RÉSUMÉ
En résumé, on voit que l’organisation des Opisthobranches est très variable. En fait de caractères généraux, on ne peut citer que les suivants :
1° Tous marins ;
2° Respiration branchiale ;
3° Hermaphrodites ;
4° Cœur en avant de la branchie, c’est-à-dire à oreillette tournée en arrière ;
5° Système nerveux orthoneure, généralement concentré.
CLASSIFICATION
Nous les diviserons, comme dans le manuel de M. Fischer, en deux sousordres :
1° Les Nupisraxcxes, dont les branchies, placées dans la région dorsale, ne sont pas protégées par le manteau ;
2° Les TEcrIBRANCHES, Caractérisés par la présence d’une seule branchie latérale protégée par le manteau ou par une coquille.
Chacun des ces sous-ordres se subdivise ensuite en plusieurs groupes dont voici l'énumération, avec les principaux genres qu'ils renferment.
['AntRoObTANERES ES ..| Doris.
Inférobranches Een | Pleurophyllidia. | Téthys.
SIN RER : | Mélibe.
{° NUDIBRANCHES.......... POlIbr An Che NE | Bhobohes | OLolis.
Pellibranehes....:......2 | Élysia.
\UPArRASELOS STE ee ARS | Entoconcha.
| Actæon.
Scaphander.
Céphalasnides "=". Bulla.
Gastroptéron.
20 TECTIBRANCHES...,..... ( Philine.
ue Aplysia.
ANASPLAES" toc ed ecte | se , , Pleurobranchus.
| Nataspides.. 4:24... LAB
4er Sous-Ordre NUDIBRANCHES
ANTHOBRANCHES. — Ils sont caractérisés par leur forme symétrique, leur anus médian dorsal. Deux lobes hépatiques dont les conduits biliaires s'ouvrent dans l'estomac. Nous avons déjà décrit les Doris qui vivent sur nos côtes. Ils pondent un nombre immense d'œufs {quatre-vingt mille) contenus dans une matière glaireuse, formant un ruban contourné en rond et déposé sur les rochers ou les herbes marines. Le dos de la Doris tuberculata, la plus commune, est couvert de nombreuses petites verrues.
INFÉROBRANCHES. — Les branchies sont placées symétriquement de chaque côté du corps, au-dessous du bord du tégument dorsal, entre celui-ci et Le pied. A citer les Plewrophyllidia de la Méditerranée qui montrent bien le caractère en question (fig. 219).
PoLxBrANCHES. — Appendices dorsaux branchiformes ou papilleux, garnis ou non de véritables branchies. Estomac ramifié se prolongeant jusque dans les papilles dorsales.
Les Téthys, récoltés à la grève, montrent un corps aplati terminé en haut par un large bouclier céphalique, frangé sur ses bords, et portant deux tentacules. Sur le dos, sur deux lignes longitudinales, une à droite,
l'autre à gauche, on aperçoit des orifices garnis chacun de deux tentacules enroulés. Ces orifices conduisent directement dans la cavité générale. C'est là un fait qui paraissait très remarquable. Mais chez les animaux recueillis avec soin on avait souvent trouvé des gros corps allongés, massifs, colorés et fixés précisément à ces orifices. On pensa que c'étaient des parasites et on leur donna même un nom, celui de Phœænicurus varius. On leur décrivait même un système nerveux formé de deux ganglions,
Fic. 219. — Pleurophyllidia, vu par la face infé- Fic. 220. — Schéma d'une Téthys, vue de dos, avec rieure. € bouclier tentaculaire. g orifice génital. « deux de ses appendices en place. © orifices. 7 tenanus. b branchies. p glande pédieuse. tacules. Prétendu phœænicure.
un tube digestif ramifié, un appareil circulatoire, ete. Mais les études récentes ont montré qu'en réalité la Phœnicure n'était qu'un appendice de la Téthys, appendice qui pouvait se détacher très facilement de l'animal par un phénomène d’autotomie. On démontre que le prétendu tube digestif, le prétendu système veineux, etc., ne sont que des prolongements des mêmes appareils de la Téthys.
Les Téthys sont aussi remarquables par leur système nerveux qui consiste en une masse unique formée par la réunion de trois paires de ganglions fusionnés, et munie d'une commissure qui entoure l’æsophage.
