M. Oken en a fait son genre Trisis
LES PETONCLES (PECTUNCULUS. Lam.
(PL. 85, fig. 8; pl. 88.)
Ont la charnière en ligne courbe, et la coquille de forme lenliculaire. Les valves ferment toujours exactement, et ont leurs sommets rapprochés Fun de l’autre. L'animal (Axinea, Poli) a un grand pied comprimé, à bord inférieur double, qui lui sert à ramper. Elles vivent dans la vase. Nous en avons quelques-unes sur nos côtes. (1)
LES NUCULES de Lam.
(PL: 87, fig. 6, 7, 9.)
Sont des arches où les denis sont rangées sur une ligne brisée. Leur forme est allongée et rétrécie vers le bout postérieur. On ne connaît pas leur animal, mais il est probable qu’il s'éloigne peu des précédens. (2)
Depuis long-temps nous avions placé ici
LES TRIGONIES, Brug,
.(PL 87, fig. 3, 88, fig. 2.)
Si remarquables par leur charnière munie de deux lames en chevron , crénelées à chaque face , pénétrant chacune dans deux fossettes ou plutôt entre quatre lames du côté opposé, crénelées de même sur leurs paroïs internes. La coquille faisait déjà juger par ses impressions intérieures qu'au moins l'animal n'avait pas de longs tubes.
(x) Arca pilosa, L., Chemm., VIT, cvrr, Are. pectunculus, id., cvirr, 5689; 565-566; Arc. pectinata, ib., 570-577.
Are. glycimeris, 1b., 564; (2) Arca pellucida, Chemn., VIE, xiv,
A. decussata, ib., 561; 541;
A. æquilatera, ib., 562; Arca rostrata, L., 1d., cv, 550, 551;
A, undata, ib., 560 ; A. Pella,ib., 546;
A.marmorata,ib., 563; Are. nucleus, 1d., LV, 574.
MM. Quoy et Gaimard viennent de découvrir ce genre à l’état de vie. L'animal a, en effet, comme les arches, un manteau ouvert sans orifice séparé , même pour l'anus. Son pied est grand, tranchant et en forme de crochet à sa partie antérieure.
Les trigonies vivantes ressemblent aux bucardes par la forme deleur coquille et les côtes qui les sillonnent. Leur intérieur est nacré. (1)
Les trigonies fossiles sont assez différentes. Leur coquille est aplatie d'un côté, oblique, plus longue dans le sens perpendiculaire à la charnière, et traversée en sens contraire par des séries de tubercules. (2)
La deuxième famille des acéphales testacés, ou
LES MYTILACÉS,
A le manteau ouvert par devant, mais avec une ouverture séparée pour les excrémens.
Tous ces bivalves ont un pied servant à ramper, ou au moins à tirer, à diriger et à placer le byssus; on les connaît vulgairement sous le nom générique de
moules.
LES MOULES PROPRES ou Moules de mer, (uyrius. Lin.) (PL. 89; pl. Sg rs.)
Ont une coquille close, à valves égales, bombées, en triangle. Un des côtés de l’angle aigu forme la charnière et est
(1) La trigonie nacrée, Law., An. mus., Tr. ravis, 1b., 3; IV, xxvir rx. Tr. aspera, ib., 4. foyez aussi Par- (2) Trig. scabra , Encyel. méthod., PI. kins, Org. rem., EIT, pl. x1x.
257, f. 1; Tr. nodulosa, 1b., 2;
muni d'un ligament étroit et allongé. La tête de l’animal est dans l'angle aigu ; l’autre côté de la coquille, qui est le plus long , est l’antérieur, et laisse passer le byssus ; ilse termine par un angle arrondi, et le troisième côté remonte vers la charnière, à laquelle il se joint par un angle obtus; près de ce dernier est l'anus, vis-à-vis duquel le manteau forme une ouverture ou un petit tube particulier. L'animal ( GALEITRICHE, Poli) a les bords de son manteau garnis de tentacules branchus vers l'angle arrondi, parce que c'est par là qu'entre l'eau nécessaire à la respiration. Il y a un petit muscle transverse en avant près l'angle aigu, et un grand en arrière près angle obtus. Son pied ressemble à une langue.
Dans les moules proprement diles le sommet est tout près de l’angle aigu. : à
Il y en a de striées et de lisses.
