‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 3)Chapitre 236 sur 244 · Bede, II, 20. Cf. RI · texte numérisé non relu

Bede, II, 20. Cf. RI

On ne sait pourquoi la Nortliumbric , après la mort d'Edwin et de ses fils, ne fut pas conquise et partagée par les vainqueurs ; mais elle demeura divisée, asservie et replongée dans le paganisme. La Deïra échut à Osric, cousin germain d'Edwin; la Bernicie à Eanfrid, l'un des fils d'Etlielfrid, revenu de son exil d'Ecosse. Tous deux avaient reçu le baptême : l'un avec son cousin, à York; l'autre, de la main des moines celtiques d'Iona. Mais une réaction païenne avait été la conséquence inévitable de la catastrophe du premier roi chrétien dans l'esprit des Northumbriens. Les deux princes cédèrent à cette l'éaction et renièrent leur baptême. Ils n'y gagnèrent rien. Le roi de Deïra fut tué en combattant les Bretons, et le roi de Bernicie égorgé dans une entrevue qu'il avait sollicitée du sauvage Cadwallon.

L'évêque Paulin ne se crut pas obligé de rester témoin de tant d'horreurs. Il ne songea qu'à mettre en sûreté la veuve du roi Edwin, cette douce Elhelburge qui lui avait été confiée par son frère pour un autre destin; il la ramena par mer dans le royaume de ce frère, avec la fille et les deux derniers fils qu'elle avait eus d'Edwin. Même auprès de son frère, le roi de Kent, elle craignit de les garder en Angleterre ; voulant elle-même consacrer son veuvage à Dieu, elle les confia au roi des Francs, Dago-

bert, son cousin', auprès de qui ils moururent en bas âge. Quant à Paulin, qui n'avait laissé à la garde de son église d'York qu'un courageux diacre italien dont il sera parlé plus tard, il trouva le siège épiscopal de Rochester vacant par suite de la mort du moine romain qui en était titulaire et qui, envoyé par le primat auprès du pape, venait de se noyer dans la Méditerranée. Paulin fut pourvu de cet évêché par le roi et par l'archevêque Honorius qu'il avait lui-même sacré à Lincoln: il y mourut loin de son pays natal, après avoir travaillé pendant quarante-trois ans à la conversion des Anglais.

Ainsi semblait s'écrouler en un jour et pour jamais, avec la prépondérance militaire et politique de la Northumbrie, l'édifice si laborieusement élevé, dans le nord de l'Angleterre, par le noble et sincère Edwin, par la douce et dévouée Ethelbm^ge, par le patient et infatigable Paulin, par tant d'efforts et de

1. Voici le tableau de la parenté entre la reine de Northumbrie et le roi d'Auslrasie.

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