‹ Les Monnaies d'AthènesChapitre 59 sur 114 · DIX- HUITIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

DIX- HUITIÈME SÉRIE

fies lettres qui suivent sont placées non sur l'amphore, mais sous le nom de magistrat, nOAY, qui est à gauche de la chouette :

B Musée Hunier p. 54, n* 85).

E Turin; collection tir M. de Timoni, à Vienne.

H Musée Hunier, pièce fourrée [ Ibid n° 86).

O M. tic Lago) ; railleur.

M M. de Lagoy ; M. de Timoni.

MP l^hinel de Paris i Mionnet, n® i65;.

Sans $i nies : Musée britannique; Turin; Munit li; Vinslerdani.

Voilà des anomalies sans exemple dans la numismatique d'Athènes : il me reste à en signaler de plus singulières encore sur un certain nombre de tétradrachmes. Ces tétraurachmes portent sur l’amphore non-seulement plusieurs lettres, mais parfois des lettres rétrogrades.

APA M. de Prokcsch.

4>X Musée britannique.

ME (Lopenluigiic.

C$ ou €<$>, Copenhague.

Je ne puis expliquer cette confusion, même en supposant qu'on a gravé les

LES SÊIliES A MONOGRAMMES.

IKf

marques d’atelier à la place du chiffre des troisièmes magistrats, et que le chiffre, c'est-à-dire la lettre qui appartient au s troisièmes magistrats est posée dans le champ à gauche, auprès du pieil de l’amphore. Cela est possible pour la lettre des magistrats, mais assurément A PA et 4>» ressemblent peu à des marques d’atelier : pour les reconnaître telles, il faudrait lire APPet <J>2.

Il n'y a plus de trace de monogrammes qu'à la fin du nom de droite TIM : autour «le la lettre M sont groupées toutes les lettres nécessaires pour former APXIAHZ [TIMAPXIAHEJ. Cependant on peut regarder comme un reste de monogramme l’O du nom de gauche nOAY[XAPHSI «|ui est quelquefois attaché au n , mais de façon à demeurer très-distinct.

La palme passée derrière la chouette est tout à fait remarquable. Klle t‘st passée de même derrière l'aigle des Ptolémées sur les bronzes qu’ils firent frapper à Paphos, dans l’ile de Cypre, : je parle des bronzes qui appartiennent à la deuxième ère ;i). I ,es pièces frappées à Tyr sous Alexandre I" Bala , sons Démétrius II Nicator, sous Cléopâtre et Antiochus'VIII , offrent la même particularité. Celles de Cléo|>àtre et d’Antiochus VIII sont surtout remarquables, à cause de l'alliance entre la Syrie et l’Egypte que ce mariage consacrait. Fau(-i! voir là une influence égyptienne? Faut -il croire qu'à Athènes, comme à Tyr, on essaya de rappeler, par l'addition d’un ornement distinctif, quelque rapport politupie avec l’Égypte? les bienfaits de Ptolémée I" Sôter, les cent talents d’argent qu’il envoya aux Athéniens par l'entremise de Démocharès, neveu de Démosthène, au commencement du troisième siècle, justifieraient cet hommage. J'ai déjà parlé «le la statue qui lui fut élevée par le peuple athénien (a).

D’antre jiart, si l'on considère les bronzes qui nous montrent la même palme passée derrière l’amphore panathénaique (3), on sera tenté de ne soir dans ce symbole rien de plus que la palme des vainqueurs dans les jeux, unie au vase qu'ils recevaient comme récompense. Mais il ne faut point oublier «pie la monnaie de cuivre était destinée à un usage local, tandis que les tetradrachmes d’argent étaient destinés à l’exportation : le tétradraclime seul pouvait donc porter l'allusion politique, tandis que la monnaie de bronze aurait retracé les fêtes politiques et religieuses du pays.

(I) F. Lr norman t, Memotre ntr Us monnaie* de* La^i- (2) Kaua., I» B.

dot, pl. II, f. 4. (J) Voye* p. 7B.

(le n’cst point la palme, c'est la façon dont elle est disposée qui constitue mi rapprochement qui est peut-être tout fortuit.

Thésée avait le premier, en instituant des jeux à Délos, voulu que les vainqueurs reçussent une branche de palmier fi), dont le bois ne cède jamais tant il est dur, et garde un feuillage toujours vert. Plutarque a écrit sur ce sujet toute une dissertation pleine de subtilités (a). I-es Lacédémouietis adoptèrent à leur tour l'usage de la palme qu'ils appelaient stirir, nom oriental sans doute (3).