Les Melibe ont un corps allongé pourvu de papilles dorsales caduques.
Nous avons déjà décrit les Œolis.
Les Phyllirhoe, dont nous avons déjà parlé, sont des animaux nocturnes, remarquables par leur propriété de produire de la lumière. Il suffit de toucher un animal dans l'eau pour voir la lumière jaillir de son corps et de ses longs tentacules. La substance photogène a son siège dans des cellules nerveuses périphériques et dans des cellules particulières, dites
cellules de Müller, situées dans le voisinage immédiat de la périphé-
rie, sur les plus fines ramifications nerveuses.
Fic. 221. — Corps de la Synapte, ouvert pour montrer l'Entoconcha. B vaisseau dorsal. Æ vaisseau ventral. C tube digestif de la Synapte. a point où est fixé le Mollusque. F extrémité du tube digestf de l'Entoconcha. OV ovaire. T testicule.
PELLiIBRANCHES. — Dépourvus de branchies proprement dites ainsi que de papilles dorsales.
Les ÆElysia sont pourvus sur les côtés du corps d'expansions membraneuses, se relevant sur le dos pour le couvrir en partie. Le tube digestif est ramifié énormément dans ses lobes. L'Elysie verte a une couleur vert émeraude magnifique.
Parasires. — L'Entoconcha mirabilis ! est un des rares exemples de Mollusque endoparasite.
Il vit fixé sur le vaisseau ventral des Synaptes et plonge dans la cavité générale de ceux-ci. L’extrémité antérieure fixée est en forme de bouton. Le corps est très allongé, cylindrique, et enroulé en spirale irrégulière. L’extrémité, en forme de bouton, présente une bouche conduisant dans un tube digestif occupant seulement la partie antérieure du corps et terminé en cœcum. La partie moyenne du cylindre contientun ovisac très développé avec une glande albumineuse. En arrière vient un espace où les œufs mürissent à leur sortie de l’ovisac. Plus en arrière encore, le corps forme un renflement où mûrit la liqueur séminale. Les
produits génitaux s'échappent par l'extrémité postérieure du corps.
1 Les renseignements que nous donnons sont empruntés à Brehm, Les Mollusques, qui les
a tirés de Meyer et de Baur.
On trouvera d’ailleurs dans cet o1vrage de bonnes figures d'Opisthobranches dont la publication ici nous aurait entrainé à des frais trop cousidérables ; citons entre autres : Elysie
L'animal est fixé à la Synapte, toujours dans le voisinage de l'estomac. La vraie nature zoologique de ces animaux se révèle seulement dans leurs embryons. En effet les larves mon-
trent, à n’en pas douter, les caractères des larves des Gastéropodes.
Elles ont une coquille contournée, munie d'un opercule calcaire, le pied est bilobé. Il y a deux rudiments de tentacules. On ne connaît pas la marcheultérieure du développement.
Müller croyaitautrefois qu'on avait
Fi. 229, — Larve d'Entoconcha.
affaire ici à une génération alternante, que le Sypnate passait à l’état de Mollusque, et inversement. Il croyait que l'Entoconcha appartenait au corps de la Synapte, à cause de la position fixe qu'il occupe dans le corps de celle-ci. Mais Baur a démontré qu'il n’en était rien.
On place l'Entoconcha parmi les Opisthobranches parce qu'il est her-
maphrodite.
2e Sous-Ordre TECTIBRANCHES CépHaLaspipes. — Caractérisés par un disque céphalique distinct du
dos, portant les yeux et les tentacules et provenant de la fusion des ten-
Fic. 223. — Acteon.
tacules buccaux et des rhinophores. L’Actæon (fig. 120) montre ce disque très nettement. Les Scaphander sont assez communs sur nos côtes.
Leur estomac est pourvu de deux plaques calcaires très puissantes qui agissent sur les aliments à la manière d’une meule. Nous avons déjà décrit les Bulla et les Gastéroptéron. Les Philine sont des animaux à apparence au premier abord incompréhensible. Si on les examine par la face dorsale on voit la surface divisée en quatre champs: en avant le bouclier céphalique, en arrière le manteau, latéralement les parapodies. Sur la face ventrale on voit
en avant le pied, en arrière un repli ventral du manteau ; l'animal marche à la fois sur son pied et sur son manteau.
verte. Æolis à papilles. Dendronote à branchages. Téthys de Bohadsch. Doris poilue. Ombrelle de l'Inde. Aplysie dépilante. Bulles.
