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DU PAYS DE GALLES. oo
forment un des enseml)les les plus solennels et les moins visités de l'Europe, entoure encore la vieille cathédrale qui porte son nom; elle couronne le promontoire imposant qui s'avance conuiieun bec d'aigle au sud-ouest de la principauté de Galles et qui mériterait encore mieux que les deux caps analogues en Cornouaille et en Armorique le nom de Finistère ' .
Aussitôt après la période remplie dans les annales de la Gambrie parle roi Arthur et le moine évêque David, on voit s'élever un autre saint monastique et patriotique, lui aussi, longtemps populaire chez les Bretons du pays de Galles et qui l'est resté jusqu'ànos jonrs chez les Bretons d'Armorique. C'est saint Cadoc ou Kadok (522-590?), personnage chez qui il serait très difficile de distinguer exactement la part de l'histoire et celle de la légende, mais dont la vie a laissé dans les races celtiques une trace assez profonde pour nous permettre de lui emprunter divers traits, propres à nous représenter la foi et les mœurs de ces races et de ces temps -. Son père, Gundliew ou Guen-Liou, surnommé le Guerrier j
1. Un groupe de rochers qui avoisinent ce promontoire s'appelle encore V Évêque et ses clercs. On y est à peu de distance au nord de la célèbre rade de Milfort-Haven et des grands chantiers de Ja marine anglaise à Pembroke.
2. Vita S. Cadoci, ap. Rees, op. cit., p. 22-96, — Hersaut de LA ViLLEMARQuÉ, la Légende celtique, p. 127 à 227.
o6 LES SAINTS ET LES MOINES
run des roitelets de la Gambrie méridionale, ayant entendu vanter la beauté delà fille d'un chef voisin, l'avait fait enlever par une bande de trois cents vassaux au milieu de ses sœurs et devant la porte de sa chambre dans le château de son père ' . Le père courut à la rescousse de sa fille avec tous ses vassaux et alliés, et atteignit bientôt Guen-Liou qui chevauchait avec la jeune princesse en croupe, mais en marchant à petits pas afin de ne pas la fatiguer. La rencontre ne fut pas favorable à l'agresseur : deux cents des siens y périrent, mais il réussit à s'en tirer sain et sauf, ainsi que sa belle, dont il lui fallut ensuite dérober les attraits à la passion du roi Arthur ^ ; car ce grand roi est loin de jouer dans toutes les légendes monastiques le rôle chevaleresque et désintéressé que lui attribua plus tard le cycle des traditions nationales et européennes dont il est le héros. De ce rude guerrier et de cette belle prisonnière devait naître celui qu'on a appelé le docteur de la race cambrienne et qui a fondé le grand établissement monastique dont le nom s'est déjà trouvé sous notre plume. La nuit même de sa naissance, les soldats, ou pour parler
1. Talgarth, à neuf milles de la ville actuelle de Brecknock. La belle princesse s'appelait Gvvladys, dont on a fait en latin Gladiisa, et son père Brychan ou Brachan.