AcT. SS. O. S. B., t. 1, p. 12i
2. Nous en avons fait saint Gilles, en Anglais saint Giles, dont le nom est porté par une foule de paroisses, et par un des quartiers les plus populeux de Londres. En Allemagne, saint ^Egidius comptait parmi les quatorze saints spécialement invoqués contre toute sorte de détresse sous le nom de saints Auoclliatenrs, die Vicrzchn Nothhclfer.
roi du pays, qui se nommait, selon les uns, Ghiklcberg, roi des Francs, selon les autres, Flavien, roi des Goths% étant à la chasse dans cette forêt, la biche fut lancée et poursuivie jusque dans la caverne par les veneurs ; l'un d'eux tira sur elle une flèche qui alla traverser la main que le solitaire étendait pour protéger sa compagne. Le roi touché, comme Tétaient presque toujours ces natures farouches, mais simples, par la vue de ce grand vieillard presque nu, le fit panser, revint souvent le voir et l'obligea enfin à souffrir qu'on lui bâtît, sur l'emplacement de sa grotte, un monastère dont on le fit abbé et où il mourut saintement. Telle fut, selon la tradition populaire", l'origine de cette célèbre et puissante abbaye de Saint-Gilles, qui devint un des g]\inds pèlerinages du moyen âge, donna naissance à une ville, chef-lieu d'un comté dont le nom fut porté a^ ec orgueil par une des plus puissantes races féodales, et qui conserve encore une église vénérable classée parmi nos plus remarquables monuments d'architecture et de scuplture.
1. On ne connaît aucun roi des Goths de ce nom ; les Bollandistes croient qu'il s'agit du roi Wamba, qui régna de 672 à 680.
2. MabiUon {Annal, t. I,p. 99», et surtout les Bollandistes (tom. I Sept.), ont longuement disserté sur l'époque où vécut saint JEgidius. On l'a généralement regardé comme contemporain de saint Césaire d'Arles, au sixième siècle. Les Bollandistes le croient du septième et prolongent sa vie jusqu'au temps de Charles Martel.
Le iiième trait se rencontre clans la légende de sainte Nennok, la jeune et belle fille d'un roi breton, qui avait renoncé au mari que voulait lui imposer son père, pour émigrer en Armorique et s'y consacrer à la vie religieuse. Le prince du pays, étant à la poursuite d'un cerf dans le voisinage de son monastère, vit la bête, à demi morte de fatigue, se réfugier dans l'enceinte sacrée, et la meute s'arrêter court, sans oser passer outre. Descendu de cheval et étant entré dans l'église, il trouve le cerf couché aux pieds de la jeune abbesse, au milieu du chœur des rehgieuses qui chantaient l'office. Non seulement il fit grâce de la vie à la bête, mais il voulut rester lui-même dans la communauté pendant sept jours entiers, et au bout de ce temps il déposa sur l'autel un acte portant donation de plusieurs terres d'alentour, en y joignant trois' cents chevaux et juments et trois cents têtes de bétail ' . ïl est difficile de ne pas voir dans cette histoire la traduction populaire d'un fait plus naturel, de ■l'asile qu'avait offert l'abbcsse Nennok à une autre fille de roi breton, qui, abandonnée par son mari, •éprise comme Nennok de la vie monastique, et s'étant mise à sa recherche à travers l' Armorique, avait été poursuivie par un seigneur amoureux, et n'avait trouvé de refuge que dans la cellule de son