La HOULE COMMUNE (Mytilus edulis. L.) :
(PI. Ro: pl. 89 Lis, fig. r.)
Est répandue en abondance extraordinairele long de toutes nos côtes, où elle se suspend souvent en longues grappes, aux rochers, aux pieux, aux vaisseaux, ele. Elle forme un article assez important de nourriture, mais elle est dangereuse quand on en prend trop. (1)
(x) Ajoutez Wytilus barbatus,L.,Chemn., M. saxatilis, Rumph. Mus., xcvi, D; M. fulgidus
bablement le même que Ma perna, Gm.,
VIII, txxxIV, 749; , Argenv., xxx, D.; pro-
M. angulatus, 1b., 756;
M. bidens, ib., 542, 545; Chemn., VIIT, rxxxur, 738;
M. afer, ib., Lxxxur, 539-741; D1. azureus, 1b., H.;
M. smaragdinus,ib., 745; D. murinus, 1b., K.;
M. versicolor, 1b., 745 ; M. puniceus, Adans., I, xv, 2;
M. lineatus, 553; M. niger, ib., 5;
M. exustus, 1b., 754 ; M. lœvigatus, ib., 4, etc.; mais il faut AI. striatulus, 1b. 544 ; remarqner que plusieurs de ces espèces 31. bilocularis, 1b., xxx, 756; pourraient bien rentrer les unes dans les M. vulgaris, b., 532; autres.
206 ACÉPHALES On en trouve quelques-unes à l’état fossile. (1)
M. De Lamarck a séparé des moules,
LES MODIOLES, (MODIOLUS. Lan.)
(PI. 89 bis, fig. 1,2.)
Où le sommet est plus bas et vers le liers de la charnière. Ce sommet est aussi plus saillant et plus arrondi, ce qui rapproche davantage les modioles de la forme ordinaire des bivalves. (2)
On pourrait en séparer encore
LES LITHODOMES, (LITHODOMUS. Cuv.) (PI. 89 bis, fig. 3.)
Qui ont la coquille oblongue presque également arrondie aux deux bouts, et les sommets tout près du bout antérieur. Ils se suspendent d’abord aux pierres, comme les moules communes, mais ensuile ils les percent pour s’y introduire et y creusent des cavités, dont ils ne sortent plus. Une fois
qu'ils y ont pénétré, leur byssus ne prend plus d’accroissement. (3)
(1) M. Brongniart a cru devoir en faire un sous-genre qu'il nomme Mytiloide.
(Ap. Cuv., ossem, foss., tome I, pl. IT, f. 4)
(2) Mytilus modiolus, Chemn., VII, Lxxxv, 795-760, et celui de Müull., Zool., dan., IT, zu, qui parait d’une autre espèce ;
M. Discors. Chem., VIII, xeiv, 564- 65 ;
M. testaceus, Knorr., Vergn., IV, v, K “etc.
(3) M. Sowerby a contesté ce fait, qui a
cependantun bon garant dans M. Pol, té-
moin oculaire; Test. neap., I, p. 215.
La pl. xxxrr du mème ouvrage, fig. ro, xx, 12, 13, prouve aussi que l'animal du lithodome ressemble aux moules et non pas aux Plholades m1 aux Pétricoles.
La maniere dont les: Zithodomes, les Pholades, les Pétricoles et quelques autrés bivalves creusent les p erres, a donné lieu à des discussions; les uns croient y voir l'effet de l’action mécanique des valves; d’autres celui d’une dissolution. y: le mém. de M. Fleuriau de Bellevue, Journ.
de phys.. floréal an x, p. 345; Poli, West:
neap.. II, 215 et Edw. Osler., Mrans.
L’un d'eux Mytilus lilhophagus, L.), Chemn. VIII, LxXXxII, 729, 730, est fort commun dans la Méditerranée, où il fournit une nourriture assez agréable, à cause de son goût poivré.
Il y en à un (Modiolu cuudigera, Encycl., pl. 221, f. 8), qui a au bout de chaque valve un pelit appendice très dur, qui lui sert peut-être à creuser sa demeure.
LES ANODONTES, Vuls. Moules d'étang.
