‹ Les mollusquesChapitre 8 sur 119 · DU RÉGNE ANIMAL · texte numérisé non relu

DU RÉGNE ANIMAL

LES

Les Mollusques n’ont point de squelette articulé, ni de canal vertébral. Leur système nerveux ne se réunit

point en une moelle épinière, mais seulement en un cer-

(x) M. B. Linnæus réunissait en une seule classe, sous le nom de vers, tous les animaux non vertébrés, sans membres articulés; il la divisait en cinq ordres: les iNresris; embrassant quelques-uns de mes Annelides et de mes Intestinaux : les mor-

LUSQUES, comprenant mes Mollusques nus,

mes Échinodermes et une partie de mesInlestinaux, et de mes Zoophytes ; les resta cés, comprenant mes Mollusques et Annelides à coquilles; les LymaorHyTes ou coraux pierreux, et les zoopayres, embrassant le reste des Polypes, quelques Intestinaux et

les Infusoires.

ro

tain nombre de masses médullaires dispersées en différens points du corps, et dont la principale, que l’on peut appeler cerveau, est située en travers sur l'œsophage, qu'elle enveloppe d’un collier nerveux. Leurs organes du mouvement et des sensations n'ont pas la même uniformité de nombreet de position que dans les animaux vertébrés, et la variété est plus frappante’encore pour les viscères, et surtout pour la position duscœur et des organes respiratoires, et pour la structure et la nature même de ces derniers; car les uns respirent l'air élastique, et les autres l’eau douce ou. salée. Cependant leurs organes extérieurs et de locomotion sont généralement symétriques des deux côtés d’un axe.

La circulation des Moïlusques est toujours double, c'est-à-dire que leur circulation pulmonaire fait tou-

jours un circuit à -part et complet. Cette fonction est

La nature n’était point du tout consultée dans cet arrangement; Bruguières, dans l'Encyclopédie méthodique, chercha à le rectifier. Il établit six ordres de Vers, savoir : les ixrusorres; lesiNTEsriNs, qui comprenaient aussi les Annelides; les MOLLUSQUES, réunissant à mes vrais Mollusques nus plusieurs de mes Zoophytes ; les ÉcHINoDER- Mes, comprenant seulement les Oursins et les Astéries; les mesracés, à-peu-près les mèmes que ceux de Linnæus; et les

zoorayres, nom sur lequel il n’entendait

que les Coraux. Cette distribution n'était préférable à celle de Linnæus que par un rapprochement plus complet des Annelides, et par la distinction d’une partie des Échinodermes.

Je proposai un arrangement nouveau de tous les animaux sans vertèbres, fondé sur leur structure interne, dans un mémoire lu à la societé d’histoire naturelle, le 2 r floréal an mr, ou le 10 mai 159b, dont tous mes travaux postérieurs, sur celte partie d'his-

toire naturelle, ont été des développemens.

aussi toujours aidée au moins par un ventricule charnu, placé non pas comme dans les poissons, entre les veines du corps et les artères du poumon, mais au contraire entre les veines du poumon et les artères du corps. C'est donc un ventricule aortique. La famille des Céphalopodes seule est pourvue en outre d’un ventricule pulmonaire, qui même est divisé en deux. Le ventricule aortique se divise aussi dans quelques. genres, comme les arches et les ängules; d’autres fois, comme dans les autres bivalves, son oreillette seulement est divisée.

Quand il y a plus d'un ventricule, ils ne sont pas accolés en une seule masse, comme dans les animaux à sang chaud, mais souvent assez éloignés l’un de l’autre, et l’on peut dire alors qu'il y a plusieurs cœurs.

Le sang des Mollusques est blanc ou bleuatre, et la fibrine y paraît moins abondante en proportion que dans celui des animaux vertébrés. IL y a lieu de croire que leurs veines font les fonctions de vaisseaux absorbans.

Leurs muscles s’attachent aux divers points de leur peau, et y forment des tissus plus ou moins compliqués et plus ou moins serrés. Leurs mouvemens consistent en contractions dans divers sens, qui produisent des inflexions et des prolongemens ou relâächemens. de leurs diverses parties, au moyen desquels ils rampent, nagent

et saisissent différens objets, selon que les formes des

parties le permettent; mais comme les membres ne sont point soutenus par des leviers articulés et solides, ils ne peuvent avoir d’élancemens rapides.

