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C. de Berlin, 0 gr

FISTELIÀ

Les monnaies portant la légende osque ^V^T^IS — ^IV^T^IS et la transcfiption grecque (|)|2TEAIA ont donné lieu à de nombreuses attributions. Ignarra [De Palaestra Neap., p. 261) et Mazzocchi {Tab, HeracL, p. 590) les connaissaient déjà, mais les attribuaient ingénument à Paestum; parmi les arguments produils en faveur de cette étrange conjecture, citons Tinscription M^^l au revers d'une monnaie incuse des Poseidoniates, et on peut s'étonner de voir Millingen [Consid., p. 43) faire encore allusion à cette inscription comme indice d'une alliance entre Poseidonia et Fistelia. Guarnacci [Orig. itaL, t. II, p. 227) attribuait les monnaies à la légende ^V^T^IS à Fiesole.

Avellino [Op., III, p. 86) pensa d'abord à Plistia (Tile-Live, IX, 21) ou Plistica (Diod., XIX), la moderne Pletia, près de Saticola, sur la limite campanienne du Samnium, et ensuite, moins judicieusement, à Histonium, dans le pays des Frentaniens [Bull. Aap.^ IV, 27). Millingen [Ane. coins, 1801), Ch. Lenormant (Revue Num.y 1844, et Introd, aux vases peints, 1845, p. 87, note), Mommsen [Hist. mon. rom., p. 161, note 2, et Annali Num. de Fiorelli, Rome, 1846, fasc. I), Friedlànder {Osk. Mûnz., 1850, p. 28-33) attribuèrent ces monnaies à Puteoli, Lenormant, écartant « V explication tentée après coup » par Strabon (V, p. 245) et donnant cours à sa fantaisie, bâtissait hypothèses sur hypothèses : c les restes de la population hellénique de Cumes, transportés à Dicaearchia, étaient réduits à fabriquer pour les Samnites, leurs nouveaux maîtres, des pièces au nom de Phistelia, nom sous lequel les Osques paraissent avoir désigné Dicaearchia, et qui devint le Poteoli des Latins. Mommsen faisait observer que Puteoli et ^VMT^IS ou Tabl. ^IV^T^IS étaient également des formes plurielles de la 2* dé-

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clinaisoQ. Tous ces auteurs indiquaient les points de contact avec les villes du golfe de Naples, surtout avec Gumes et Naples.

Cependant Gavedoni, dans la réimpression des planches de Garelli, conservait Tattribution de celui-ci au Samnium, basée surtout sur les notes de provenance recueillies par ce collectionneur perspicace. Gette provenance ne peut plus être mise en doute, et Millingen {Cùnstd,^ p. 199) et Garrucci {0. C, p. 94) avançaient sans connaissance de cause que les monnaies de Fistelia se trouvent en Campanie. C'est le commerce des antiquaires qui les apporte à Naples; mais leur provenance habituelle est le Samnium ou Textréme limite campanienne vers les pays des Caudiniens et des Hirpins. ^

L'attribution au Samnium, peu à peu, commença à faire des adeptes. Minervini (Bull. ArcL Nap,. N. S., 111, 130) publiait le résultat des fouilles pratiquées dans une nécropole à Campo Laurelli, près de Gampobasso, où les pièces de Fistelia étaient en abondance; il proposait de placer à cet endroit la Furfulae mentionnée par Tite-Live (XXIV, 20) et dont les manuscrits donnent de si diverses transcriptions : Filulae, Fugifulae^ FuifuloCy Fursulae, Fuisulae, Fulsulae, De Pelra [Condiz. délie cittâ itaL, p. 86) se rangea à cette hypothèse. Fabretti (C. /. 7., 1867) ne savait pas choisir entre la Campanie et le Samnium : dans l'introd. à p. ccLXiv il donne ces monnaies au Samnium ; dans le Glossarium, au nom ^IV^T^IS* il écrit : in nummo SamniticOy et au nom <t>IZTEAIAf i^ nummo argenteo qui pertinet ad Puteolos. L. Sambon se laissa séduire par l'attribution à Puteoli; mais il savait parfaitement que les monnaies de Fistelia ne se trouvaient jamais à Pouzzoles et rarement en Campanie; il cherchait l'explication de cette provenance dans les faits suivants : a Quant à la provenance samnite des monnaies de Phistelia, elle peut être aussi expliquée par les révolutions dont la Campanie fut le théâtre pendant le quatrième siècle avant notre ère. Les Samnites obligés de fuir de» vant les légions romaines ne manquèrent pas d'emporter dans leurs montagnes toutes les choses précieuses dont ils étaient en possession.

