‹ Les Monologues Lassalle [microforme]Chapitre 8 sur 230 · NAPOLÉON LEGENDRE · texte numérisé non relu

NAPOLÉON LEGENDRE

Il est midi. La chambre est sombre ; A la fenêtre on a cloué,

Pour donner du frais et de l'ombre, Un grand châle à Carreaux, troué.

Dans un coin, la paupière close, Sur son oreiller de duvet,

Le bébé doucement repose,

Et le chien dort à son chevet.

Alentour, tout se fait tranquille, On n'entend que le vieux coucou, Balançant sa tige mobile, Accroché là-bas à son clou.

À travers les trous du vieux châle, Que son poids fait partout plisser, Un rayon de lumière pâle

De temps en temps vient se glisser.

Dans l'autre chambre, le potage Se met sur la table, fumant :

Le père rentre de l'ouvrage, Joyeux. Mystérieusement,

La mère, le doigt sur la bouche, Par la porte ouverte à demi

Lui montre, dans un coin, la couche Où bébé repose endormi.

Un bras replié sur la tête

Colle au front ses cheveux mouillés ; De la couverture indiscrète,

On voit sortir deux petits pieds.

Eux se regardent en silence,

Tout émus, la main dans la main, Pendant qu’à part soi, chacun pense :

Il aura six mois demain.

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