L'irritabilité est extrême dans la plupart, et se conserve long-temps après qu'on les a divisés. Leur peau est nue, très sensible, ordinairement enduite d’une humeur qui suinte de ses pores; on n’a reconnu à aucun d'organe particulier pour l’odorat, quoiqu’ils jouissent de ce sens; il se pourrait que toute la peau en füt lesiège, car elle ressemble beaucoup à une membrane pituitaire. Tous les Acéphales, les Brachiopodes, les Cirrhopodes, et une partie des Gastéropodes et des Ptéropodes sont privés d'yeux; mais les Céphalopodes en ont d'au moins aussi compliqués que ceux des animaux à sang chaud. Ils sont. les seuls où l’on ait découvert des organes de l’ouie, et dont le cerveau soit entouré d’une boite cartilagineuse particulière.

Les Mollusques ont presque tous un développement de la peau qui recouvre leur corps et ressemble plus ou moins à un Manteau, mais qui souvent aussi sé rétrécit en simple disque, ou se rejoint en tuyau, ou fe rétrécit en sac, ou s'étend etse divise enfin en forme de nageoires.

On nomme mollusques nus ceux dont le manteau est simplement membraneux ou charnu ; mais il se forme le plus souvent dans son épaisseur une ou plusieurs lames

Li,

MOLLUSQUES. 7 de substance plus où moins dure, qui sy déposent par couches, et qui s'accroissent en étendue aussi bien qu'en épaisseur, parce que les couches récentes débordent toujours les anciennes.

Lorsque cette substance reste cachée dans l’épaisseur du manteau l'usage laisse encore aux animaux qui l'ont, le titre de mollusques nus. Mais le plus souvent elle prend une grosseur et un développement tels que l'animal peut se contracter sous son abri; on lui donne alors le nom de coquille, et à l'animal celui de testacé; Vépiderme qui la recouvre est mince et quelquefois desséché; il s'appelle communément drap marin. (1)

Les variétés de formes, de couleur , de surface, de substance et d'éclat des coquilles sont infinies; la plupart sont calcaires; il y en a de simplement cornées ; mais ce sont toujours des matières déposées par eouches, ou transsudées par la peau sous l’'épiderme, comme l’enduit muqueux, les ongles, les poils, les cornes, les écailles et mème les dents. Le tissu des coquilles diffère selon que cette transsudation se fait par lames paralleles

ou par filets verticaux serrés les uns contre les autres.

(1) Jusqu'à mot l’on avait fait des Tes- pent tellement les uns avec les autres, que tacés un ordre particulier ; mais il y a des cette distinction ne peut plus subsister. Il passages si insensibles des Mollusques nus ya d’ailleurs plusieurs Testacés qui ne sont

* aux Testacés, les divisions naturelles grou- pas des Mollusques.

Les Mollusques offrent toutes les sortes de mastication et de déglutition; leurs estomacs sont tantôt simples, tantôt multiples, souvent munis d’armures particulières, et leurs intestins diversement prolongé. Ils ont le plus souvent des glandes salivaires et toujours un foie considérable, mais point de pancréas ni de mésentère; plusieurs ont des sécrétions qui leur sont propres.

Ils offrent aussi toutes les variétés de génération. Plusieurs se fécondent eux-mêmes; d’autres, quoique hermaphrodites, ont besoin d'un aceouplement réciproque; beaucoup ont les sexes séparés. Les uns sont vivipares, les autres ovipares, et les œufs de ceux-ci sont tantôt enveloppés d’une coquille plus ou moins dure, tantôt d’une simple viscosité.

Ces variétés relatives à la digestion et à la génération se trouvent dans un mème ordre, quelquefois dans une même famille.

Les Mollusques en général paraissent des animaux peu développés, peu susceptibles d'industrie, qui ne se

soutiennent que par leur fécondité et la ténacité de leur

vie. (1) de (1) M. de Blainville a substitué au nom il en sépare les Oscabrions et les Cirrhode Mollusques celui de Malacnzoaires, et podes, qu'il appelle Malentozoaires,

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