En 1878, la question fut reprise en faveur du Samnium par von Duhn {Bull. Jnst.y 1878, p. 31), qui avait eu occasion d'assister aux fouilles de la nécropole de Piedimonte d'Alife dont étaient sorties en grande abondaçce les oboles de Fistelia. Il avait aussi

1. Millingen {Ane. coins, p. 7) a signalé une trouvaille de 700 oboles de Fistelia et d'Âllifae ; mais malheureusement il n'indique pas la localité.

FISTELIA

examiné la collection du chanoine Pacelli de Telese renfermant

plus de 50 monnaies de Fistelia trouvées toutes dans la localité

même, et avait eu connaissance d'un manuscrit du siècle passé : \

Histoire de Telese par Petrucci, donnant des indications précieuses

sur des trouvailles de monnaies dans les environs de Telese.

Petrucci pensait que la Fuisulae de Tite-Live se trouvait dans le

Samnium Gaudinien, sur l'emplacement de la moderne Faicchio,

non loin de Telese (Cfr. Trutta, Ant. Allifane, p. 26f. — Corcia,

Storia délie due Sicilie^ t. I, 14).

H. Dressel donna plus tard, en 1884, une notice complète des monnaies trouvées à Piedimonte d'Alife, s*efforçant de démontrer que les monnaies de Fistelia ne peuvent avoir été frappées ni dans le centre du Samnium, ni dans une ville du golfe de Naples; et que le choix des types ne peut nilllement être invoqué comme preuve que la ville était située près de la mer; mais il ne se prononça pas définitivement, et dans le Catalogue du Musée de Berlin (111, 1, p. 95-1894) il les classa encore à la Gampanie. Garrucci, en 1^85, se rangea à la première hypothèse d'Avellino, attribuant ces monnaies à Plistia^ près de Saticola; il fit observer que dans les éditions romaine et parmesane de Tite-Live, parues en 1472 le nom est écrit : Philistia.

De cette investigation il ressort :

1"" Que les monnaies de Fistelia ont été trouvées en nombre considérable dans le Samnium : à Alife, dans les environs de Telese, près de Gampobasso; les fouilles de Piedimonte d'Alife et la collection Pacelli de Telese, composée exclusivement de pièces recueillies dans la région, donnèrent des séries presque complètes des différents types et toutes les variétés les plus rares; c'est de la nécropole d'Âllifae que provient le quart d'obole ât la légende yUS\\$9 jusqu'ici unique (1).

2"" Les inscriptions bilingues sont en faveur de l'attribution à une ville située sur la limite du Samnium vers la Gampanie. Il est à remarquer que, tandis que les Samnites établis en Gampanie écrivaient toujours à cette époque les légendes de leurs monnaies en caractères grecs, les habitants de Fistelia le font rarement et

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seulement, à côté de la légende osque, sur des oboles destinées au menu commerce régional. Leur objectif commercial est donc plutôt lé Samnium même que la Campanie, car je ne pense pas que l'emploi officiel de l'osque en Gampanie soit aussi ancien qu'on Ta prétendu.

3* Le monnayage de Fistelia est le seul qui nous ait conservé la véritable physionomie de l'art sabellique.

4*^ Les monnaies de Fistelia ne se trouvent pas dans le voisinage de Pouzzoles ou de Cumes.

Le plus grand nombre des monnaies de Fistelia ont d'un côté un masque viril à courte chevelure, de travail sommaire, et de l'autre un dauphin, un grain d'orge et une moule; mais d'autres monnaies offrent des types que nous retrouvons dans le monnayage de la Gampanie : la tête de Pallas de face telle que nous la voyons sur des as à la légende ROMA et sur les stèles osques j

de Gapoue, la tête de Pallas et la protomé du taureau androcé- j

phale calquées sur les monnaies de Neapolis. Deux rares monnaies nous montrent une tête virile accostée de l'inscription Vn^ll^ (1) (rétrograde). G'est un nom de magistrat essentiellement osque zrOpsîus (C. /. L,, iX et X).

i. Zvetaieff, Sylloge inscr. oscarum^ n. 55 upsim = Opsiorum, Cfr. H. Dressel, *

Numism. Beitrâge aus dem Grabfelde bei Piedimonte d^Alife, 1884, p. 9.

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MONNAIES D'ARGENT

(vers 380—350 av. J.-C).

826. — Tête de Nymphe presque de face, la chevelure ornée de Vampyx et en partie flottante autour du visage. (Imitation de la monnaie napolitaine, n** 335.) 1^ «^1 V^T^IS. Taureau androcéphale (tête de profil) marchant

à g. ; base formée par deux lignes.

Didrachme (joli style). jÇL* «/«-s (Pi. ly). 60—150.

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