‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 47 sur 520 · Rosweyde, yUce Patrum, 1. I, P. L., LXXIII · texte numérisé non relu

Rosweyde, yUce Patrum, 1. I, P. L., LXXIII

4. y erha senior uni, lib. V, 26 ; Rosweyde, 1. V, ibid., 880.

Il vint le trouver avec ses amis. Mais le moine, confident de sa solitude, leur dit qu'il était mort. 11 était convenu qu'il ferait cette réponse à tous ceux qui se présenteraient pour lui parler. Ces braves gens, de retour chez eux, continuèrent leurs oraisons. Ils reçurent le même avertissement et revinrent à l'habitation du reclus. 'Son compagnon, voyant là une manifestation de la volonté divine, leur indiqua le lieu de sa retraite. Ils démolirent la muraille qui en fermait l'entrée, se jetèrent à .ses genoux, lui exposèrent ce qui se passait et le conjurèrent d'écarter de leur pays par son oraison la famine qui le menaçait. Le reclus se rendit à leur désir et sa prière fut entendue i. Ailleurs, un ermite qui négligeait depuis quelque temps les devoirs de son état comprit à quels dangers sa paresse l'exposait. Il se renferma dans une cellule, où il passa le reste de ses. jours, réparant les. années perdues par les larmes et la pénitence*. Philoremos de Galatie usa d'un moyen semblable pour vaincre les tentations impures qui l'obsédaient'. Elpidios, diacre de l'église de Césarée en Palestine, obéit à un mobile différent. Une accusation calomnieuse pesait sur lui et causait un grand scandale. Au lieu de se défendre, il prit le parti d'attendre de Dieu seul sa justification. Il s'enferma dans une cellule de reclus. Le ciel exauça sa prière et bénit sa confiance. Les circonstances lui donnèrent pleinement raison*.

Comme la vie érémitique, la réclusion n'était pas sans graves inconvénients. Il fallait pour l'embrasser, et surtout pour en tirer profit, une énergie peu commune et une âme bien détachée de la terre. Aussi y avait-il à se défier des hommes qui s'y engageaient prématurément et sans préparation suffisante. Un jeune frère, dont le nom est resté inconnu, eut la témérité de s'enfermer dans une cellule aussitôt après avoir revêtu l'habit monastique. Les auciens du voisinage le prirent en compassion et l'obligèrent à en sortir. « Si tu vois un jeune homme, disait-il à cette occasion, monter au ciel par sa propre volonté, saisis-lui le pied et jette-le par terre 5. »

1. S. Jean Chrys., Exhortaiio ad Theodorum lapsum, i, P. G., XLVII, 304-

2. Ferba seniorum, ibid. ; Rosweyde, 1. III, P. L., LXXIII, col. 808.

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