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CHAPITRE II

France, qu’elle vient d’entreprendre de publier, et par celle du Génie militaire français, pour une belle carte de France au 500,000°, qui se construit en ce moment, et dont nous sommes heureux de pouvoir offrir d’avance à nos lecteurs un spécimen dans notre carte des Vosges, dont les courbes ont été calquées sur elle. Nous saisissons cetle occasion de remercier le capitaine Prudent, chargé de sa construction , de l’obligeance avec laquelle il a bien voulu la mettre à notre disposition.

L’échelle de celle carie a l’avantage d’être métrique , c’est-à-dire qu’on peut y prendre les distances avec un décimètre ordinaire, un millimètre y représentant juste un demi-kilomètre.

Nos cartes de l’Etna et du Vésuve, au chap. ix, sont à cette même échelle, el présentent ce même avantage.

Quand la géographie sera plus populaire, on prendra peut-être le parti de créer l'uniformité des échelles, en faisant toutes les cartes à des échelles décimales, au 20,000e, au 50,000°, au 100,000e, au 200,000e, au 500,000e, au 1 ,000,000e, etc. On y gagnera de pouvoir toujours comparer facilement, sur des cartes d’origine différente, les distances et les grandeurs. Ainsi notre carte des Pyrénées est au 2,000,000e, et celle des Alpes suisses est au 1 ,000,000e; uu centimètre représente dix kilomètres sur celle-ci et vingt sur celle-là.

Les cartes à très-petite échelle, comme nos cartes I, III, IV, V, sont dites géographiques ; on n’y peut qu’indiquer les traits les plus saillants de la configuration d’un pays; elles emploient aussi , pour figurer les montagnes , les hachures dirigées dans le sens de la pente, et d’autant plus grasses que celle-ci est plus prononcée. Mais on tombe

UNE SCIENCE MECONNUE

tout à fait dans l’à-peû-près , et les meilleures cartes ne peuvent s’y soustraire, parce que la première condition de leur existence est le bon marché.

Toutefois il est possible de faire, sans dépenser davantage, beaucoup mieux qu’on n’a l’habitude de faire en France. Avec les procédés actuels de gravure, on peut donner une idée approchée de la forme véritable du sol, en donnant aux massifs montagneux leur vraie largeur et une vigueur d’ombre proportionnée à leur hauteur, en distinguant, par une teinte plate, les plaines basses des plateaux et des hautes vallées, surtout en s’attachant à indiquer à leur vraie place les grandes lignes de faîte d’un côté, et de l’autre les cours d’eau tels qu’ils existent, sans se préoccuper, avant tout, de la théorie du partage des eaux en bassins.

Nous avons essayé de donner l’exemple en même temps que le précepte. Les cartes de ce livre montrent ce que pourraient être, dans les conditions actuelles, les atlas élémentaires destinés à l’enseignement scolaire de la géographie. Mais nous sommes persuadés que l’on fera, dans peu de temps, beaucoup mieux encore, et que, pour tous les pays dont les levés topographiques complets ont été faits et publiés, les cartes par courbes deviendront rapidement d’un usage général , pour les petites comme pour les grandes échelles.

L’effet d’à-peu-près, obtenu par les hachures, sera réservé aux pays dont on n’a pas de levé topographique exact, et qui sont de beaucoup les plus nombreux. Il pourrait bien arriver alors qu’on adoptât le procédé de faire les ombres par des hachures dirigées dans le sens des lignes de niveau, au lieu d’être, comme aujourd’hui , dans le sens des lignes de plus grande pente; on habituerait ainsi l’oeil à l’aspect que donnent les courbes de niveau aux cartes de grande

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