‹ Les monuments antiques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 220 sur 264 · Corpus, Vm · texte numérisé non relu

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5. Ces dimensions phi lût restreintes nous font classer Thagura parmi les forteresses et non parmi les villes fortes.

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COiNSTRUCTIONS DÉFENSIVES DE BASSE ÉPOQUE SI?

douces au levant, sont fort raides à l'ouest et au sud, tandis que le côté nord tombe presque à pic.

Les ingénieurs militaires ont naturellement tenu compte do cette disposition du terrain. Le front oriental, qui était le plus exposé, présentait deux, oupeut-étr^ trois grandes tours. Sur les autres faces, on ne trouve qu'un simjjle romi)art, qui devait même s'interrompre au nord, où il n'était pas nécessaire. Les murs, do construction soignée, ont 2"', 20 d'épaisseur aux courtines.

A l'intérieur, le sol s'élève dans la direction du nord, et, au ])oint culminant, on voit les traces d'un liàtimont rectangulaire, qui a pu être un donjon.

Guelaa Sidi Yahia *. — Aucune inscription ne permetde dater cette forteresse avec certitude, mais elle parait bien être byzantine : le mode de construction rappelle les ouvrages défensifs de l'époque de Justini >n ; des taml)ours de colonnes cannelées, emploj'és dans l;i face orientale, ont été pris dans une ruine romaine.

Située dans une position stratégique très importante, entre Calania, Thibilis et Tipasa, près de la ligne ilo ])artage des eaux de la Medjerda et des affluents de l'oued Clierf, elle occupe le sommet renflé d'un manieli>H, dont les flancs sont à pic au nord et au sud et en })ente raide à l'ouest. La configuration de cette colline a détermine'' la form^ assez irrégulière de l'enceinte, qui mesure 145 mètres de longueur et dont la largeur est variable. A l'est, côté où l'accès était plus facile que partout ailleurs, on a établi nu front de 100 mètres, renforcé par

1. Yigneral, Ruinex romaines du cercle de Guelma, p. 3") et pi. VI. Bernelle, Rec. de Const., XXVII, 1892, p. 63. Robert, ihid.. XXX, 189o-6, p. 119-122, avec deux planches. Gsell, ihid., XXXH. 1898. p. 262-:i. Conf. Diehl, Afr. byz.^ p. 606-7.

(juatre {[grandes tours rectangulaires. La face occidentale, beaucoup moins étendue (50 mètres environ), n'était couverte que par deux tours. La face nord offre une série d:^ cinq fronts parallèles, en retraite les uns sur les autros dans la direction de l'ouest, vi reliés deux à (leux})ar d s rentrants qui leur sont peqjendiculaires ; çà et là, des soutènements i)récèd('nt cette face. Au sud, le rempart est très détruit; cependant, des vestiges de trois tours carrées sont encore reconnaissables. Les murs, assez convenablement bâtis, ont l'",70-l™8Û d'épaisseur aux courtines et 1°", 05-1™, 15 aux tours. L'entrée paraît avoir été au sud-est. On rencontre à l'intérieur des restes de nombreuses constructions, qui peuvent n'être })as très anciennes. Mais nous attribuons à l'époque l)yzantine une sorte de donjon rectantangidaire, qui se distingue très nettement au point le plus élevé du mamelon. Ce bâtiment, dont les parois sont formées de deux rangs de pierres de tailla, mesure 22 mètres de long sur 19 de large. Il surmonte neuf citernes alignées, couvertes do grandes dalles, avec des orifices circulaires.

Mf/aof/rou! h [Madauri). — Une inscription, gravée audessus d.^ la porte principale ', atteste que le ca^tellum de Madaure fut élevé par les soins de Solomon, vers 535'-. Nous en donnons un plan [fig. 164), une vu? intérieure [fi(j . 165) et deux vues extérieures (planches C et C I : lune a été prise de l'est, l'autre du nord). Los murs de la façade orientale '• et d'une bonne partie de la façade septentrionale sont bien con-

1. Corpus, VIII, 46*7 r= 16869. Conf. Diehl, Afr. b//z.. p. 73 et 74, n. 5.

2. Chabassière, Rec. de Consl., X, 186G.pl. V et Vil. \)\e\\\, Nouv. urc/i., p. 344-3uO : pi. VII-XI. Le même, Afr. /j//z., p. l.'il, fig. 4; p. 161-2, fig. 14-15; p. 204, fig. 41 : pi. VII. Le même, Jiislinien, p. 229, fig. 86. Gsell, Rec. de ConsL, XXXII, 1898, p. 281-4.

