Sozomène, Hist. eccl., VIIl, 19, P. G., LXVIÏ
auprès de Carrhes^ On les trouve en Palestine''; en Cappadoce^, a Nicée^, dans le voisinage de Constantinople^. Quelques femmes ne craignirent pas de s'imposer la contrainte de la réclusion. On en voit à Alexandrie^, à Jérusalem 'î', en Syrie».
Les uns se renfermaient dans une cellule ordinaire, parfois même assez spacieuse. Celle de Jean de Lycopolis se composait de trois pièces^^. D'autres se contentaient d'un appartement au fond de l'habitation d'un ermite. Un moine, honoré du diaconat, s'ouvrit à un ancien du désir qu'il avait de mener l'existence des reclus. Apercevant une chambrette dérobée dans l'intérieur de sa cellule : « Enferme-moi dans cet appartement, lui dit-il, comme dans un tombeau, et ne le dis à personne lo. » Saint Antoine se retira dans un sépulcre abandonné. Pierre le Galate ^^, Sisinnios ^^, et plusieurs autres se contentèrent aussi d'un tombeau. Il y en eut qui s'enfermèrent dans des cavernes ^^.Siméon Stylite se cacha au fond d'une citerne desséchée i'^. Quelques-uns, pour rendre leur existence plus pénible encore, choisissaient des cellules étroites et basses qui ne leur permettaient ni de se tenir debout, ni de s'étendre à terre tout du longis. Ce fut le ,cas de Maris, dans le diocèse de Cyri^, d'Eusèbe, auprès de Télédan^'^, et de Marcien, dans le désert de Chalcis. La haute taille de ce dernier lui rendait ce séjour encore plus incommodées.
Les reclus cherchaient par-dessus tout à éviter les relations avec les hommes. Pour cela, ils établissaient entre eux et le monde
1. Sozomène, vi, 33, P. G., LXVII, 1394; Théodoret, ouv. cit., passim.
2. Evagre Schol., Hist. eccles., 1. i,, 21, P. G., LXXXVl, 2479.
3. Grég. Naz., Poema ad Hellenium, v., 61-62; P. G., XXXVII, 1455.