‹ Les Monologues Lassalle [microforme]Chapitre 67 sur 230 · CASIMIR DELAVIGNE · texte numérisé non relu

CASIMIR DELAVIGNE

Parmi des tourbillons de flamme et de fumée, 0 douleur ! quel spectacle à mes yeux vient s'offrir : Le bataillon sacré, seul devant une armée, S'arrête pour mourir.

C’est en vain que, surpris d’une vertu si rare, Les vainqueurs dans leurs mains retiennent le trépas, Fier de le conquérir, il court, il s’en empare : ‘La garde," avait-il dit, ‘‘ meurt et ne se rend pas.”

On dit qu'en les voyant couchés dans la poussière,

D'un respect douloureux, frappé de tant d’exploits, L’'ennemi, i'œil fixé sur leur face guerrière, Les rege: du sans peur pour la première fois.

Les voilà, ces héros si longtemps invincibles !

Ils menacent encore les vainqueurs étonnés.

Glacés par le trépas, que leurs yeux sont terribles !

Que de hauts faits écrits sur leurs fronts sillonnés !

Ils ont bravé les feux du soleil d'Italie;

De la Castille ils ont franchi les monts ;

Et le Nord les a vus marcher sur les glaçons

Dont l'éternel rempart protège la Russie.

Ils avaient tout dompté.... Le destin des combats Leur devait, après tant de gloire,

Ce qu'aux Français naguère il ne refusait pas :

Le bonheur de mourir dans un jour de victoire.

led.

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