I, 'usage de donner aux vainqueurs une feuille de palmier ayant été introduit par Thésée, le protégé de Minerve, la palme peut avoir été pour «■ette raison consacrée à Minerve. Comme d'ailleurs Minerve est déesse rie la Victoire, elle devient, sous cette forme, la divinité à laquelle un symbole de victoire appartient le plus naturellement. Souvent, en effet, la Victoire, personnage allégorique qui fut détaché de Minerve . tient une palme à la main.

UIX-NEl MEME SKKIE.

T £P Mtttéc Hunier p. il n° 3 -

r tlE Et non T|T Ibid., ti" 36 ,

Sur Ira lélradraclmie» qui suivent, lu lettre d'amphore est e flâne

AN M de Prokrach ; M. l<eake ( Helien . numism., p.

AP Musée Thorwaldsen (Cf. le Catalogue tle M. Muller, p. (kj).

(i;, Plut, Vie de Tbate, XXI. bmi servi r upitilk wmmauilff, rentier; O. SjMrhnm,

;;i) SfmpM., lib.VIII, qiurvt. IV. de PrxUanfla tt otilqvonm , etc . ;

(1) Ht*Tchiu», Aéiumc. I.’hê’ p. 33*. lufi root vxçun* w*rait-il dan* le mém« c«*?

les si; mi: s a monogrammes.

un

EP Vienne (Cf. Eekhel, Calai. Mus. Cvsar. I intlub., p. lia, n® 3o); I m Haye.

A Turin .

S<(>AI Mus* Hunier {Ibid., n “ 38).

Sans aigles, au Musée de l'Ermitage.

A peine si l'on peut dire que eette série appartienne encore au système des monogrammes. Elle en indique le terme, car il n’y a que I A inscrit dans le TT qui la rattache aux séries précédentes. ATT peut être le commencement de bien des noms; Afl peut donner AHPOOEOZ ou AHZIOEOZ: quant à AYZI , ou peut supposer l.ysias , Lysippe , l.ysicrate, Lysimaque, Lysithidès, Lysiclès.

I.e demi-cheval rappelle tout à fait la monnaie d’Orthia en Élide que M. de Longpérier a publiée, et que j’ai citée déjà à la page ao. Je ne répéterai point ce que j'ai dit alors sur le mythe du cheval et ses rapports avec Minerve. J’ajouterai seulement, d'après les inscriptions (i) , qu'un petit cheval, en or ou en argent doré, si je ne nie trompe, avait été consacré dans le Parthénon.

Un autre rapprochement numismatique qui mérite quelque attention . c’est la ressemblance de ce symbole, de sa disposition, de son mouvement avec les monnaies des Séleueides. I«e demi-cheval s’y voit aussi (a), et rappelle le cheval qui avait sauvé Séleueus vaincu de la poursuite d’Antigone. Par reconnaissance, Séleueus dédia plus tard une tète de cheval en marbre auprès du fleuve Oronte (.3). Quelquefois la tète du cheval est ornée de cornes, afin de rappeler en même temps l'héroïsme de Séleueus, selon la conjecture ingénieuse de Visconti{4). Alexandre offrait un jour un sacriÛce; le taureau amené devant l'autel s’était échappé furieux: Séleueus le saisit par les cornes et l’arrêta.

On sait que les Athéniens avaient élevé une statue de bronzé à Séleueus devant le Pœcile : cette statue était placée à côté de celle de Solon (r>). Bryaxis et Aristodème, élèves de l.ysippe, avaient exécuté plusieurs statues représentant Séleueus (6) : on ignore si celle qu'élevèrent les Athéniens était l’œuvre d’un de ces deux sculpteurs. Un tel honneur indique des bienfaits dont l'histoire ne nous a point conservé la mémoire, mais qui ont pu être

(1) Aattgabc, Anlu] Viles fitUntiquci, l. I, p. 123

(2) Erklit-I , IMxtr num ctt., III, p. 211.

(3) Malalati, p. 292.

(I) IconograpAif grtcqut, t III,' p. 3?0.

(3) Pau*., I, tfl.

(fi) Pline, M. .V. XXXIV, g i», n- |J cl 2fl.

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rappelés egalement sur la monnaie; seulement l'allusion se raehe toujours sous les symboles nationaux, et elle est subordonnée aux traditions religieuses qui doivent toutes se rattacher, de près ou de loin, au culte de Minerve.

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