SIS
pour ne pas attirer l'attention. C'est la proue des monnaies romaines, qui leur faisait donner par les Latins le nom dernli/ex. Les contours, les globules qui en marquent l'aréte, une certaine grossièreté même, tout rappelle les as romains , et ce n'est point sans raison que les Athéniens ont copié ce type étranger. Parmi les personnages romains qui ont joué un rôle dans l’histoire d’Athènes, il n’en est point qui soit plus illustre et ait été accueilli avec plus d’enthousiasme que le triumvir Marc-Antoine. Il commença par donner aux Athéniens Kgine, leos, Céos, Sciathos, Péparèthe, et ce fut à Athènes qu’il célébra, par des fêtes et des largesses magnifiques, la victoire de son lieutenant Ventidius sur les Partîtes. Aussi, après l'avoir surnommé Philathénœtts , l'nmi des Athéniens, le peuple le proelama-t-il un autre Bacchus, en 3g; le nouveau dieu fut fiancé à Minerve Poliade, et des statues colossales lui furent consacrées (i). Plus tard, (tendant l’hiver de l’an 3a, Antoine habitait Athènes avec Cléopâtre, et de doubles honneurs rendus à ces maîtres de l’Orient appelaient de doubles bienfaits. Or les monnaies d' Antoine portent souvent sur le revers une galère avec ses voiles et ses rames, et déjàPaciaudi prétendait qu’ Antoine mettait un vaisseau sur sa monnaie (tour plaire à Cléopâtre, dont les flottes devaient cruellement le trahir (2). Ce rapprochement n’a rien d'assez précis pour expliquer les tétraih arhmes de la présente série , mais je proposerai une conjecture qui me parait avoir plus de vraisemblance et une portée historique |>lus grande.
f.orsquc Antoine voulut célébrer son triomphe et prendre le titre de consul, il n’osa point violer ouvertement les institutions romaines, qui 11e permettaient pas de triompher et d'inaugurer le consulat autre part que dans l'enceinte de Rome. Il éluda cette loi en donnant à Alexandrie le nom de Rome, et en s'y décernant aussitôt le consulat et le triomphe. Nous avons des bronzes frappés alors par Antoine à Alexandrie : sur la face il fit mettre une proue romaine, semblable aux proues des as de la république; sur le revers, au milieu d'une couronne, il fit graver l’inscription PflMHX, comme pour consacrer le titre qu’il donnait à la ville des Ptolémées. Une ère fut même fondée, ainsi que l’attestent les lettres A A (que je traduis Ainutê«vro< tlpâtov) ajoutées au nom de Rome. Cet événement, qui promettait à l’Orient les destinées que Constantin lui assura un jour, et qui portait une at-
(I) Plut., lir (T. I »/««<-, XXXIII, XXXIV , Üiun Cmstus, XI.VIII, 3»; Attiré,, l. IV. c, V9,
(2) Hrmanjues philosophiques sur les médaille* «insulaire* du trlumnr Mare -Antoine, Rome, 171? .
teinte st profonde au prestige de la capitale de l'Occident, dut être accueilli avec enthousiasme par les Grecs (i). Athènes, qui lit de si grands sacrifices pour Antoine quand le sénat lui déclara la guerre, et qui épuisa pour lui son trésor, le sang de sa jeunesse, toutes ses ressources, Athènes voulut jieut-être rappeler sur sa monnaie l’ère fondée par Antoine; elle copia exactement la proue des monnaies alexandrines, symbole usurpé par le triumvir, et que de longs siècles avaient consacré sur les monnaies de Rome.
Comment cette proue fut-elle accommodée aux traditions athéniennes et au culte de Minerve.’ F,es bronzes que je rattache à la série de Caraichus etd’Ergoclide nous l’apprennent. Les tétradrachmes sont destinés à l’exportation et les bronzes à la circulation intérieure; il devenait inutile de maintenir au symbole de ces derniers un caractère d’allusion politique. Sur les bronzes reparut la proue grecque, soit qu’on reproduisit le vaisseau de Thémistoele, sur lequel une chouette vint s'abattre au moment du combat (a), soit qu'on préférât la galère sur laquelle Thésée avait ramené les jeunes Athéniens, qui fut soigneusement conservée (3), et même réparée sous Démétrius de Phalère (4), soit enfin qu’on copiât le vaisseau des Panathénées, que Pausanias vit encore auprès de l’Aréopage (5), et qui portait jusqu'au pied de l’Acropole, en glissant à travers les rues, le péplus de Minerve (C). Cette dernière interprétation me parait la plus vraisemblable.
tilüc dfy monument t cCramotpaphufue* , I. 1, p. 2*7 .
