‹ Les Monologues Lassalle [microforme]Chapitre 23 sur 230 · VAUQUELIN · texte numérisé non relu

VAUQUELIN

ALPHONSK BEAUREGARD.

Sainte-Foye avait lui comme un dernier éclair, Et Lévis retraitait.

Les hauts vaisseaux de mer Accourus pour sauver Murray de la tourmente, Toutes voiles dehors, gagnaient sur l'Atalante Dont Vauquelin couvrait sa flotte de transports. Montréal approchait.

D'un furieux accord, Cent gueules de métal ont déversé leur haine, Et les rives du fleuve et les bois de la plaine, Où palpite une race à son berceau, Vibrent, sous le canon, comme un vivant écho. Deux heures sans répit, courant à la victoire, Les boulets meurtriers suivent leur trajectoire.

Son pont couvert de morts, /’Atalante s’est tu, Et Vauquelin debout, indomptable, têtu, Regarde les sabords des frégates anglaises Qui, dans un ronflement continu de fournaises, Sur son vaisseau désemparé crachent l'enfer.

Le seul cri des blessés répond aux voix de fer. Peu à peu les Anglais stupéfaits du silence,

Voyant toujours flotter, hautains, les lys de France,

Cessent le tir.

—"" Pourquoi, Vauquelin, ne ; :nds-tu

Ce drapeau de combat, si tu te sais vaincu ?

Si tu ne l'es, que tes canons lancent la foudre ! ‘

— ‘Mes canonniers sont morts et je n’ai plus de poudre,

Qu'on vienne le chercher, ce drapeau que je tiens. J'abats le pavillon des autres, pas le mien.’

Page 1