(ANODONTES. Brug.) (PL go; pl. 90 bis)
Ont langle antérieur arrondi comme le postérieur, et l'angle voisin de l'anus obtus et presque rectiligne; leur coquille, mince et médiocrement bombée, n’a point de dents du tout à la charnière, mais seulement un ligament qui en occupe toute la longueur. L'animal ( Linnæa, Poli) manque de byssus : son pied , qui est très grand, comprimé , à-peupres quadrangulaire , lui sert à ramper sur le sable ou sur la vase. Le bout postérieur de son manteau est garni de beaucoup de petits tentacules. Les anodontes vivent dans les eaux douces.
Nous en avons ici quelques espèces, dont une fort grande (Mytilus cyyneus, L.), Chemn., VII, LxxxV, 762, qui se trouve dans toutes nos
eaux à fond vaseux. Ses valves, minces et légères, servent à écrémer le lait. On ne peut la manger à cause de son goùl fade. (1)
M. De Lamarck distingue sous le nom d’IRIDINE (TRIDINA)(a) une espèce
phil. 1826, 3° part., p. 342. Tout exa- DL. fluviatilis, List., crvir, 19; men fait, Ja premicre de ces opinions, M. stagnalis, Schrœd., fluv., I, 1; quelques difficultés qu’elle présente, nous M. sellensis, 1b., IL, 1; parait encore la plus probable. M. dubius, Adans., XVII, 21; et les (x) Aj: M? anatinus, Chemn., VNUI, pl. 201, 202, 203 et 205, de l'Encydl. LXXXVI, 503; méthod., Test.
208 ACÈPHALES
oblongue dont la charnière est grenue sur toute sa longueur (1); son animal a le manteau un peu fermé vers l'arrière (2);
Et M. Leach, sous celui de DIPSADE, une autre espèce qui a les angles plus prononcés, et un vestige de dent à sa charnière.
LES MULÈTES, Vulo. Moules de peintres, (unio. Brup.) (PI. 92, fig. x, 2.)
Ressemblent aux anodontes par l’animal et par la coquille, si ce n’est que leur charnière est plus compliquée. La valve droite a en avant une courte fossette où pénètre une courte lame ou dent de la valve gauche, et en arrière une longue lame qui s’'insère entre deux lames du côté opposé. On les trouve aussi dans les eaux douces , de préférence dans celles qui sont courantes.
Tantôt la dent antérieure est plus on moins grosse et inégale comme dans
La MOULE DU RHIN (Mya margaritifera, L.), Drap. x, 17, 19.
Grande espèce épaisse, dont le nacre est assez beau pour que ses concrétions puissent être employées à la parure, comme des perles.
Nous avons encore l’Unio littoralis, Lam., Drap., x, 20. Espèce plus pelile, plus carrée.
D’autres fois la dent antérieure est en forme de lame, comme dans
La MOULE DES PEINTRES (Mya piclorum L.) Drap. Xx, 1-4.
Espèce oblongue et mince , connue de tout le monde. (3)
(1) Jrid. exotica, Encycl. méthod., J'est., pl. 204;
Aj. Zrid. nilotwa, Caïllaud, voyage à Méroé, PJ, 2x, Ê. 11.
2) Voyez Deshayes, Mém. de la Soc.
d’hist. nat. de Paris, 1829, IE, p. 1, plan.
(3) Un grand nombre d’especes très remarquables par leur taille ou leurs formes, se lrouvent aux États-Unis dans les lacstet dans les rivières. MM. Say et Barnes qui les ont décrites ont établi parmi elles quel-
ques nouveaux SOous-SCnres.
net de APRES à +,
M. De Lamarck distingue
LES HYRIES,
(HYRIA. Lam.)
(PL. 92, fig. 4.)
Dont les angles sont si prononcés, que leur coquille est presque trian-
gulaire (1) ;
Et LES CASTALIES, (CASTALIA. Lam.)
(PI. go brs, fig. 2.)
Dont la coquille un peu en cœur est striée en rayons, et dont les dents et lames de la charnière sont sillonnées en travers de leur longueur, ce qui leur donne quelques rapports avec les trigonies (2).
On doit rapprocher des mulètes quelques coquilles de mer qui ont un animal semblable et à-peu-près la même charniere,
mais dont la coquille a les sommets plus bombés et des côtes
saillantes allant des sommets aux bords. Ce sont
LES CARDITES. Brug. (3)
(PL 95, fig. 1)
Leur forme est plus ou moins oblongue ou en cœur. Quel-
ques-unes ont la coquille béante inférieurement (4).
