‹ Les monuments antiques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 9 sur 264 · PORTS · texte numérisé non relu

PORTS

Un ;i pu étudier la disposition du })ort, ou plutôt des doux ports de Cae^arca (Chercliel). Voici les indications que ^I. Cag-nat donne à ce sujet' : « Il existait deux ports distincts, « le port marchand et le port militaire. Pour construire l'un « et l'antre, on avait tiré parti d'une petite île (jui s'étendait en <( face de la ville et formait nn al»ri naturel... Le port mar- « cliand avait été établi entre cette ile, que l'on a appelée « depuis îlot Joinville, et la côte ; vers le nord-ouest, il était <( à demi fermé i)ar une jetée [qui reliait l'ilot ;i un rocher « voisin]; vers le nord-est, par une autre, [partant du rivage « et] étabhe sur une ligne de roches qui aftlourent encore « aujourd'hui en certains endroits. En réahté, il était fort « exposé aux vents du large.

« Le port militaire, au contraire, beaucoup plus petit, était « très I»ien abrité. Il ne communiquait avec le i)ort marchand « que par un goulet assez étroit [à l'est] ; il n'avait rien à « craindre des vents du nord, du nord-est et du nord-ouest, " l'ilot le protégeant entièrement de ce côté. A l'ouest, un « mur d'enceinte, fortement établi sur le rocher, le défendait « des coups de mer... La forme du port était celle d'un liexa- « gone très irrégulier. ShaM' nous ajjjirend (pi'il existait tout « autour des monuments dont il a aperr-u des débris sous « l'eau... : c'étaient les restes de l'arsenal et des magasins de <' la Hotte... La construction du pnrl moderne a fait disparaître

1. L' Armée romaine (V Afrique, p. 3i.j-S. 2 planches à la pa^je ;5:îO. M. Gagnât donne les indications bibliographiques nécessaires : ajouter Bull, des anliquilés a/'rirainex. Il, 1881, p. loi,

'< le poil que le temps avait épargné. La profondeur moyenne « du bassin était, suivant les uns, de 3", 20, suivant les autres, « de 2"", 50 seulement'... On a signalé sur l'ilot des travaux « de défense, qui complétaient l'armement du port militaire à « sa partie septentrionale. »

ATipasa, le port romain - se trouvait en dehors de Tenceinte, ( à l'est. Assez exigu, il était limité par deux ilôts et par laterre ferme. Trois jetées le protégeaient : l'une au nord, entre ces deux Ilots ; une antre à l'ouest, partant du plus grand des îlots pour se diriger vers le rivage, qu'elle ne rejoignait du reste pas, car Tentrée du port semble avoir été de ce côté; la troisième enfin au levant, entre le petit ilôt et le littoral. Sur rHot de l'est, un gros mur en pierres de taille, parallèle au rivage, servait prol)ablement de brise-lames. L'ilot de l'ouest ne présente pas de mur semblable, mais le roc y est taillé do manière à remplir le même office. Le jjort avait une profondeur de 4 à 6 mètres. La situation de ce havre à Lextériour do la ville était évidenuuent assez inconnnode; en outre, il n'avait pas de quai do débanpioment, la côte étant à pic en cet endroit. Il ne conuiiuniquait avec la terre que par un petit escalier, creusé dans le roc. Les marchandises devaient être débarquées plus à l'ouest, dans une baie voisine du centre de la ville, le long d'une» ligne do quais dont les vestiges sont encore visibles.

Des traces do jetées ont été constatées dans plusieurs autres ports romains do l'Algérie ; elles ne méritent pas une description détaillée-!.

1. En draguant ce port en 1847, on rencontra les carcasses de deux galères. ■2. Gsell, Mélanges de VÊcole de Rome, XIV, 189i, p. 329-332. 3. A Stora, une jetée paraît avoir joint l'ilot des Singes au littoral voisin : De Marcilly, Ann. de'ConsL, 18o3, p. 2">. — A Bougie, on reconnaissait jadis,

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]iariMl-il. (les restes de jetées à l'ouest de la ville, au lieu dit Dar-Senaa : Féraud, lievue africiine, 111, 1858-0. p. 304 ; N'igneral, fiuines romaines de lu hdhi/lie (lu Djurdjuva, p. loO. Mais ces jetées étaient peut-être sarrasines. — I,arade de Sidi Khaled, bien abritée au nord, à louest etau sud, servait déport aux habitants (le Taksebt; on dislin^nie l'amorce d'une jetée au sud-est: (Javaultct iJourlier, lievue africaine, XXXVll. 1893, p. 133. — A Tigzirt, l'ilut situé en avant de la ville antique a été relié à la terre ferme par une chaussée, i|iii a pu éti'c im brise-lames et un débarcadère: Gavault, Elude. sur les ruines romaines de Ti'jz-irl, p. 110-1. — Le port de <iunuf/u était dans l'anse qui baigne à l'ouest le promontoire de Sidi Brahim:on y voit quelques traces d'une jetée.

X CoUu. il y aurait eu dcMix iiorts. l'un contre le rivage, l'autre à l'intérieur de terres, au sud de la ville actuelle. Ce second port, analogue au cothon de la Carthage punique, aurait été aménagé par lu main de l'homme: Féraud, lievue africaine. XX, 187G, p. 1.

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