie contre la fortune d'Edwin et la puissance des
1. Sicut usque hodie in proverbio dicitur, eliamsi mulier una cum recens nato parvulo vellet lotam perambulare insulam a mari ad mare, nullo se lœdenle valeret... Erectis slipilibus œreos caucos suspendi juberet... Illud genus vexilli quod Romani Tufam, Angli vero rMw/"appellant. Bede,II, 16.
Northiimbriens. Depuis la conversion d'Edwin, ces instincts farouches s'étaient renforcés par le fanatisme. Penda et les Merciens restaient fidèles au culte d*Odin dont tous les rois saxons se croyaient les descendants. Edwin et les Northumbriens n'étaient plus à leurs yeux que des traîtres et des apostats. Mais, chose plus surprenante, les habitants primitifs de l'île, les Bretons chrétiens, plus nombreux en Mercie que dans tout autre royaume anglo-saxon, partageaient et excitaient la haine des païens saxons contre les néophytes de la même race. Ces vieux chrétiens, on ne saurait assez le redire, toujours exaspérés contre les envahisseurs de leur île, ne tenaient aucun compte de la foi des Angles convertis et ne voulaient à aucun titre entrer en communion avec eux ^ . Les Bretons de Gambrie, restés indépendants, mais toujom^s menacés , vaincus et humiliés depuis près d'un siècle par Ida, Ethelfrid et Edvvin, professaient et nourrissaient leur antipathie avec encore plus de fm^eur que les autres'. Leur chef, Geadvvalla ou Cadwallon, le dernier héros de la race celtique en Bretagne, d'abord vaincu par Edwin et forcé de se réfugier en Irlande et en Armorique ^ , en était revenu avec un redoublement de rage et des auxi-