‹ Les monuments antiques de l'Algérie (volume 3)Chapitre 11 sur 288 · PORTS · texte numérisé non relu

PORTS

On a pu étudier la disposition du port, ou plutôt des deux ports de Caesarea (Cherchel). Yoici les indications que M. Gagnât donne à ce sujet^ : u II existait deux ports distincts, « le port marchand et le port militaire. Pour construire Tun « et l'autre, on avait tiré parti d'une petite île qui s'étendait en « face de la ville et formait un abri naturel... Le port mar- (( cliand avait été établi entre cette île, que l'on a appelée « depuis îlot Joinville, et la côte ; vers le nord-ouest, il était « à demi fermé par une jetée [qui reliait l'îlot à un rocher « voisin]; vers le nord-est, par une autre, [partant du rivage « et] établie sur une ligne de roches qui affleurent encore « aujourd'hui en certains endroits. En réahté, il était fort « exposé aux vents du large.

« Le port militaire, au contraire, beaucoup plus petit, était « très bien abrité. 11 ne communiquait avec le port marchand « que par un goulet assez étroit [à l'est] ; il n'avait rien à *i craindre des vents du nord, du nord-est et du nord-ouest, «. l'îlot le protégeant entièrement de ce côté. A l'ouest, un « mur d'enceinte, fortement établi sur le rocher, le défendait (( des coups de mer... La forme du port était celle d'un hexa- (( gone très irrégulier. Shaw nous apprend qu'il existait tout « autour des monuments dont il a aper:^u des débris sous « l'eau... : c'étaient les restes de l'arsenal et des magasins de « la flotte... La construction du port moderne a fait disparaître

1. L'Armée romaine tV Afrique, p. 3io-8, 2 planches à la page 339. M. Gagnât ■donne les indications bibliographiques nécessaires ; ajouter Bull, des antiquités ■africaines, II, 188i, p. 157,

'< le peu que le temps avait épargné. La profondeur moj'enne « du bassin était, suivant les uns, de 3'", 20, suivant les autres, « de 2"", 50 seulement'... On a signalé sur l'ilot des travaux « de défense, qui complétaient l'armement du port militaire à « sa partie septentrionale. »

ATipasa, le port romain ' se trouvait en dehors de Tenceinte, il l'est. Assez exigu, il était limité par deux îlots et par la terre ferme. Trois jetées le protégeaient : l'une au nord, entre ces deux îlots ; une antre à l'ouest, partant du plus grand des îlots pour se diriger vers le rivage, qu'elle ne rejoignait du reste pas, car l'entrée du port semble avoir été de ce côté; la troisième enfin au levant, entre le petit îlot et le littoral. Sur l'îlot de l'est, un gros mur en pierres de taille, parallèle au rivage, servait probablement de brise-lames. L'îlot de l'ouest ne présente pas de mur semblable, mais le roc y est taillé de manière à remplir le même office. Le port avait une profondeur de 4 à 6 mètres. La situation de ce havre à l'extérieur de la ville était évidemment assez incommode; en outre, il n'avait pas de quai de débarquement, la côte étant à pic en cet endroit. 11 ne communiquait avec la terre que par un petit escalier, creusé dans le roc. Les marchandises devaient être débarquées plus à l'ouest, dans une baie voisine du centre de la ville, le long d'une ligne de quais dont les vestiges sont encore visibles.

Des traces de jetées ont été constatées dans plusieurs autres ports romains de l'Algérie ; elles ne méritent pas une description détaillée

1. En draguant ce port en 1847, on rencontra les carcasses de deux galères.

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