‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint Bernard (volume 5)Chapitre 64 sur 201 · Aujourd'hui le Lincolnshire · texte numérisé non relu

Aujourd'hui le Lincolnshire

3. Quia etsi sanctum eum noverant, lamen quia de alia provincia ortus fuerat et super eos regnum acceperat, veteranis eum odiis etiam niortuumsequebatur. Bede, III, 11. — On voit que ce texte ne se prête en rien à l'interprétation du père Faber, qui a vu dans celte conduite des moines de Bardeney une répugnance pour le rit celtique elles saints scotiques. Life of St Oswald, p. 68.

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à cette explosion de rancune patriotique ; et le corps saint dut rester pendant toute la nuit en plein air. Le" lendemain matin, on vint leur dire qu'une colonne lumineuse était descendue du ciel sur le char qui portait les os du roi northumbrien et avait été vue de tout le pays d'alentour. Alors ils se ravisèrent, et ouvrirent la porte de leur église à l'oncle de leur protectrice.

Ses reliques y reposèrent désormais au milieu de la vénération publique. Une bannière de pourpre et d'or, placée sur sa châsse,témoignait de sa double dignité de saint et de roi. Mais on n'en doit pas moins signaler cette première et instinctive protestation d'un patriotisme local et provincial qui l'emportait quelquefois même sur la dévotion populaire, et dont une nouvelle explosion détermina longtemps après (69 7 J le meurtre de la pieuse reine qui avait tant tenu à doter la Mercie des reliques du grand saint northumbrien \ Car l'histoh^e de ces temps et de ces races ne nous laisse jamais oublier que la barbarie était toujours prête à revendiquer ses vieux droits, au milieu de toute cette efflorescence de vertus chrétiennes et d'austérités monastiques.

1.Bede,1.c. — Cette fille d'Oswy s'appelait Osthryda. Elle séjournait souvent à Bardeney, où elle recevait la visite des abbesses du voisinage, qu'elle sut intéresser au culte de son oncle. Elle fut assassinée par les grands de Mercie en 697. Nous retrouverons plus loin son mari, le roi Ethelred, sous le froc monastique.

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Tout cela est bien confus, bien obscur, bien inconnu, surtout bien oublié. Mais à travers ces ténébreuses substructions de l'histoire primitive des races chrétiennes on sent circuler partout un souffle puissant et héroïque, le souffle de la vie, de la^Taie vie, de la grande vie ; le souffle qui a fait les peuples modernes, les peuples chrétiens, libres et virils, parmi lesquels FAngieterre a tenu la place que chacun sait.

En résumant l'histoire des eflbrts tentés, pendant les soixante ans (597-655) écoulés depuis le débarquement d'Augustin jusqu'à la mort de Penda, pour introduire le christianisme en Angleterre, on constate les résultats que voici : Des huit royaumes de: la confédération anglo-saxonne, celui de Kent fut seulexclusivementconquisetconservéparlesmoines romains, dont les premières tentatives, chez les Est- Saxons et lesNorthumbriens, se terminèrent par un échec. En Wessex et en Est-Anglie, les Saxons de l'Ouest et les Angles de l'Est furent convertis par Faction combinée de missionnaires continentaux et de moines celtiques. Quant aux deux royaumes northumbriens, à FEssexet à la Mercie, comprenant à

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eux seuls plus des deux tiers du territoire occupé par les conquérants germains, ces quatre pays durent leur conversion définitive exclusivement à Finvasion pacifique des moines celtiques, qui n'avaient pas seulement rivalisé de zèle avec les moines romains, mais • qui, une fois les premiers obstacles surmontés, avaient montré bien plus de persévérance et obtenu bien plus de succès.

Tous les royaumes de l'Heptarchie ont ainsi passé sous nos regards, excepté celui de Sussex, ou des Saxons du Sud. G^était le plus petit de tous, mais l'un des plus anciennement fondés ^ , et les premiers envahisseurs germaniques de cette plage méridionale de la Grande-Bretagne s'étaient signalés entre tous par leur férocité comme parleur invincibl-e vigueur. Bien que limitrophe du royaume de Kent, les missionnaires romains, compagnons d'Augustin, n'y avaient laissé aucune trace de leur passage, si tant est qu'ils aient jamais tenté d'y pénétrer. Les moines celtiques, plus entreprenants ou plus persévérants, étaient parvenus à y former un premier établissement, à y jeter comme un avant-poste de leur armée future. G 'était le tout petit monastère deBosham, protégé d'un côté par la mer, de l'autre par des forêts, où végétaient cinq ou six religieux venus de la province la plus voisine des Northumbriens, de

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