Athanase alla trois fols en Gaule, en 336, en 346 et
périale l'histoire de saint Antoine, écrite par saint Athanase, et tronvée par eux à Trêves. Ce trait montre par quelle puissance soudaine se propageait cet enthousiasme de la vie monastique au milieu de la vie dissolue, appauvrie, attristée de FEmpire romain, à la porte duquel les Barbares frappaient déjà à coups redoublés*. De Trêves, qui en fut le berceau occidental, le nouvel institut, à l'aide de l'influence des écrits d' Athanase, se répandit promptement dans la Gaule, où il eut la smgulière fortune d'être inauguré par le plus grand homme et le plus longtemps populaire de l'Église gauloise-. Cet honmie fut saint Martin, évêque de Tours.
Né en Pannonie (3 1 6) d\m père païen et tribun de l'armée impériale, le jeune Martin, à l'âge de dix ans, s'était sauvé de la maison paternelle pour se domier au Christ et se faire élever par des prêtres, avec l'intention de devenir religieux comme les solitaires d'Egypte et d'Orient dont la renommée avait déjà
1. OzANAM, de la Civ'disation chrétienne au cinquième siècle.
2. On pourrait même dire que saint Martin a été le plus universellement populaire de tous les saints. Sa mémoire est encore vénérée jusque dans la Scandinavie protestante : comme dans certains pays catholiques,, on y mange une oie à la Saint-Martin, en souvenir de l'oie dont les cris firent découvrir la retraite où s'était caché Martin pour se dérober à l'épiscopat. Je tiens ce détail du savant et regrettable baron d'Eckstein, dont l'érudition était aussi vaste qu'universelle.
gagne les bords du Danube. Mais ce fut en a ain : en sa qualité de fils de vétéran, les lois de l'empire l'obligeaient à servir. La servitude était partout dans ce monde impérial. Son propre père le dénonça. A quinze ans Martin fut saisi, enchaîné et enrôlé de force dans la cavalerie, dont il ne put sortir qu'après vingt campagnes. Il vécut avec la frugalité et Taustérité d'un moine, quoiqu'il ne fût encore que catéchumène ^ , et ce fut pendant ce long et ci^uel noviciat qu'il fit à Amiens la rencontre miraculeuse de ce pauvre auquel il donna la moitié de son manteau, et qui lui a valu une renommée si populaire. Ce fut encore comme soldat qu'il rencontra à Trêves le grand Athanase, et qu'il dut puiser dans les discours de rimmortel exilé ses premières notions et ses premiers désirs de la vie monastique - . Enfin délivré, (( ce vétéran de l'armée romaine, élevé dans les (( camps pour l'Eglise^ » cherche dans la chrétienté un pontife pour abriter sous son aile le reste de ses jours. Son choix se fixe sur saint Hilaire, évêque de