PRÉFACE
De l’avis de tous, la licence ès sciences naturelles est, sans contredit, la plus difficile à acquérir. Cela tient principalement à l’absence d'ouvrages spécialement destinés à sa préparation. Cette pénurie est telle, qu'il est impossible à un étudiant éloigné des centres universitaires de préparer l’examen auquel nous faisons allusion. Geux qui ont le loisir de pouvoir étudier dans une Faculté doivent suivre les nombreux cours et conférences qui, d’ailleurs, ne forment un tout complet qu'au bout de trois, quatre, cinq années et même davantage. Ils doivent en outre consulter de nombreux mémoires originaux pour y rechercher les connaissances indispensables à leurs études. De tout cela, résulte une grande perte de temps, et il arrive souvent, nous dirons même toujours, qu'un étudiant au bout de deux ans d’études, minimum pour la préparation de la licence, n’a pu parcourir, malgré tous ses efforts, les divers chapitres du programme très étendu qu'il a à connaître. C'est pour combler en partie cette lacune que M. Pruvot a publié, il y a quelques années, ses conférences sur les Vers et Arthropodes. Le succès de cet excellent ouvrage a montré clairement qu'il répondait à un besoin réel. C’est quelque chose d’analogue que nous avons voulu faire en écrivant ce petit traité sur les Mollusques.
Certes, loin de nous la pensée de poser notre modeste livre en parallèle avec celui du savant maître de conférences de la Sor-
vI PRÉFACE bonne. Tel qu'il est cependant, nous avons l'espoir qu'il rendra quelques services aux candidats à la hcence.
Pour atteindre le but que nous nous sommes proposé, nous avons schématisé, si l’on peut s'exprimer ainsi, le texte et les figures ; en d’autres termes, nous avons cherché à mettre en relief ce qu'il y a de plus général, au lieu de nous attacher aux exceptions, sans toutefois négliger celles-ci quand elles présentaient un intérêt particulier.
Quant au plan général, ilest très simple : nous avons étudié, les unes après les autres, chacune des classes et chacun de leurs ordres, en prenant en général un ou plusieurs types dans chacun d'eux. C’est ainsi que l'étude des Amphineures nous a obligé à étudier cinq types distincts. Au contraire, pour les Acéphales, il nous a suffi de prendre un seul type idéal, et de faire de l’anatomie comparée. Pour les Psorobranches nous avons combiné les deux modes d'exposition.
Nous avons commencé par les Acéphales, non comme on pourrait le croire parce que nous les considérons comme la souche ancestrale des Mollusques, mais parce que leur description donne bien l’idée du type Mollusque. En commençant (comme cela eût été plus logique) par les Amphineures, nous aurions eu une très mauvaise idée du plan d'organisation de ce type.
Pour la rédaction, nous avons utilisé les traités généraux sur la zoologie et l’anatomie comparée (Claus, Gegenbaur, Carl, Vogt et Yung, etc.), ainsi que les ouvrages spéciaux sur la conchyliologie (Fischer, Brehm, etc.) ; nous avons aussi consulté de nombreux mémoires originaux (Lacaze-Duthiers, Bouvier, Perrier, Pelseneer, Girod, Joubin, etc. etc.). Enfin nous nous sommes servi et, parfois dans une très large mesure, des notes et des schémas recueillis par nous aux principaux cours et conférences de zoologie de Paris.
Il est un point important cependant, sur lequel nous n’avons pas insisté: c’est la description des caractères, des genres et des espèces que les candidats à la licence doivent connaître. Nous ne l'avons pas fait pour deux raisons. Il y avait en effet deux méthodes