‹ Les moines d'Occident depuis Saint Benoit jusqu'a Saint BernardChapitre 100 sur 274 · Epist., XH · texte numérisé non relu

Epist., XH

longtemps et sérieusement éprouvé dans la pratique des vertus chrétiennes et la méditation active des choses divines. « Quand on veut, » disait-il, « atteindre la citadelle de la contemplation, il faut commencer par s'exercer dans le champ du travail. » Il s'étend longuement sur les dangers de la vie contemplative pour les esprits inquiets et présomptueux, qui risquent, par orgueil, d'aspirer à dépasser les forces de l'intelligence, et d'égarer les faibles en s'égarant eux-mêmes. « Quiconque, » ajoute-t-il, « veut se consacrer à la contemplation, doit nécessairement s'interroger à fond pour savoir jusqu'à quel point il peut aimer. Car c'est l'amour qui est le levier de l'âme. Lui seul peut la soulever, et, en l'arrachant du monde, lui donner tout son essor et la faire planer dans les cieux ' . »

Cette intelligente étude de la vie morale et intérieure des religieux ne pouvait que le rendre d'autant plus attentif aux moyens par lesquels se recrutait la population toujours croissante des monastères. Il fit enjoindre à un mari qui s'était fait moine dans un couvent de Sicile sans le consentement et la conversion simultanée de sa femme, de retourner auprès de celle-ci, en marquant nettement dans sa lettre la différence entre la loi divine

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