Dulcissimie filiœ. Epist., xr
2. Ej)ist., IV, 9; V, 6 et 24. Il y avait dès lors des religieuses de plusieurs sortes; la plupart vivaient en communauté, mais d'autres étaient des recluses solitaires, ou bien vivaient dans leurs familles en portant le voile : divers ai)us résultaient de ces deux derniers modes, auxquels les papes et les conciles mirent fin. Dans ses Dialogues, saint Grégoire parle de plusieurs saintes religieuses en les qualifiant de ybici//a Chrisli, Deo devota, confessa, reclusa; il leur donne aussi le nom de moniaHs,iiin devint ensuite le terme généralement employé.
Les trois tantes de saint Grégoire étaient religieuses en quelque sorte domestiques ; il en parle ainsi :
« Très pater meus sorores liabuit : quœ cunctœ très sacrse virgines fuerunt... uno omnes ardore converses, uno eodemque tempore sacratee. sub districlione regulari degentes, in domo propria socialem vitam ducebant. >- Hom. 38. in Evanrj.
oonciles, et confirmé par une loi de l'empereur Majorien en 458, avait ordonné que les religieuses ne recevraient point la bénédiction solennelle avec le voile avant d'avoir été éprouvées jusqu'à quarante ans\ Grégoire veut que les abbesses, choisies par les communautés, aient au moins soixante ans et soient d'nne renommée irréprochable*. Sa paternelle générosité pourvut aux besoins des religieuses qui, sorties des monastères ruinés de Tltalie et réfugiées à Rome, au nombre de trois mille, souffrirent beaucoup du froid pendant le rude hiver de 497, et y menaient d'ailleurs la vie la plus édifiante. « C'est à leurs prières, » écrivait-il à la sœur de l'empereur Maurice, « à leurs larmes, à leurs abstinences, que Rome doit d'avoir été sauvée entre les glaives des Lombards'^ . »
On a déjà vu avec quelle rigueur il poursuivait, comme abbé, chez les religieux, ce que la langue monastique appelait péculiarité, ou le vice de la propriété personnelle. Comme pape, il déploya la
1. Ces décrets, comme on l'a vu plus haut (p. .38), ne s'appliquaient qu'à la bénédiction ou profession solennelle, et n'empêchaient pas les jeunes filles de consacrer leur virginité à Dieu dès l'enfance et de prendre elles-ïnèines le voile, ainsi que le constatent une foule d'exemples.Cette question a été traitée à fond par Tuomassfn. Vêtus et nova Ecclesix Disciplina, pars [, lib. m, c. 58.