‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 4)Chapitre 74 sur 219 · PSALM. XLIX · texte numérisé non relu

PSALM. XLIX

2. s. JoAN. Chrysost., Serm.de Martyrihus, quocl aut imitandi sunt, aut non laudandi.

3. Ingenua et verecunda confessio est quo ipse careas ici ia aliis prœdicare. Lettres, t. Il, p. 108, éd. Collombet.

INTRODUCTION. ccr,xxiK

infériorité eût suffi pour me rappeler que ce n'était là ni mon droit ni ma mission.

Simpleenfant de l'Église, je ne prétendspas plus être son organe que son ministre; et bien plus justement que Mabillon, je dois me reprocher, en racontant les merveilles de la vertu chrétienne, de savoir si bien les admirer et si peu les imiter.

Mais au-dessous de ces hauteurs, et sans autre droit que celui du pécheur qui n'a pas renié la foi, sans autre prétention que celle de rendre un lointain et humble hommage à la vérité, ne serait-il pas permis de retracer, même d'une main infirme, et avec des couleurs ternies par le souffle du monde, l'image de ce qu'on vénère et de ce qu'on aime? Le peintre qui essaye de reproduire l'idéal de la beauténe peutsedonnerà lui-même de ressembler à son modèle, et nul ne lui reproche cette impuissance. L'Église accepte avec bonté et souffre même qu'on offre en son nom aux fidèles des images souvent grossières et rustiques, sans trop exiger de l'ouvrier, et à la seule condition que son œuvre ne blesse pas la majesté du symbole. Elle lui permet de participer ainsi à la bénédiction qui descend sur tous les actes de bonne volonté. Elle permet aussi au chrétien obscur, qui marche confondu avec la foule dans les splendides processions de son culte, qui n'estni le pontife, nile prêtre, ni même lemo-

ccLxxx LES MOINES D'OCCIDENT,

(leste acolyte chargéde Tencensoir ou du chandelier, de mêler sa voix sincère aux concerts des ministres sacrés, et de chanter ainsi, sans orgueil, mais sans crainte, les louanges du Très-Haut.

Parlerai-je enfin de mon insuffisance littéraire, en présence de la tâche colossale que j'ai eu la témérité d'aborder ? P ersonne n'en saurait être plus convaincu que moi. Après l'histoire de l'Église elle-même, iln'est point de sujet plusvaste et plus beau que l'histoire de l'Ordre monastique. J'ai la douloureuse certitude de ne pas lui avoir rendu justice. Que d'autres surgissent donc pour me remplacer et m'effacer! que leurs travaux mieux inspirés fassent rentrer dans le néant cet essai incomplet!

Je n'oserai donc pasdire avec le prophète : Quis milii trihuat ut scrihantur sermones mei; quisjni/ii det lit exarentur in lihro stylo ferreo... vel celte sculpantur in silice^? Hélas! je sens trop que je ne l'ai pas reçu, ce don sublime du génie, cet invincible burin qui grave, non pas sur le roc, mais jusque dans les cœurs les plus endurcis, l'ineffaçable empreinte de la vérité. Mon unique mérite sera de compiler, de traduire, de transcrire ce que tant de saints et de preux ont su inspirer ou accomplir.

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