(3) Plut-, Vie de Thésée, XXIII.
(4) Maury, Mit. des retiç. de la Grèce, t. Il, p. 54. (4) Paos.,1, 29
(•) Pcllerin (pl. CIV, 4) publie une monnaie de Mélos avec un buste de Minerve monte sur des roetrcs.il faut songerai cette occasion, aux naumachiesqui avaient lieu au cap Suniura k l uccasion des Pan a thèmes
(1) Os hypothèses sont citée» par Eckhel (IV, p. 4*).
(2) Plut., tic de Thdmutocte, XII. Le Palladium, équivalent de la ciiouetle, décorait parfois la proue d« vaisseaux (Aristopli., 4 rharn.,\. .‘,46,1e sculiasto. Cf. Mil lin. Description des tombeaux de Pampti, p. pi», pl. VII, 1 et 4.) Minerve avait enseigné aux hommes l'art de la navigation : Pseudo-Orph., Arptwuni/., 67, ssq.; Txttxes, ad L^cftphron. Cassandr 359; llygin , Pabtd., 277;
K A EO$ A NHÏ EniGETHÏ
K AEO<t> ANNE EniOETHE
K Collection de M . Buiihury.
K Al Musce Hunter (p. va, n‘>6o),
K EY Munich.
EY Musée britannique .
K En Musée britannique.
M lï! Cabinet île Gotha. Il y a un N sur l'amphore, grave sans doute par erreur.
1X1 Musée Hunier (n° Gij. Cari Combe a vu sur l'amphore un luonograiume composé des deos lettres H et B.
Sans sigles, à la Haye,
l,e symbole que l’on voit à droite delà chouette est une représentation rare et propre à embarrasser au premier coup d’œil. Taylor Combe est le seul qui soit entré dans la voie des interprétations justes lorqn'il a cru reconnaître sur les tétradraebmes le pépins de Minerve (i). O n’est point le pépins, mais c'est également un vêtement de divinité. Iæ pépins était destiné a une statue de bois, à la statue de Minerve Poliade; il ne pouvait donc avoir une forme conique. Pour le porter à la déesse, on l'attachait à la galère panathénaïqnc en guise de voile, au lieu de le plier et de le retenir par des nœuds.
(t) .Vus, brif., p. 13*, o“ a3- Minerve, recevut le ttre sur un vue peint trouvé à Videi (Gerfa«ü, Annale* peplu*,e*t reprmntée 8 or U nr monnaie deTèfçee et peut- de rin*ntuf archéologique de Rome, t NI, p. tï3,}
LES MONNAIES U ATHÈJiES.
il H
(les nœuds, ces plis, cette forme conique rappellent beaucoup plus les pierres habillées, les béty/es des anciens. Je n’ai point Lrappeler ici les origines orientales du bétyle(i), ni à citer tous les liétyles de l'antiquité, depuis la pierre entourée de langes que Rhéa donna à dévorer à Saturne, jusqu'au bétyle de Diane que l’on adorait à Sicyone (a). Je ne ferai même que mentionner, à cause de la différence des temps , le bétyle d’Emise, que M. I icnonnant a reconnu sur un denier d’or de l’empereur U canins Antoninus 1). Seulement, je renverrai nu savant Mémoire de M. la-normant, qui contient lesdétails les plus curieux sur les pierres habillées et sur les transformations successives du bétyle (4). M. Gerhard a publié aussi un certain nombre de monuments analogues (fi), d'abord des idoles informes qui rappellent les pierres tomliées du ciel et habillées par les prêtres, puis des statues déformé conique auxquelles une tête semble ajoutée. En général les vêtements sont disposés autour de la pierre de façon à la dissimuler et à faire croire il une forme humaine cachée sous un manteau. De là le mot de DamasciUS : BaîvAovî. Tôt; ipaTtoiç xpuirrtîpeirvf (6).
