‹ Les monnaies antiques de l'ItalieChapitre 355 sur 362 · OU ROMA · texte numérisé non relu

OU ROMA

On attribue généralement à la Campanie la plupart des monnaies portant les légendes ROMA ou ROMANOi et quelques auteurs voudraient môme concentrer presque tout ce monnayage à Capoue, étant donnée la grande importance de cette ville sous la domination romaine; mais le style des pièces est trop variable pour permettre une classification aussi commode. D'autres numismates considèrent ces monnaies comme appartenant à des émissions militaires, frappées, par-ci par-là, au- gré des événements, pour la répartition du butin. Les généraux romains, guerroyant en Campanie, auraient employé à cet effet les ateliers monétaires des villes occupées par leurs armées. Cette hypothèse, très ingénieuse, a recueilli de nombreuses adhésions, mais elle nous semble inacceptable.

A notre avis, c'est méconnaître l'esprit organisateur des Romains que de s'arrêter à une telle hypothèse. Nous avons vu que les Sammites-Campaniens, en bien des choses précurseurs des Romains, avaient, entre 380 et 326, établi une convention monétaire qui devait habituer le Samnium, la Campanie et TApulie à une monnaie de poids et de types identiques; le commerce y trouvait un grand avantage et cela s'était fait sans nulle contrainte. Les Romains, vers 300-280 environ, suivirent cet exemple, en cherchant à retendre sur une plus vaste échelle, et essayèrent de régler le commerce des villes occupées ou alliées par une monnaie basée sur le système campanien, et mise dans un rapport précis avec les monnaies coulées de bronze du Latium. Ces monnaies devaient avoir cours aux mêmes conditions que celles des villes

1. Voyez pour ce monnayage : Babelon, Desct*. hist. et chronol, des monnaies de la République romaine, Paris, 1885-1886 et Bahrfeldt, Le monete romano-cam^ pane, Riv. //. di Num., Milan, 1899.

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alliées» auxquelles Rome avait concédé ou confirmé le droit monétaire; mais elles entravaient singulièrement l'extension commerciale du monnayage italiote.

La grande abondance des monnaies à la légende ROMANO ou ROMA (a populo romano ou a Roma) (1) montre suffisamment rimportance de cette première tentative; elle reçut une forme encore plus précise» quand, à partir de 268 av. J.-C, lors de Tapparîtion du denier, on frappa, pour le commerce italiote, des didrachmes et des drachmes d'un type unique^ et on fit peu à peu cesser la frappe de la monnaie autonome d'argent dans presque tous les ateliers monétaires encore ouverts en Italie.

L'attribution en masse de ces monnaies à Capoue a graduellement pris consistance sans qu'elle fût étayée par des preuves; même récemment Haeberlin a pensé que les Romains eurent, à la fin du IV» siècle, deux ateliers, l'un à Rome, pour la frappe du bronze, l'autre à Capoue, pour la frappe de Targent. La supposition de Mommsen que Capoue, dès l'an 318, aurait été placée sous la juridiction de préfets envoyés de Home, pouvait donner à cette hypothèse un semblant de vérité; mais l'établissement des préfets à cette époque est aujourd'hui révoqué en doute et le fait que Capoue était alors une des villes les plus riches de la Campanie, n'entraine pas pour conséquence la frappe des pièces à la légende ROMANO* Les monnaies de Capoue à légende osqué, d'un style sec et d'une technique toute spéciale, totalement, différente de celle des monnaies à la légende ROMANO» appartiennent aux années 268-211 av. J.-C. ; elles offrent un seul rapprochement important avec la monnaie à la légende ROMA; (:*est le type du dextans calqué sur le quadrigatus frappé après 268 av. J.-C.

En outre, le monnayage en argent et en bronze à la légende ROMANO ou ROMA> doit être divisé en plusieurs séries qui offrent entre elles des diversités de style et de fabrication très sensibles.

Je crois donc utile de remettre la question en suspens, car l'attribution à Capoue n'est qu'un pis aller. Voici quelques considérations nouvelles :

l^' Les didrachmes au type de la tète barbue de Mars et du buste de cheval, de même que les bronzes au type de la tête

1. A rapprocher des inscriptions : a populo Suessano^ a populo Calenot a Tiano,

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