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AFFINITÉS

Les premiers auteurs qui s’occupèrent des Ptéropodes, et parmi eux Cuvier, Gegenbaur et bien d’autres, les mirent tout à côté des Céphalo-

podes, loin des Gastéropodes. Ils se basaient surtout sur la présence de ventouses chez quelques types, et sur la position de la cavité palléale qui est ventrale chez les Hyales. Mais nous avons vu, d’une part, que les ventouses manquent le plus souvent; ce ne serait d’ailleurs pas un caractère suffisant pour légitimer le rapprochement en question. D'autre part, la cavité palléale est bien ventrale chez l'Æyalæa, mais elle est dorsale chez la Limacina, et s'ouvre en arrière chez les Cymbulia. I n’y a rien à tirer de ce caractère. [1 n'y a donc aucun rapprochement à faire avec les Céphalopodes. Au contraire, les rapports entre les Ptéropodes et les Gastéropodes sont beaucoup plus intimes. C'est Souleyet qui, le premier, a insisté sur ce rapprochement. Les Limacines, en effet, ont absolument l’organisation d’un Gastéropode, et, n'était leur pied biramé, on les placerait parmi ces derniers : même coquille turbinée, même position de l’orifice anal et de l’orifice

Fic. 266. — Schéma de Pneumoderma. Fic. 267. — Dexiobranchæa.

bojanien, etc. D'autre part, l'embryogénie ne nous a pas montré de caractères bien différents de ceux des Gastéropodes, tandis qu'elle est très différente de celle des Céphalopodes. Il y a donc moins de distance entre les Gastéropodes et les Ptéropodes qu'entre les Gastéropodes et les autres classes de Mollusques. Aujourd'hui même on veut supprimer la classe des Ptéropodes et la faire rentrer dans celle des Gastéropodes. C'est peut-être un peu exagéré, vu la constance de la forme de leur pied, vu aussi l'ancienneté du groupe (Silurien).

Ce point étant établi, de quels Gastéropodes faut-il les rapprocher ? Là il n'y a pas de doute : leur hermaphrodisme les rapproche des Opisthobranches et des Pulmonés. Mais c'est évidemment des Opisthobranches qu'ils se rapprochent le plus par leur coquille, à absence très variable, leur

gésier armé de plaques chitineuses, leur foie tantôt diffus, tantôt compact, leurs branchies, leur système nerveux concentré, leurs parapodies. Il semble même que les Ptéropodes représentent une forme pélagique des Opisthobranches, comme les Hétéropodes représentent une forme pélagique des Prosobranches. 11 semble même que les Ptéropodes Gymnosomes doivent être rapprochés des Opisthobranches Nudibranches, et les Ptéropodes Thécosomes des Opisthobranches Tectibranches.

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