‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 4)Chapitre 20 sur 219 · S. Grf.gorii Mvgm. Vit. S. Pair. Bencd., c · texte numérisé non relu

S. Grf.gorii Mvgm. Vit. S. Pair. Bencd., c

3. Ms. de la Bibl. royale, cité dans V Essai hist. sur l abbaye de Solesmes, 1846, p. 46. — Ce prieur s'appelait Jean Bougler; il fut élu en 1515, et orna son église des remarquables sculptures qu'on y admire encore.

INTRODUCTION. xxxix

moines qu'ils confiaient ces chartes de liberté où étaient inscrites les conditions de leur obéissance * , et ces pactes de résistance à la conquête ou à l'usurpation qui rachetaient l'honneur et scellaient l'indépendance des peuples opprimés - . C'était dans les cloîtres des moines qu'on venait chercher non seulement la sépulture des rois, des grands et des vainqueurs, mais encore celle des faibles, des vaincus. Là trouvaient un dernier asile les victimes delà tyrannie, de l'injustice, de tous les excès du pouvoir

1. Témoin, pour n'en citer qu'un exemple entre mille, la Charte de libertaflbus comitatus Devonix, conservée à l'abbaye de Tavistock. DiGBY, X, 167.

2. En 1308, le 9 septembre, quand l'immortel Bruce, le plus vaillant et le plus populaire des rois d'Ecosse, était exilé, en fuite, abandonné de tous, c'està l'abbaye de Cambuskennetli,et sur un parchemin scellé du sceau de l'abbé Gulfrid, comme témoin et garant, que trois chevaliers des nobles maisons de Seaton, de Hay et de Campbell, s'engagèrent solennellement envers lui : « Tacta sancta eucharistia, <c magnoquejuramento facto, jurarunt se deberelibertatem regni et « Robertum nuper regem coronatum contra omnes mortales Fran- « cos, Anglos, Scotos, defendere usque ad ultimum terminum vitae « ipsorum. »

Quelques années plus lard, quand Bruce eut reconquis son royaume, et le matin de la bataille décisive de Bannockburn, qui allait sceller pour trois siècles l'indépendance de l'Ecosse, un ancien moine, Maurice, abbé d'Inchaffray, célébra la messe en présence de l'armée écossaise; puis, passant à travers les rangs, pieds nus et le crucifix à la main, il exhorta les Écossais à combattre pour leurs droits et la liberté de leur pays. Tous s'agenouillèrent alors pour faire une dernière prière. Comme Charles le Téméraire à Granson, le roi anglais s'écria : « Ils sont à genoux, ils demandent merci. )> « Oui, » dit un chevalier anglais : « la merci du ciel, mais non la vôtre. » Cité par Walter Scott. Notes du Lord of the Islcs.

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