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PAR LES NORTHUMBRIENS. H3
est celui qui fit le plus pour la propagation et la défense du Christianisme en Angleterre.
Oswy avait pour ami particulier Sigebert, dit le Bon, roi de ces mêmes Saxons de l'Est, qu'on a vus naguère chasser Mellitus de son évêché de Londres, et répudier la foi que leiu* avaient imposée les prédications de ce compagnon d'Augustin et l'influence du Bretwalda Ethelbert. Sigebert le Bon avait détrôné la postérité de ces trois princes, qui voulaient communier des mains de Févêque chrétien sans avoir été baptisés'. Il venait souvent en Northumbrie rendre visite à Oswy comme à son ami, et sans doute aussi comme au Bretwalda, au suzerain de la confédération, qui pouvait seul protéger le petit royaume d'Essex contre ses voisins, beaucoup plus puissants, de Wessex et de Mercie. Oswy lui faisait alors de vrais sermons contre l'idolâtrie ; il s'efforçait de lui faire comprendre que des dieux ne pouvaient pas être faits de main d'homme, d'une pierre ou d'un bois dont le reste pouvait servir aux usages les plus vils, mais qu'il fallait plutôt croire en un Dieu incompréhensible, invisible, tout-puissant et éternel, capable de gouverner le monde qu'il a créé et qu'il jugera, dont le trône est dans les cieux, non d'un vil et caduc métal, et qui promet
1. V. plus haut, t. III, p, 137. Cf. Lappenberg, tableau généalogique B du tome 1.
114 L'HEPTARGHIE CONVERTIE
des récompenses éternelles à ceux qui apprendraient et accompliraient sa volonté sur la terre. Sigebert se laissa gagner par ces exhortations fraternelles et réitérées. Après avoir longuement délibéré avec ses fidèles, selon l'usage invariable des rois saxons, et muni de leur consentement unanime, il se laissa baptiser avec tout son cortège^ parl'évêque celtique Finan, dans une villaroyale des rois de Northumbrie, qu'on appelait A la Muraille, parce qu'elle était tout proche du fameux rempart construit par l'empereur Sévère contre les incursions des Calédoniens^.
Le nouveau chrétien ne voulut pas rentrer dans son royaume sans être accompagné de missionnaires chargés de prêcher à son peuple la foi qu'il venait d'embrasser (653). Il les demanda naturellement à l'ami, au frère, au roi qu'il regardait comme l'autem^ desapropre conversion. Osvvy lui donna un moine du grand monastère celtique de Lindisfarne, Northumbrien de naissance, nommé Gedd, et qui s'était déjà signalé dans une mission chez les païens de Mercie^ Cedd, ayant parcouru tout le royaume et récolté une première et ample moisson d'âmes revint à Lindis-