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CHAPITRE V 4° Classe

(suite) 9e ORDRE

HÉTÉROPODES

Les Hétéropodes sont très peu nombreux en genres eten espèces. Malgré cela, les formes qu'ils contiennent sont tellement différentes les unes des autres, qu'il nous est impossible de donner un type moyen qui résume tous les caractères du groupe. Nous allons d'abord étudier plus où moins sommairement :

1° Les Firoloida ;

90 Les Pterotrachea;

3° Les Carinaria;

4° Les Atlanta.

Puis nous chercherons ce qu'il y a de commun dans leur organisation.

1° Firoloïda

La Firoloïde, qui est une des formes les plus inférieures des Hétéropodes, est un animal transparent, pélagique. Il nage sur le dos. Son corps. allongé, cylindrique, est tronqué en arrière d'une manière abrupte. A la partie antérieure, il présente une tête en forme de trompe, avec deux petits tentacules. A la partie postérieure, on voit par transparence un amas d'organes colorés : c’est le nucleus, contenant les viscères. Sur la face ventrale se détache un large pied en forme de lame charnue aplatie latéralement. Sur la même face, mais à la partie postérieure, on voit un autre long appendice qui est aussiune dépendance du pied. En arrière, est un petit appendice en forme de feuille de vigne.

Sur la tête il y a deux appendices creux ayant à leur base deux gros yeux remarquables par leur volume. A l'extrémité antérieure est la bouche; sur la face dorsale et postérieure, on voit l’orifice anal, en avant duquel s'ouvre le corps de Bojanus.

Les sexes sont séparés. Chez le mâle, il y a un long pénis terminé en tête renflée à l'extrémité.

En avant de l’anus, sur la face dorsale, il y aune ligne sinueuse couverte de eils vibratiles très puissants ; on croyait autrefois que c'était une branchie rudimentaire, mais c'est plutôt un organe olfactif.

Après la bouche vient un bulbe buccal, très développé, muni de muscles puissants, et surtout remarquable par le grand développement de la radula. Celle-ci est formée d'une dent médiane, de deux dents latérales en forme de crochet très puissant et de quatre dents marginales aiguës : cette puissante radula n’est pas rattachée au bulbe buccal d'une manière aussi intime que chez les Prosobranches. La radula peut glisser sur le cartilage sous-radulaire, ce qui lui donne une bien plus grande indépendance et une plus grande puissance d'action. Mais il n’y a pas que la radula dans son ensemble qui est mobile : les dents latérales très développées sont en effet automobiles, elles peuvent se mouvoir l’une vers l’autre et saisir de petits animaux lorsque la radula fait saillie au dehors ; ici donc l’appareil est actif; il n’agit pas seulement comme une râpe.

Le reste du tube digestif se fait remarquer par sa grande brièveté. L'œsophage se renfle progressivement en un estomac, recevant les produits de sécrétion d’un foie coloré. L’intestin vient s'ouvrir sur la face dorsale du corps. Tout cet appareil est suspendu dans une véritable cavité générale par de petites bribes musculaires.

Le cœur, enveloppé d'un péricarde, est formé en arrière d'une oreillette largement ouverte dans la cavité générale. En avant est un ventricule duquel part une aorte. Celle-ci ne tarde pas à se bifurquer ; l’une des branches va irriguer le nucléus, l’autre s’enroule autour de l’æsophage, et donne naissance sur son trajet à une artère pédieuse qui se rend en se bifurquant à chacun des lobes du pied. Les artères ne diminuent pas de calibre peu à peu pour venir se perdre dans des petites lacunes interorganiques ; ici l'extrémité des artères s'ouvre brièvement, par un large orifice béant : le sang tombe dans la cavité générale.

Le testicule chez le mâle se continue par un canal déférent allant s'ouvrir au sommet du pénis. Chez la femelle, l'ovaire s'ouvre directement au dehors. Les œufs sont pondus en chapelet.

Entre la péricarde et le rectum est placé l'organe de Bojanus qui s'ouvre au dehors du côté droit. On ne sait s’il communique avec la cavité péricardique.

