Epist., VI
3. Concil. de 601, page 1343, excod. Flaviniac. Cf. Epist., vu, 43. Il lie voulut pas consentir à ce que Urbicus, abbé de Saint-Hernies et supérieur général des monastères siciliens, fût élu archevêque de Palernie, neeumad altioraproducendo,mhioremse ipso ficrimissum in fluctibus compelleret.
4. Satisenim incongruum est, utcum unum ex bis pro sui magnitudine diligenler quis non possit explere, ad utrurnque judicetur idoneus : sicque invicem et ecclesiasticus ordo vitœ monachicœ et ecclesiasticis utilitatibus régula monachalusimpediat. Epist. ,\\, 21. — Ceci n'empêche pas que beaucoup d'écrivains de son temps ne donnent indifféremment aux religieux la dénomination du monachi ou de cZ^n'ci; voirsurtoutGRÉGOiRE de Tours, De Gloria mart.,\.i, c. 75. Cf. Mabillon^P/yc/'. insœc.Bened. Voir d'ailleurs ce que nous avons dit plus haut, au livre iv, à propos du chap. 52 de la règle de saint Benoît sur le caractère originalement la'ique de l'Ordre monastique.
L'expérience des siècles catholiques a donné tort sur ce point à la pieuse prévoyance de saint Grégoire ; et de son vivant même les nouveaux sièges érigés en Angleterre par ses disciples ne furent desservis que par des moines.
Si Texpérience qu'il avait faite, comme abbé, de la vie religieuse l'aidait à user de son autorité comme pape au profit du repos et de la liberté des moines; s'il déploya partout une sollicitude constante et efficace pour l'affermissement de l'Ordre, ce fut toujours en insistant sur le maintien et sur l'affermissement de la discipline la plus stricte. Lors de son avènement au Saint-Siège, cette discipline était déjà fort relâchée. On voyait errer ça et là des moines, les uns expulsés de leurs asiles par les Lombards, les autres déserteurs volontaires d'une retraite d'où les éloignaient soit la trop exigeante austérité de quelques abbés, soit la mollesse contagieuse de certains autres. L'esprit du monde, le goût de la propriété, T habitude de la révolte ou du relâchement, pénétraient dans les cloîtres, qui restaient encore debout et habités. Grégoire se dévoua à l'œuvre de la réforme monastique et réussit à l'opérer*. Il invoqua le concours tantôt des abbés euxmêmes, tantôt des évêques, et plus souvent des defensores, procureurs ou syndics de l'Église romaine qu'il entretenait dans chaque province. Il
déposa impitoyablement les abbés dont la vie était irrégiilière'. Il interdit anx évêqnes de donner asile anx moines récalcitrants, vagabonds ou excommuniés par leurs abbés-. Il ne voulait pas que. les religieux pussent courir les champs ou passer d'une maison à une autre^ Pour ôter aux abbés aussi bien qu'aux moines tout prétexte de sortir, il leur prescrit d'avoir un procureur séculier et salarié. Il veillait surtout à la stricte observance de la continence religieuse, à ce que les monastères des deux sexes fussent éloignés les uns des autres, et à ce que l'entrée des communautés d'hommes fût rigoureusement interdite aux femmes, sous quelque prétexte que ce fût. Dans les îles de la côte d'Italie, déjà peuplées de moines ' , et où s'étaient retirés les habitants de la Campanie fuyant les Barbares, il ordonna au recteur du patrimoine pontifical défaire éloigner toutes les femmes.
Il voulait surtout qu'on fit rechercher et enfermer les moines qui quittaient leurs communautés pour