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Le Monele romano-campané^ p

382 GAPOUE

Le moDDayage de Capoue est très instructif au point de vue des croyances et des légendes du peuple Campanien. Il y a là un curieux mélange d'éléments étrusques, italiotes et osques. Les pièces qui font allusion au culte de Jupiter et de Junon sont fort nombreuses : dextans avec les bustes accolés de Jupiter et de Junon, et au ^ Jupiter dans un quadrige, lançant la foudre; quadrunx avec la tête de Jupiter et le foudre ailé; octobole d'argent et le Hunx avec la tète de Jupiter (type d'un revers : aigle menaçante, les ailes éployées, le foudre dans les serres). La tête de Jupiter se trouve aussi sur des pièces dont le revers met en évidence la déesse nationale des Campaniens, la Diane de Tifala. Le culte de Jupiter devait donc être fort répandu à Capoue, et Raoul Rochette(l) s'est efforcé de démontrer qu'il y avait à Capoue un temple de Jupiter Capitolin, avant l'époque impériale. Nous savons que les matériaux du temple de Jupiter Tifatin, au pied du mont Tifata, servirent pour la construction de Tabbaye de S. Pietro, de l'ordre de Mont-Carpin, dans le village de Piedimonte, près de la ville actuelle de Caserte. Mais le plus beau temple de la région était celui de la déesse nationale, Diane Tifatine, et une monnaie assez commune nous montre le buste de la déesse et un sanglier affolé. Des plaques votives en terre cuite, recueillies près du sanctuaire, représentent cette divinité sur un cerf.

Une série de petites monnaies semble réclamer pour Capoue un héros fondateur d'origine phrygienne. Ces monnaies représentent probablement Télèphe roi de Mysie, fils d'Hercule et d'Augé et père de Tyrrhenus et de Tarchon, le mythique fondateur de Tarquinii (2); et on a proposé d'y voir une légende étrusque (3). On sait que Lycophron fait allusion à l'alliance des fils de Télèphe avec Enée; aussi est-ce par cette légende que Minervini voudrait expliquer le célèbre type de l'alliance et du serment sur une truie sacrifiée; mais la présence de ce même type, sur des monnaies portant la légende ROMA et sur les deniers de la guerre sociale, prouve qu'il faut y voir une allusion à des événements contempo-

i. Fouilles de Capoue ^ p. il.

3. SchoL Lycophron, V, 1242-4249; Philoêlrat, Heroïc,, c. ii, n. 18. 3. Avellino, Bull, Arck, Nap,, II, 11-12; Raoal-Rochette, Fouilles de Capoue^ p. 94; L. Sambon, Rech.y p. 171.

rains. C'est l'emblème du foedus œquum accordé par Rome aux Cam panions.

Une petite monnaie, fort rare, a d'un côté la tète d'Hercule et au revers Cerbère tricéphale. Raoul- Roche tte y voit une allusion à l'oracle des morts, le vexpoiAavTeTov ou Kep6épiov de Cumes, tout comme, sur une monnaie d'une ville d'Epire, le Cerbère désigne l'oracle des morts d'Aorne. De nombreux vases apuliens et campaniens de la fin du iv« siècle, ou du commencement du m®, représentent avec les mêmes détails Hercule entraînant Cerbère hors de la demeure de Pluton (1). Ces types de scènes infernales font probablement allusion aux mystères de Samothrace, importés dans ces régions.

Sur une autre monnaie on voit, d'un côté une tête de Panisque — c'est peut-être le dieu local du mont Tifatin — de l'autre, un sanglier; sur d'autres est gravé un éléphant, qui fait penser au passage de Pausanias(2) mentionnant une tête d'éléphant qu'il avait vu dans le temple de Diane, près de Capoue.

Un rare teruncius nous montre d'ua côté le buste de Cérès, de l'autre, un taureau. Il est tout naturel que la ville aux riches moissons ait eu un culte fervent pour Cérès, et de nombreuses inscriptions en font foi (3).

Parmi les monnaies portant l'image d'Hercule — l'Hercule imberbe des Ioniens — il y en a une qui offre au revers un lion tenant de la patte gauche levée, un dard qu'il brise entre ses crocs. Un type analogue se voit sur les monnaies d'Âmyntas III, roi de Macédoine, sur celles de Velia, et sur des monnaies d'Apulie de basse époque; les monnaies de Panticapée portent un griffon et puis un lion brisant une lance. Un as campanien du m* siècle a une tête de lion vue de face, une javeline entre les crocs. Plutarque décrit un type pareil, le Aéwv ÇifT^piQç gravé sur l'anneau de Pompée et ce type se trouve aussi sur une cornaline gravée du Cabinet de France.

i, Reinacb, Rép,, 1, p. 108, 167, 258, 401, 455.

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