LE CŒUR D'UNE MÈRE
RATISBONNE
‘Ta pauvre mère est bien malade, Ne fais pas de bruit, mon enfant !
Pas de cris, et pas de gambade !
C'est le docteur qui le défend.’
L'enfant se tait. Dans sa demeure
La mort entre pendant ja nuit ;
Et, quand il se réveille, on pleure, ‘‘ Puis-je à présent faire du bruit ? ’?
De lui se détourne son père ; Puis on l’habille tout de noir.
‘Ah! me voilà bien beau, j'espère !
Je veux voir maman. — Viens la voir.”’
Et, sanglotant, le père emporte
L'enfant étonné, dans ses bras,
Jusqu'en la chambre de la morte.
elle ne bouge pas.
Porte-moi donc sur son lit, père ! ”’ Et lui, dans ses pleurs étouffant, Sur le cœur glacé de Ja mèr Souleva le petit enfant.
‘" Voilà celle dont la tendresse T'a nourri! Regarde-l: bien.
Tu n'au:as plus une caresse !
Hélas ! elle n’entend plus rien ! ’!
Il se trom, ‘it. Le cœur sans vie, Dès que ant chéri fut là, Se remit à battre ; et, ravie,