.3. Nous nous exprimons ainsi pour abréger. En réalité, cette face regarde le sud-est.

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serves et g-ardeiit un aspect imposant; du reste, cette forteresse est une des plus soignées parmi les constructions l)yzan-

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FiG. 164. — Forteresse de Mdaourouch.

tines de l'Afrique du Nord, les pierres di> taille sont jointes

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<riine manière très exacte et les assises disposées avec beaucoup de régularité.

Nous no saurions dire avec certituile quel l'ut à l'orig-ine le ])lan du cliàlcau fort. Le front forme une ligne droite de 36 mètres de long, Uanquée à ses extrémités de deux grandes tours carrées et })résentant au milieu un avant-corps, dans lequel est ménagé un ])assage. Par dcn-ière, deux murs, ])er- })en(liculaires h ce front, se dc'laclient des tours ; au bout de 17 mètres, ils se coudent à angle droit. Au sud, toute trace <lu rempart iirimitif disparait à partir de là. Au noi'd, la muraille rejircnd bientôt sa direction ])remière; elle se perd ensuite sous les décombres. Mais 34 mètres plus loin, on remarque des vestiges d'un long mur, bâti avec soin : il est ])arallèle à la façade orientale et il formait peut-être le front opposé de la forteresse. Il se termine au sud par une grande tour rectangulaire dont il ne reste plus que la base ; un dos de terrain indiquo rexisteiice d'une autre tour semblable au nord. Ces deux tours étaient placées de biais, sans doute })Our faciliter la surveillance de la courtine. Le castc/hini de Mdaouroucli n'était donc pas exactement rectangulaire, comme ceux <le Timgad, de IJolbv.ma, de Tobna, de Sétif : il v avait, semble-t-il, de grands rentrants sur les faces longues, disj)Osition tout ;i fait insolite et (pie muis ne pouvons pas nous <>xpliquer.

Plus tai'd, et peut-être après la cluite de la domination byzantine, la citadelle fut beaucoui) l'édnite. On éleva, du côté lie l'ouest, un nnu' semi-circulaire, construit à la bâte et d'inie manière très l)arbare, sans doute avec des matériaux pris dans le fort même, (pii avait dû auparavant suliir de graves d(''gàts. €et liémicvcle est en effet une l'est aui-ation de très basse

époque et non pas, coraino on l'a cru, une ruine ilc (pichpie édifice romain, lliéàlre ou autre monument.

Les courtines de la forteresse mesur, nt en moyenne 2 mètres d"éi!aissein-. Des contreforts intérieurs, épais de U"\70, larges pour la plupart de r",35, étaient reliés par des arcades, dont Tuiu^ sulisislait encore en 1895. Ces arcades, faites en i)etites pierres, supportaieni les dalles d un chemin de ronde. La tour du nord-est est iMi l»on état, l'n conhtir oblique, très étroit, mène à la salle du rez-de-cliaussé<>, qui était séparée de létage })ai' uu phuudier. reposant sur des corniches et sur nu corbeau.

Lavant-corps de la face orientale, hw^r de !^ mètres, profond de 7"M0. renferme une petite cour (piadrangnlaire. resserrée entre deux bastions ])leins ' et s'ouvrant, sur le dehors comme sur Tintérieur, ])ar de grandes baies, donl lo linteau est surmonté d'un arc île décharg-(\ Lue poterne, large seulement de 0",85, est ménagée dans le rentrant du front nord : une arcade y surmonte aussi le linteau.

Autour de la forteresse, t(dle (péelle l'ut constituée après la réparation hâtive dont nous avons parlé plus haut, on distingue une enceinte irrégnlière, qui en est (doignéede "iô ;i 50 mètres"' <'t qui rai)pelle C(dle de Gadiaufala '. Très grossière, elle consiste en un mur large de 0°',90, présentant soit deux rangées <le pierres de taille, soit une seule rangée, doublée en arrière ])ar des moellons. A l'ouest, on a sinq)lement incorporé dans cette enceinte la longue coui'tine (pii nous a jiaru rcq résenter

1. Les vides indiqués par ^L Dielil ù rinléiieur de ces deux basUons m'ont paru accidentels; ils ne forment pas deux couloirs ménagés dans l'épaisseur de la muraille.

2. La place nous a manqué pour indiquer celle enceinte sur notre plan.

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