Epist.,i
2. Vetustamac putrp.scenlem navim... Flens reminiscorquodperdidi nieae placidiim liUusquietis... £'j'J^5^, i, 43.
DE SAINT GRÉGOmE LE GRAND. 109
(( arrivé quelque chagriu nouveau, » lui dit le jeune homme, « pour que vous soyez ainsi plus triste qu'à « l'ordinaire? — Mon chagrin, » lui répondit le pontife, ce est celui de tous mes jours, toujours vieux par l'usage, et toujours nouveau par sa croissance quotidienne^ Ma pauvre âme se rappelle ce qu'elle était autrefois dans notre monastère, quand elle planait sur tout ce qui passe, sur tout ce qui change ; quand elle ne songeait qu'au ciel ; quand elle franchissait par la contemplation le cloître de ce corps qui l'enserre ; quand elle aimait d'avance la mort comme Feutrée de la vie. Et maintenant il lui faut, à cause de ma charge pastorale, supporter les mille affaires des hommes du siècle et se souiller dans cette poussière. Et quand, après s'être ainsi répandue au dehors, elle veut retrouver sa retraite intérieure, elle n'y revient qu'amoindrie. Je médite sur tout ce que je souffre et sur tout ce que j'ai perdu. Me voici battu par l'océan et tout brisé par la tempête. Quand je pense à ma vie d'autrefois, il me semble regarder en arrière vers le rivage. Et ce qu'il y a de plus triste, c'est qu'ainsi ballotté par l'orage, je puis à peine entrevoir le port que j'ai quitté'. »