Sur la monnaie d’Athènes, la pierre et sa forme sont bien sensibles sous les draperies qui l’encadrent de leur couche. Un noeud formé au sommet retient tout le vêtement et l'empêche de glisser. Certains détails qu’il m'est impossible d’apprécier, tant ils sont vagues, paraissent figurés au centre de l'ajustement. Enfin, des appendices qui paraissent suspendus au bas de la pierre m’ont fait penser au xt*u, emblème caractéristique du sexe (7) ; mais je ne crois pas devoir m'appesantir sur ce sujet. Maintenant, quelle pierre les Athéniens ont-ils voulu représenter sur leurs tétradrachmes? Je ne doute point que ce ne soit la célèbre pierre de Pessinontc, la plus ancienne image de Cylièle, touillée du ciel (8). lai Mère des dieux était à Athènes en trèsgrande vénération: de bonne heure (9) le Métroüm, sanctuaire de la déesse phry gienne, fut un monument révéré où l'on déposa les archives de l’Etat, et
(I) Ollfr. Mûllcr. Handfmcft drr irchdnl., g 3*3.
•7 licrhard, I , p 3*0. Cf. Wjf/jrr&orrtwA-ro-
mucken Shuiten , II, 303.
<3) Arme numismatique, I»i0, p. 355. Cf. Eckhel, fJor/r. n i/m. W/.,Vll,p. 330.
(4) Notamment i 1a page 373.
(b) Mémoire* de l'Académie des Science* de fier lin; <»’•#. p. 430. On peut comparer aussi l'àpyctÀo; de Delphes, rnu sert de non réseau et de w* ornement».
(*) Ap. Pkbiinm, p. .Tilt, L'habille ment est plus complet et plu» Abondant sur une monnaie de U ville de iuliaGonlu» en Lydie (Seslini, Lelt. VI, 2, il).
(7) Cf. Muter*. Die phctnizAer, p. 39, et Falcone! . Mem. dê VAcad. de * tHscript., t. XXII!» P- 2*3.
(8) Arnobe décrit cette pierre (VI, 1 1, et VII, VB) .
(9) M- Preller fait remonter au temps de» Piaiatratidc» Pinstit talion du culte de Cybele (Mytkal.. t. I, p. 410). Cf. Julien, Dr. V, au commencement: Poilus. III, 1 1
KAEO<$>ANHÏ EniOETHS , 319
où Phidias exécuta un de ses chefs-d’œuvre (i). l.es Athéniens devaient donc avoir pour la pierre de Pessinonte un respect particulier, et, lorsque les rois de Pergame, leurs alliés et leurs bienfaiteurs (a) se mirent à enrichir et à orner le temple de Pessinonte, il serait possible qu'ils eussent voulu rappeler sur leurs tétradrachmes ees pieuses magnificences. Cependant, je crois plutôt que la série de Cléophane et d’Ëpithétès fut frappée à l'époque où la pierre de Pessinonte fut transportée à Rouir. Pendant la seconde guerre punique, les Romains obtinrent de l'amitié des rois de Pergame ce simulacre révéré, gage de salut et de victoire. Je suppose que ce fut dans tout l’Orient une grande émotion, lorsque la pierre sacrée quitta la Phrygie pour aller occuper le temple du Palatin, et ce voyage mémorable peut avoir été rappelé sur les monnaies d'Athènes.
Kst-il nécessaire de montrer le lien qui unit Minerve à Cybele ? Il est si frappant, surtout à Athènes, que M. Lenonnant identifie Cybèle, Fortune des villes, et Minerve, Fortune d’Athènes, regardant comme équivalents le Palladium et la pierre de Pessinonte, tombés tous deuxdu ciel (3). M.Oerhard va plus loin encore, lorsqu'il considère la Mère des Dieux d’Athènes comme une forme de Minerve, et ne voit dans le Métroüm que le siège du culte de Minerve, aver qualité de mère et de conseillère (4).
(1) f'ausaniu, I, 3. (3) HourtUct In/ta/n de r Institut archrtUoçtqut ,
(2) Pau*., I, l; j. 9; I, 21 et 2à; Plutarque, Fie d'A* L J, p. 240, 241 et 24s.
totne, LX ; Tita-Live, XXXI, 14, 1 A ; Polybe, XVI, 35- Ut»e (4) f‘6*r tttu Neiroon cwi Athen, Meinoirr, de l'Aca* tribu aiiique fut nommée AltaMe. du nam d'Attalc. demie dm Science» de Berlin, 1449, p. if. 9 et 473.
3iO
KOlNTOr KA E AZ
ïf>ÏTPA(TOÏ A ATT L'auteur (exemplaire fruste) .
TTAEISTlfAZ 8 AH Cabinet do Paris Mionnet, 1 3a); Musée (te la Propagandc
(à Rome).
