‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 204 sur 520 · I. yerha Senioriim, 1. IIIj^ôi, P. L., LXXIH · texte numérisé non relu

I. yerha Senioriim, 1. IIIj^ôi, P. L., LXXIH

lui dit-il, a permis que tu fusses violemmont tenté malgré ta vieillesse pour t'apprendre à te montrer plus condescendant envers les jeunes religieux éprouvés par la tentation ' .

Les Pères puisaient leur doctrine spirituelle, comme leurs règles, à la source des divines Ecritures, vivifiées et complétées par la tradition monastique. Les solitaires se transmettaient les uns aux autres tout un ensemble de conseils moraux, d'anecdotes édifiantes, que chacun pouvait enrichir par ses observations personnelles. Le maître n'était pas tout dans ces entretiens ascétiques ou conférences. Les moines aimaient à échanger leurs idées et à mettre leurs lumières en commun. On les voyait causer durant un temps plus ou moins long. Us étaient deux, trois, quatre, souvent plus nombreux. Dans certaines circonstances tout un groupe se réunissait pour une conférence spirituelle.

Saint Antoine, dont les exemples exercèrent sur ce point comme sur la vie monastique tout entière une influence si heureuse et si profonde, a pris soin de tracer lui-même à ses disciples la méthode qu'il convenait de suivre dans ces entretiens. « Les Ecritures, leur dit-il, sont à la vérité suffisantes pour notre instruction. Il est utile néanmoins de nous exhorter les uns les autres et de nous animer ainsi à la pratique de la vertu. Communiquez donc avec une confiance toute filiale à celui qui est votre père selon Dieu les choses que vous connaissez. Pour moi, qui vous surpasse par le nombre de mes années, je vous dirai ce que j'ai appris de mes prédécesseurs et ce que l'expérience m'a enseigné ^ »

Comme la doctrine des Livrés saints était le fondement de toute leur vie spirituelle, les moines les prenaient souvent pour sujets de leurs conférences. Quelques esprits affamés de spéculations nuageuses voulurent parfois s'écarter de la méthode pratique chère aux anciens. Une tendance, trop commune parmi les Orientaux et entretenue par la solitude, les portait à soulever des questions inufiles, et quelquefois même dangereuses. Fort heureuse-

j. Cassien, Contai., 34-^6.

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