Le système nerveux comprend deux ganglions cérébroïdes accolés entre eux et émettant un collier stomatogastrique, dont les ganglions sont pla-

F16. 187. — Firoloida. Schéma de l'organisation. T° tentacule. B bouche. P lame pédieuse. Pm partie postérieure du pied (métapodium). Pe pénis. À anus. OL appareil olfaetif. V ventricule. Or oreillette. Ar artère aorte. Ab artère viscérale. Ap artère pédieuse. Œœsophage. Æ estomac. F foie. Boj. corps de Bojanus. Cr ganglions cérébroïdes. S€ stomatogastrique. Gp ganglions pédicux. À ganglions viscéraux.

cés dans leur position habituelle, c'est-à-dire à l'angle du bulbe et de la radula.

Les ganglions pédieux sont situés en arrière de l'artère pédieuse, ils sont donc très éloignés des ganglions cérébroïdes. De cha-

TP È 1 ÿ L M KR Fic. 188. — Firoloida. Schéma de la

radula. AZ dent médiane. L dents laté-

rales. À dents marginales.

que ganglion pédieux part un long connectif qui se bifurque pour se rendre à deux ganglions viscéraux ; de celui qui est le plus près du cœur part un gros nerf allant innerver l'appareil olfactif.

Fic. 189. — Firoloida. Schéma des organes des sens. C ganglion cérébroïde, Œ œil. A7 muscles. Cr cristallin. Ok

otocystes.

Les yeux sont très développés. Ils sont enfermés dans une grande loge. L'œil lui-même a une forme de sablier terminé en avant par un cristallin arrondi. Des fibres musculaires nombreuses le réunissent aux parois, et peuvent le faire tourner dans tous les sens: ces particularités, comme toute son organisation, sont en rapport avec la vie pélagique que mènent

les Firoloïdes.

Signalons enfin la présence de deux otocystes, qui reçoivent nettement

leurs nerfs des ganglions cérébroïdes.

GASTÉROPODES Au

2° Pterotrachea

Le Pterotrachea (autrefois Firola) est un animal allongé, fusiforme, terminé en avant par une tête grêle, allongée en forme de trompe. Celle-ci porte deux yeux et en arrière deux tentacules rudimentaires, cartilagi-

FiG. 191. — Pterotrachea. Coupe schématique du

nucleus. R rectum. Br branchies coupées. O oreil-

Fi. 190. — Schéma du Péerotrachea. B bouche. V lette. V ventricule. Z corps de Bojanus. P péricarde. ventouse. Br panache branchial. G ganglions viscéraux. C cupule olfactive.

neux. La nageoire ventrale, rétrécie à sa base, porte sur son bord libre une large ventouse pédonculée et munie de museles spéciaux. Le corps,

EN

Eee A

FiG. 192. — Carinaria. Vue du côté gauche.

caréné postérieurement, se termine par une petite dilatation bilobée portant un long filament renflé de place en place. On ne sait si ce filament

est une dépendance du pied. Sur le dos est l'anus entouré par un panache branchial. Les organes du nucléus sont représentés par la figure 191. On

F16."194. — Sommet de la coquille de Fic. 193. — Radula de Carinaire. Carinaire.

y a vu la communication du péricarde avec l'organe de Bojanus. Celui-ci se contracte de temps à autre pour chasser son contenu.

Les Pterotrachés sont extrêémement nombreux dans la Méditerranée. Leur abondance fait quelquefois le désespoir des pêécheurs dont les filets en sont embourbés.

3° Carinaria

La Carinaire, animal pélagique, à un corps fusiforme, à tête assez grosse, portant deux tentacules. Sur la face ventrale se trouve la grande rame pédieuse pourvue d'une ventouse. A la partie postérieure et

dorsale, on voit aussi

Fus. 195. — Carinaire, vue du côté droit. Schéma de l’organisation. DX unelame tévoumentaire bouche. T tentacules. P lame pédieuse. V ventouse. AP appareil copu- k O ; lateur, VC nageoire dorsale. Co coquille. S sillon cilié. Br branchies. M qui sert à la natation. manteau. À anus. F foie. Q cœur. ŒÆ œsophage. B corps de Bojanus.

, En avant de celle-ci se trouve le nucleus qui est ici parfaitement distinct du corps ; il lui est réuni par un étranglement. Il est en outre recouvert presque complè-

tement par une coquille symétrique, mince, fragile et à sommet postérieur spiralé. Du bord antérieur de la coquille font saillie de nombreux filaments branchiaux. Leur base est protégée par un rudiment de manteau. L’anus et l'orifice femelle sont placés sur le côté droit de l'animal. Chez le mâle,

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