AICNYllfOI T Al Musée britannique (Cf. Combe, p. ta6, n* a4)>
l<e nom romain qui ligure au premier rang sur ces tétradrachmes doit appeler avant tout notre attention, car il a dû exercer une grande influence sur le choix du symbole. Je conçois que M. Cavedoni ait songé à Flamininns, le libérateur des Grecs (i) : aucune explication ne serait plus satisfaisante. De même que les Grecs élevèrent un temple à celui qui les proclama libres aux jeux isthmiques, et frappèrent des pièces d'or en son honneur (a), de même les Athéniens auraient mis son nom sur leurs monnaies et l’auraient représenté lui -même couronné par la Victoire. Mais Quinctius ne se traduit pas en grec Kôïvtoc , il s'écrit Kotvxrtst ou Kotvno;. I.es lois sûres de la philologie nous forcent donc d'écarter les souvenirs historiques qui seraient les plus intéressants de tous. M. Cavedoni semble avoir senti luinième cette nécessité, lorsqu'il propose dans une note, à la même page, le nom de Quintus Caecilius Métellus Macédoniens, le vainqueur des
(1) Mrmortr di rel. mor. e lell , Motlt-no, t. V, p. 314. (1) Mionnel, Suppl . t. 1X1, p. 140.
KOINTOI KAEA2
ail
Achéens, <|ui envoya des légats au peuple athénien et le maintint dans l;i fidélité. Je trouve, en elTet, plusieurs généraux ou proconsuls romains qui jouèrent un rôle dans les affaires de la Grèce, et portèrent le prénom de Quintus :
< Joint ns Fit foins Mobt/ior, qui délit les Étoliens et vint dans le Péloponèse pour y régler les affaires des peuples rivaux;
Quintus Marcius P/ii/ippus, qui dissipa la ligue des villes béotiennes ;
Quintus Crecilius Métellus, proconsul de Macédoine, qui battit les Adiécns près de Scarphéia ;
Quintus Fabius, autre proconsul dont nous avons une lettre aux habitants de Dvmé (i).
De ces quatre personnages, Q, Ca-cilius Métellus parait le plus considérable et celui qui a eu les rapports les plus directs avec les Athéniens. Son prénom aurait donc été mis sur les tétradraohmes comme les noms d'Antiochux et de Mithridate y avaient été gravés, par honneur. Je crains, toutefois, que le style des tétradrachmes de eette série ne les fasse juger postérieurs au temps de .Métellus. On pourrait encore supposer qu’un Humain fixé à Athènes avait obtenu le droit de cité et l’accès des charges publiques ; mais l’histoire ne nous présente aucun nom qui autorise cette conjecture.
Des deux figures gravées dans le champ à droite, l’une est facile à reconnaître, c’est la Victoire; l’autre, au contraire, est de nature à embarrasser les interprètes. Son torse est nu, la draperie enveloppe le bas du corps, à la linon du Jupiter Olympien : si la tète était barbue, je n’hésiterais |>oint à reconnaître Jupiter (a). Comme il n’y a point de barbe, fautril nommer Bacclnis, et croire que (Quintus lui a été assimilé, de même que Démétrius Poliorcète et Antoine le triumvir? Ou bien laut-il voir dans ce groupe le (irait i/n peuple romain, le Demos de Rome couronné par la V ictoirePC’est ainsi (pie sur une monnaie de la- famille Cornélia, le Génie du peuple romain est représenté assis, tenant un sceptre et une corne d'abondance, tandis ipie In Victoire vole vers lui pour le couronner (3). Sur les tétradrachmes, le Demos «client pas une corne d’abondance, mais des épis, symbole
I) C. I.G., I. I, ,i* I >13, rf MM, .1903, S. loire.S*», le Mut tr IvarsUf (I. Il, pl. XXVI, fig. 30).
(3 On v*rr* un Jupiter assis et couronne par In Vie- (3; Morvll-, Font, rom.. Il, S.
équivalent; la série suivante, où lions retrouvons le nom de Quintus avec les deux épis, laisse peu de doute sur ce sujet. Par là, les Athéniens auraient voulu rappeler les bienfaits des Romains et de Quintns.
Les habitudes de la plastique grecque n’ont rien qui contredise une semblable hypothèse, léocbarès avait depuis longtemps sculpté le Demos d'Athènes (i), Parrhasius l'avait peint (a), et Byzance avait élevé jadis un aulel au Demos d'Athènes ( 5) , de même que les Athéniens auraient figuré sur leurs monnaies le Demos de Rome. Je n'insisterai point davantage sur une explication que je ne puis établir avec solidité. Je ferai remarquer, en finissant, le rapport naturel et l'allusion qu’on peut saisir entre la Victoire et le nom du second magistrat KX<*s.
