‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 75 sur 520 · Apopbtegmaia Pairum, P. G., LXV · texte numérisé non relu

Apopbtegmaia Pairum, P. G., LXV

la précision, à l'étendue, à l'ordre, qui caractérisent les législateurs modernes, auraient grand peine à y reconnaître une règle proprement dite. C'est justement cette simplicité qui en fait le charme et le mérite. Elle disparaîtra peu à peu avec les développements successifs de la discipline religieuse. Il est intéressant d'étudier les modifications et les additions que reçoit ainsi le monachisme et de voir à travers la diversité des formes accidentelles, maintenir intacts les principes qui lui servent de base.

La règle la plus ancienne que nous ayons est celle que l'abbé Palamon enseigna à son disciple Pakhôme (avant 320). La voici telle que la donne la vie copte publiée par Amélineau . « La règle de la vie monastique, telle que nous l'ont apprise ceux qui nous ont précédés, est celle-ci : en tout temps passer la moitié de la nuit en veille, méditant la parole du Seigneur sans compter une foule d'autres fois, du soir au matin ; faire une foule de travaux manuels, soit cordes, soit crins, soit fibres de palmier, afin que le besoin du sommeil ne nous fasse pas souffrir, et pour la nécessité de sustenter le corps. Ce qui reste de ce dont nous avons besoin, nous le donnerons aux pauvres, selon la parole de l'Apôtre qui dit : « Non seulement nous penserons aiax pauvres » ; quant à manger de l'huile, boire du vin, manger quelque chose de cuit, nous ne connaissons rien de semblable ; nous jeûnons tous les jours jusqu'au soir pendant l'été; mais dans les jours de l'hiver pendant deux ou trois jours de suite. Quant à la règle des synaxes, c'est de prier soixante fois pendant le jour sans compter les prières que nous faisons peu à peu afin de ne pas mener une vie mensongère, car on nous a ordonné de prier sans cesse. Maintenant, voici comment je t'ai appris la règle de la vie monacale 1. »

Pallade publia une règle que saint Pakhôme aurait reçue du ciel par le ministère d'un ange. On ne trouve aucune mention de ce fait dans les vies antérieures. Ce document est trop souvent en contradiction avec ce que l'on sait par ailleurs de la vie des moines de Tabenne. Aussi, M. Ladeuze n'a-t-il pas eu de peine à prouver qu'elle n'était pas authentique. Les ApopUegmata en donnent une que l'abbé Pœmen traçait à un novice : « Pour ce qui regarde l'extérieur, lui répondit l'ancien, il te faut travailler des mains, manger une fois le jour, garder le silence, méditer partout où tu

/. Annales du Musée Guimet, t. XVII, 12-13.

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