CHAPITRE IX
liantes qui l’entourent sur sa carte comme un soleil ; ces érosions ont altéré la forme primitive de l’énorme cirquecratère qui en forme le centre, et qui est partagé en deux parties par une haute arête et un pic de phonolithe, le Puy-Griou ;• à l’ouest est le cirque de Mandailles, origine de la vallée de la Jordane; à l’est, un cirque moins accusé, origine de la vallée de la Cère, au fond duquel passe le chemin de fer si pittoresque qui traverse toute la montagne d’Aurillac à Murat, et trouve issue à côté de la route de terre, bien au-dessous de la crête de l’enceinte, par l’étonnant tunnel du Lioran.
Autour de cette gigantesque excavation, qui ne mesure pas moins de dix kilomètres de diamètre , se dressent à pic , comme les dents de sa couronne . des sommets de la même taille que ceux du mont Dore : le Puyde-Chavaroche , le Puy-Mary (1787 m), « la plus belle cime, dit M. de Lanoye , qu’il soit donné à l’homme d’escalader entre la vallée du Rhône et les Pyrénées » ; les Puys du Col-de-Cabre , de Batailleuse, de Vassivière, du Rocher et le Plomb-du-Cantal (1858 m). qui se trouve, après le Puy- de- Sancy, le plus haut point du plateau central.
Le massif du Cantal n'est pas assez connu ; il renferme des beautés naturelles qui ne le cèdent en rien à celles du mont Dore. Les gorges boisées, les eaux bondissantes, les amphithéâtres gigantesques, les escarpements vertigineux, les pics fantastiques, les colonnades basaltiques n’y sont pas moins fréquents; Murat, Thiézac, Vic-les- Bains, Salers sont des centres d’excursions très-recommandables. Il ne manque au Cantal qu’un artiste ou un romancier pour le mettre à la mode.
Le groupe volcanique de la Haute -Loire (Velay et Yivarais) est moins élevé en général que les deux autres;
LES VOLCANS
il est plus étendu, plus varié, peut-être; on ne peut pas dire qu’il le cède aux autres pour la grâce et le pittoresque des sites. Quel visiteur de la ville du Puy, qui en occupe le centre, n’a pas gardé de ce ravissant pays le plus cher souvenir? « Rien ne peut donner une idée de la beauté de ce bassin du Puy », a dit un de nos plus illustres écrivains; « ce n’est pas la Suisse, c’est moins terrible; ce n’est pas l’Italie , c’est plus beau ! »
Au point de vue volcanique, nous trouvons dans ce groupe la variété d’origine et de formes que présentent les environs de Clermont. Les environs du Puy sont surtout basaltiques, la chaîne du Mézenc et du Vivarais surtout trachytique. Mais à travers et par-dessus ces deux formations, comme à la chaîne de l’Auvergne, se sont étalés des produits volcaniques plus récents, formant des cratères souvent enchevêtrés , ravinés , méconnaissables , parsemés d’accidents basaltiques pittoresques, et de dykes étranges. Dans la ville du Puy même se dressent deux dykes célèbres, le rocher Corneille, auquel s’adosse la cathédrale d’une si originale beauté, et que surmonte la statue colossale de Notre-Dame-de-France (fig. 25) et le rocher d’Aiguille , obélisque naturel de 85 ni de hauteur, portant à son sommet une chapelle dédiée à saint Michel (fig. 131).
Dans la banlieue de la ville on trouve la citadelle naturelle qui porte le château de Polignac^ et celle non moins étonnante du château d’Expally, en regard duquel on admire les beaux prismes basaltiques des orgues du même nom. Plus loin, au nord-ouest, est le mont de Bar, avec son cratère si régulier, le seul de ce côté. Si nous allons, au contraire, vers le sud-est, à la suite de la belle cime du Mézenc, point culminant du groupe (1754 m), nous