KOINTOE XAPIA£
ITAjAIEYE Collection de M. de Prokcscli.
Est-il nécessaire de dire que cette série se rattache à la précédente, par le premier nom et par le symbole? Le second nom, XAPIAÜ, est en harmonie (x*>p», avec les idées d'abondance et de bonheur que représentent les deux épis (4)- Quant au troisième nom, je restitue ïrzîujç, nom qui a été
(I) Paus., 1, I. Un bronze d'Antioche noua montre Alexandre Sévère couronnant U Fortune d'Antioche (Ottfr. Muller, Antiq. An/k»cA., |il. B, fig./J.
(9) Jo citerai arn réserve un monument publié par M. Le Bas (Voyage archéologique rn Grèce, Mon. fig., pi. XXX VH), parce que le mot Sfjpo:,qui se lit au-devu*
d'une personne que Minerve et Hercule semblent exbor- 1er ou couronner a été restitué ’Ax*2t.|»c (Cf. Archaotoyucht Zeitunç, ISià, livraison de septembre].
(3) Dnutwlh., Pro cnronn, p. 2Afi, $ 34.
(4) la série de Dosithéc cl de Charias offre 4e même rapport entre le symbole cl le nom du second magistrat.
KTHII E Y M A
porté par un sculpteur atliénien (i). Sans que nous puissions (lire avec précision de quel personnage Athènes avait reçu des bienfaits et quels étaient ces bienfaits, il n’est |H>int superlln de se rappeler avec quels égards cette ville privilégiée fut toujours traitée par les Humains. Non-seulement le» généraux romains. Pompée, César, Hrutos, Antoine, Auguste, s'attachèrent a captiver l'affection des Athéniens, niais les particuliers eux-mèmes et les magistrats s’efforcèrent d’acheter à tout prix leur faveur. Il arrivait qu'un \ erres enlevât l'or du Partbénon (a), on qu'un Pison commit des exactions (3); mais ces brigandages étaient effacés par les générosités de Poniponius Atticus, qui réparait avec sa fortune les désastres causés par Sylla (4); d Appius Claudius Pulcher, qui faisait ajoutera ses frais un propylée à Eleusis (5) ; de Cicéron lui-même, qui était tant admiré de l’Aréopage, qui se fit initier aux Mystères, et qui habita Athènes pendant six mois (6).
KTHZIjAJÎ EYMA PEIAHE
a np a np
E MENE 2 ME G np
M. Six van Hitlignm (Amsterdam..
Musée Hanter (p. 5a, n° 58).
Empreinte rapporter à Copenhague par Brôndsted. L'auteur.
Milan.
(0 Pausaniai, VI, t.
(2) Cjoero, Actio in l errem teamtlu, I, iT.VtTTn* se rendait Alors en Cilicieavec le proconsul Dolabella.
(3) Cic., lu Puonni », 4o.
(4) Cornélius Nepos, I k d Witus, 1.
(:») Cieero, ad Ulicum, VI, l.
(6) Cic., ad Atlicvm.V, Il ; ad Fa mil., Xllf, I; Plutarque, lie de détroit, XXIV
tel
K TT P Catalogue Norretl (p. 1 3).
A np L'auteur.
M ME Musée Hunier (n° 56).
M nP Musée britannique.
E M<j) Cabinet de Paris (Mionnet, n* 1 35) ; Berlin ; M. «le Prokr&ch ; M . «1«* Ia*»o\ ;
M. lj€ake t H cil. nu/n lî*, p. a3).
EY Pans (Mionnet, n" i33 .
M Ramus (p. i 54» u° 17), sans doute pour ME.
ME Cabinet de Christiauia ; M. de lagoy; M. Lamhros; l’auteur.
TT L'auteur; le TT est très-distinct, et il ne paraît point qu'une lettre ait jamais
• été gravée à côté de lui.
TT P M. Steinla ià Dresde); l'auteur.
Parfois la marque d’atelier, au lieu de se trouver sous l'amphore, est dans le champ à gauche :
La Haye; Berlin (Cf. Pinder, Oie ttnlik. muni. /Us A . Mus p. 5o) qui indique un monogramme; (rut ha (deux exemplaires) ; l'auteur.
Paris (Mionnet, î3/|); Berlin; l’auteur; M. tanibros.
Empreinte rapportée par Brônsdted; M. «le Prokeseli; l'auteur.