Axasripes.— Îls ont une tête sans disque, un cou allongé, des nageoires latérales (Parapodes).
L'Aplysia depilans, que l'on a souvent l'occasion de disséquer dans les laboratoires, est vulgairement appelée Lièvre de mer, à cause de ses tenta- ECS cules qui rappellent les oreilles d’un lièvre. Ne Elles arrivent sur nos côtes pour s’accoupler
et pondre, puis elles s’en vont on ne sait trop
où. Lorsqu'on cherche à prendre l'animal vivant, on le voit s'entourer d'un nuage d'un beau violet, matière sécrétée par des follicules cutanés. L'animal est convexe et présente en avant un cou très long se terminant par une tête assez forte portant deux tentacules volumineux, dont le droit sert d'appareil copulateur. La face dorsale de l'animal est protégée par deux lames charnues, latérales, qui se rabattent l'une sur l'autre: ce sont les parapodies, qui sont une dépendance du pied. Si l’on écarte ces lobes, on voit un manteau fixé à gauche, mais libre à droite : par cette fente droite sortent la branchie et l'anus. Au-dessous du manteau est placée
Fic. 224. — Aplysia depilans. Sys-
tème artériel. ve veine branchiale a eau sce r O° SET nos ec efférente. Or oreillette. V ventricule. la coquille, assez large, chitineuse © elle n est
C crête de l'aorte. ay aorte posté. bas complètement recouverte par le manteau,
rieure. Æ masse génito-hépatique.
li gésier. bu bulbe buccal. partère car celui-ci est percé d’un petit orifice par où pédieuse, P artère parapodiale. A
sorte principale. 7 tentacules dor- on peut l’apercevoir. Le tube digestif est assez
TA compliqué. On y trouve successivement un bulbe buccal, un œsophage, un jabot à parois internes chitineuses, un gésier puissant tapissé intérieurement par de nombreuses dents chitineuses, et un estomac chimique où vient se déverser le foie, puis un intestin assez long. Dans le bulbe s'ouvrent deux glandes salivaires. Nous donnons deux figures schématiques représentant l'appareil artériel et le système nerveux remarquable par sa netteté. Les organes génitaux sont assez simples. De la glande hermaphrodite part un conduit sinueux aboutissant à un utérus qui s'ouvre au dehors, et qui reçoit une petite glande en grappe et une vésicule copulatrice. L'orifice sexuel est placé à droite. Ces organes sont hermaphrodites dans toute leur étendue. Les spermatozoïdes sont amenés à l'appareil copulateur par un canal cilié. Les Aphysies s'accouplent en formant des chaînes de plusieurs individus placés les uns à la file des autres, chaque individu jouant à la fois le rôle de mâle et le rôle de femelle, sauf ceux qui sont aux extrémités de la chaîne, et qui ne jouent que le rôle de mâle ou le rôle de femelle.
Le Lobiger (fig. 228) est remarquable par ses parapodies divisées transversalement et formant de chaque côté deux ailes larges, dilatées.
FiG. 2251. — Schéma du système nerveux. C'ganglions cérébroïdes. S stomatogastrique. P gan-
glions pédieux. Z ganglions Fi6. 226. — Schéma de l’Aplysie rampant. P parapodies et Schéma de pleuraux. V ganglions viscé- l'Aplysie, les deux parapodies écartées. M manteau percé d’un orifice raux. 2 ganglion branchial. par lequel on voit la coquille. Br branchie. À anus.
Norasrines. — Les Notaspides ont une tête courte ; la région dorsale
est protégée tantôt par un large disque qui rappelle celui des Doris, tantôt
Fic. 227. — Coupe transversale schématique de l'Aplysie. P pied. Pa parapodies. M manteau. C co- ; é quille. Fi6. 298. — ZLobiger pictus.
par un véritable manteau au-dessus duquel on trouve une coquille aplatie. La branchie est très grande et composée de nombreux lobules. Nous connaissons dejà les P/eurobranchia et V Umbrella.
1. Le dessinateur a oub!ié d'indiquer les deux commissures unissan! les ganglions L aux ganglions P. Le lecteur voudra bien faire lui-mème cette petite rectification.