‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 49 sur 520 · Id., 16, ibid · texte numérisé non relu

Id., 16, ibid

même quatre murailles sans toiture lui semblèrent un abri fort inutile. Il resta donc exposé à toutes les imtempéries, sans cesse sous les yeux de la foule qui se pressait autour de sa personne. On devine toute la gêne qu'il devait en ressentir. Cela luiTut particulièrement pénible durant une maladie. Théodoret, témoin de ses souifrances, dut recourir à. la ruse pour lui faire accepter un adoucissement momentané '. Le solitaire Gaddanas vécut de la même façon sur les rives du Jourdain 2.

Ces nouvelles rigueurs ne parvenaient pas toujours à satisfaire le besoin que ces hommes avaient de se tourmenter par des procédés insolites. Un moine de la Thébaïde, qui se nommait Jean, non content de vivre en plein air sous un rocher, se condamna à rester toujours debout. Jamais on ne le vit de nuit ou de jour s'asseoir ni se coucher? 11 ne s'étendait point pour prendre le peu de sommeil qu'il donnait à son corps. Une pareille existence répuisa bientôt. Au bout de trois ans, ses pieds affaiblis refusèrent de le supporter. Cette infirmité l'aurait contraint de renoncer à ce genre de vie, si Dieu ne lui eût rendu la santé ^: Saint Grégoire de Nazianze, dans son poème à Hellenios, parle d'un solitaire qui se tenait par tous les temps debout et immobile au sommet d'une montagne^. Il y eut en Syrie quelques-uns de ces moines stationnaires. Abraam, par sa station prolongée, épuisa tellement ses forces, qu'il en fut réduit à ne pouvoir faire aucun mouvement^. Baradatos, trouvant la station insuffisante, se tenait les bras constamment élevés vers le ciel. II ne s'imposa pas tout d'un coup ce nouveau genre de pénitence. II débuta par la réclusion dans une cellule. .11 en sortit pour se faire au sommet d'un rocher voisin avec des planches mal jointes une sorte de coffre trop petit pour lui permettre de se tenir droit. Il s'y enferma durant plusieurs années dans la posture la plus incommode. L'évêque d'Antioche, Théodotos, lui ordonna de mettre un terme à cette mortification extraordinaire. Ce fut alors qu'il résolut de vivre debout et les bras levés au ciel 6.

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