HENRI DE BORNIER
Pourquoi sont-ils joyeux, soldats et capitaines Que nos regards émus ont vus quitter le port, Qui partirent hier vers les guerres lointaines, Pourquoi sont-ils joyeux en allant à la mort ?
Ils savent que là-bas, sur ce sombre rivage,
La faim, la soif, la fièvre horrible les attend,
Que, s'ils tombent aux mains de l'ennemi sauvage, C’est pour eux le martyre... Ils sont joyeux pourtant !
C'est que tout soldat de la France, Quand la mort plane sur son front, Voit, avec l'œil de l'espérance,
Les héros qui lui survivront :
Humble ouvrier de l'œuvre immense, I1 sème, il prépare, il commence
Ce que d'autres doivent finir,
Et sa main, où frémit l'épée, Travaille à la grande épopée
D'un mystérieux avenir !
Celui qui combat et qui tombe
Pour la France et la liberté,
Un jour, réveillé dans sa tombe, Entendra l'hymne de fierté, L’hymne de guerrière allégresse Qu'à l'heure auguste et vengeresse, Battant du pied leur fier chemin, Chanteront à l'écho sonore
Ceux qui sont aujourd'hui l'aurore Et seront le soleil demain !
Et ous, glorifions ceux qui donnent l'exemple, Ce’x que le moissonneur divin trouve à son gré ; sionorons, vénérons leur tombeau comme un temple, Et soyons prêts comme eux pour le devoir sacré ;
Quel que soit le moment, si dur que soit l'ouvrage, Aimons comme eux la France, et comme eux servons-la, Afin que tous ses fils, dans le calme ou l'orage,
En se frappant le cœur, disent : ‘‘ La France est là!"
en 3 De root
Dai