(x) Hyriarugosa, Enc. méth., pl. 247, 2.
(2) Castalia ambigua, Lam., Blainv., Malac., LX VII, 4.
(3) Chama antiquata, Cham, VI, xzvx, 488-491;
Chama trapezia ;
Ch. semiorbiculata ;
Chama cordata, id., 502, 503; et par-
mi les espèces fossiles , une des plus singulières , Cardita avicularia, Lam., An.
mus., IX. pl. 19, f. 6 ; si toutefois elle ne doit pas être séparée.
(4) Chama caliculata, Chemn., VII, z, 500, 507;
Cardita crassicosta, Brug., Encycl., pl.
TB To Ee
LES CYPRICARDES Lam.
Sont des cardites dont la dent sous le sommet est divisée en deux ou en trois. Leur forme est oblongue, et leurs côtés imégaux (1).
M. de Blainville en sépare encore
LES CORALLIOPHAGES , (PI. 93, fg. 3.)
Don la coquille est mince, et la lame latérale très effacée, ce qui pourrait les faire rapprocher des vénus.
On en connaît une qui perce les masses des coraux, pour s’y loger (2).
Les VENERICARDES (a), Lam., ne diffèrent des cardites que parce que la lame postérieure de leur charnière est plus transverse e plus courte; ce qui les avait fait rapprocher des vénus; leur forme est presque ronde. On peut juger par les impressions musculaires que leur animal doit aussr ressembler à ceux des cardites et des mulètes (3).
Les unes et les autres se rapprochent des bucardes, par la forme générale et par la direction des côtes.
Je soupçonne que c’est encore ici la place des CRASSATELLES (b), Lam. (PAPHIES , Roiss.), que l'on a rapprochées tantôt des mactres , tantôt des vénus, et qui ont à la charnière deux dents latérales peu marquées et deux au milieu très fortes , derrière lesquelles est de part et d'autre une fossette triangulaire pour un ligament intérieur. Leurs valves deviennent très épaisses avec l’âge, et l'empreinte des bords du manteau donne à croire que, comme les précédentes, elles n’ont pas de tubes extensibles (4).
(1) Chama oblonga, Gm., Chemn., VII, L, 504, 505, ou Cardita carinata, Enc., pl. 254, f. >, ou Cypricarde, de Guinée, Blainv., Malac., LXV bis, f. 6.
(2) Chama coralliophaga, Gn., Chemn., X., eux, 1673, 1674, ou Cardita dactylus,
Brug.. Enc., pl. 234, f. 5; Coralliophaga
PL. 94, fig. 1.
carditoïdes, Blainv., Mal., rxxvr, 3.
(3) Fenus imbricata, Chemn., VI, xxx, 314, 315, etles espèces fossiles données pat M. De Lamarck, Ann. mus., VII, et IX, pl. xxxr et xxxrr.
(4) Venus ponderosa, Chemn., WII, xx, A.-D., ou Crassatella tumida, Lam’,
(P) PL 91, fig. 2.
pleh = er à
TESTACÉS. o11
La troisième famille des acéphales testacés, ou
LES CAMACÉS,
À le manteau fermé et seulement percé de trois ouvertures, dont l'une sert à la sortie du pied ; la suivante à faire entrer et sortir l’eau nécessaire à la respiration; la troisième est l'issue des excrémens ; ces deux dernières ne se prolongent point en tubes comme dans la famille suivante,
Cette famille ne comprend que le genre
CHAMA de Linnæus,
Dont la charnière a beaucoup d’analogie avec celle des mulètes, c’est-à-dire qu’elle est munie à la valve gauche, près du sommet, d’une dent, et plus en arrière d’une lame saillante, qui entrent dans des fosses de la valve opposée.
Ce genre a du être subdivisé.
LES TRIDACNES Brusg.
Ont la coquille tres allongé en travers, à valves égales; l’angle supérieur qui répond à la tête et au sommet, très obtus. L'animal de ce genre est fort extraordinaire, parce qu’il n’est
Ann. mus., VI, 408, 1 ; peut-être mactra coup d’espèces fossiles, surtout aux environs sygnus, Chemn., VI, xx1, 207; de Paris. Voyez à leur sujet l'ouvrage de Venus divaricata, Chemn., VI, xxx, M. Deshayes.