L’auteur.
Sans aigles : à Copenhague, à 1 jx Haye, à Gotha.
Il a été question déjà à plusieurs reprises de la \ ictoirç. Je joins aux tétradrachmes un bronze assez singulier parce qu’il nous montre, uni à la Victoire, le char ailé de Gérés ou de Triptolème. O11 pourrait l'approcher re bronze de la série de Qnintns et de Cléas, et se demander si la figure assise n’est pas Triptolème. Je n'ai point osé restituer, comme nom du second magistrat , £>i|ir/o;, «qui cependant aurait donné une allusion excellente (1).
,'f) Cf. «le Witte, Catalogne Hrttgn ot, on 41.
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em<}>
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AEYKIOZ ANTIkPATHÏ
aeykioî: ANTIKPATHE
Al Musée Iiritaniiique ; fauteur.
Un groupe de deux femmes est gravé à droite de la chouette : l’une , vêtue d'une tunique courte,
Mutin l’eau , vr stem rilii' succiiteta Diana;,
tenant lieux flaml>eaux qu’elle penche en avant, s’élance d'un pas rapide; l’antre, portant une seule torche, mais plus longue, et couchée sur sa main gauche, se retourne vers sa compagne : elle marche également , ainsi que l’annonce la pose de ses pieds, sur lesquels tombe une tunique talaire. Il me semble reconnaître dans ce sujet Diane aidant Cérès à chercher sa fille, tradition consacrée par les croyances attiques; et, afin que le sujet prît nu caractère plus local, j’y verrais Diane Propyléennc, à qui les Athéniens élevèrent un temple eu avant du sanctuaire d’Meusis {i).
Il n’est point nécessaire d’expliquer les flambeaux dans la main de Diane. I .es monuments figurés nous la montrent souvent ainsi (a) comme déesse de la lune, et les vases peints ne laissent lieu à aucun doute, car Diane, avec ses noms divers (3), y est représentée tenant deux flambeaux. Les
(1) Pauunias, I, 38. Gerhard. Vastt apulicns du Mtuee de Berlin, pl. XV.
(2) MowveUe galerie mglholog., pl. XLVII el XLVI1I. Annales de rfnstUut archéolog. de Rome, t. I, pl. IV.
(3) Wdcker, Aile Denkmaler, pl. XXIII, fig. 3; Maury, ffi»l. de* religion* de la Grèce ont., I. n. p. 8.
Grecs avaient surnommé la déesse ; les Athéniens lui avaient donné
le surnom plus particulier de ï&miçôpoç (i); Sophocle ne trouvait point une épithète plus poétique quand il l’appelait itepénipot (a). C’était assurément pour rappeler ees idées de lumière que l’on olfrhit à Diane des gâteaux entourés de petits cierges allumés (3). Une monnaie de Pagre, en Attique, nous montre Diane dans un temple distylc et tenant deux flambeaux (/))• De même qu’en Arcadie, où le culte d’Eleusis fut propagé avec tant de fidélité, la statue de Diane llégémoné portait deux torches (5). Bien plus, dans le célèbre temple de Despœna, Diane était figurée à côté de Despoena et de Cérès. Elle avait une torche dans une main , deux serpents dans l’autre: la torche qui avait éclairé les recherches de Cérès et les serpents qui avaient traiué son char (fi).
Nous avons vu plus haut qu’Appius Claudius Pulcher fit ajouter à ses frais un propylée à Eleusis (7). I a1 style de la série de Ireukios et d’Anticrate permettrait de descendre jusqu’à cette époque, et donnerait au groujie de Diane Propyléenne et de Gérés un sens approprié aux circonstances.
I E P N A M. Leake (He/lniica numismata. seconde partie, p. it\).
(I) i*aua,titiA>, I, 31. (*j Streber, .\itmuuutla irg. Bavanx Ub. 2-
<2) Les Trachuutnnes, v. 21*. (4) Pau*., VIII, 36. Cf. (iuigaiaut, Miq. éefc wH|.r
(3) Athénée, XIV, p. 6*i; cf. LoIkh:1 lAjdeophemui., pl. LXXXVII1. 334, a.
U, p. 1062). qui du 4p?icm*?£; iHtfu- Munychiæ (6) Paus., VIII, 37. coQ*ctr»h*nUjr • (7) CÀcsta, ad Altlcum , VI, I.
AYZAN T A A Y KOZ ,'127
M. de Prokesch.
zn
Goltzim (p|. XIV, n° /|).