Ibid., p. 518 et (îg
39° Casliglione (entre Alger et Tipasa). — Église ', qui a été exploitée comme carrière et est en fort mauvais état, mais dont le plan a pu être nettement déterminé, surtout après les fouilles que M. Grandidier y a faites en 1893. Longueur totale 3i°^,10, largeur 16", 20. Un vestibule, profond de 2", 30, occupe toute la largeur de la façade. Le front de l'église a une porte, au milieu ; il y a deux autres entrées, ménagées dans les murs latéraux. L'intérieur, dallé en briques, présentait deux colonnades : on y a trouvé une base attique, à socle bas, des débris de fûts en pierre ou en granit, un chapiteau d'ordre dorique, un autre chapiteau de forme trapue, qui ne se rattache à aucun ordre déterminé et qui est orné d'une colombe. Sauf ce dernier chapiteau, les différents morceaux d'architecture que nous venons d'énumérer paraissent avoir été pris ailleurs. Les colonnes portaient des arcades en pierres de taille. Aux deux extrémités de chaque colonnade, la retombée de l'arcade était soutenue, non par une demi-colonne, comme c'était l'usage, mais par un simple corbeau enfoncé dans le mur.
L'abside, profonde de 6 mètres, est enfermée dans un mur carré, qui ne fait pas saillie en dehors du plan général de l'édifice. Elle est surélevée d'environ 2"", 10 et revêtue d'une couche de béton ; on devait y monter par deux petits escaliers en bois (marqués en pointillé sur notre plan de la crypte). Dans l'état actuel, on ne saurait dire si elle était flanquée de sacristies. En avant de cette abside, deux massifs de blocage s'avancent parallèlement dans la nef. Ils flanquent un passage, jadis couvert, qui permettait d'atteindre la crypte dont nous
1. Bertrand, Bull. Comité, 1896, p. 139-142. Grandidier, DulL de la Société d'archéologie du diocèse d'Alger, I, p. 99-116.
allons parler. Au-dessus, devait s'étendre une sorte de plateforme, limitée par les deux escaliers du iireshyteriiim et portant sans doute l'autel.
En suivant le passage et après avoir descendu quelques marches, on pénétrait dans une salle souterraine, aj^ant exactement les mêmes dimensions que Tabside placée au-dessus d'elle [fig. 120). Elle était coiffée d'une voûte surbaissée (hauteur maxima 2°", 40), très légère, faite, comme les voûtes des
Fig. 120
deux salles voisines, avec des moellons, des amphores, des tubes en argile, emboîtés les uns dans les autres, enfin d'autres éléments en terre cuite qui ont la forme d'obus. Une fenêtre s'ouvrait au fond. Au centre de cette salle, M. Grandidier a découvert une piscine baptismale : un massif carré en maçonnerie, de 2°',i5 de côté, s élève à 0"',30 au-dessus du sol ; il encadre un bassin circulaire d'un diamètre de l^'j lO et d'une
profondeur de 0^,70, dans lequel on pouvait descendre par quatre petits degrés, deux arrondis et deux rectangulaires, ménagés à l'intérieur du massif et disposés en croix. Il n'y a aucune trace de canal pour l'adduction de Teau, mais un conduit, se dirigeant vers le nord, servait à vider la piscine.
Des portes cintrées donnent accès à deux chambres, situées à droite et ii gauche du baptistère et qui en étaient évidemment des annexes. Celle de gauche, éclairée par une petite fenêtre, était couverte d'une voûte d'arêtes. Celle de droite présentait, à chaque extrémité, une voûte en berceau, large seulement de 1™,30, et, au milieu, une voûte d'arêtes. Cette dernière salle communiquait par un escalier avec le bas côté de droite de l'église et avait aussi une porte sur l'extérieur. On remarque, dans la même chambre, une petite niche semi-circulaire, qui a dû abriter des ustensiles du culte, et on a trouvé jadis en cet endroit un bloc en pierre, creusé d'une cavité carrée, dont le couvercle s'insérait dans des feuillures : M. Grandidier pense que ce coffre servait à enfermer les saintes huiles.
Les trois salles de la crypte sont certainement de la même époque que le reste de la basilique : l'exhaussement anormal de l'abside ne s'explique que par l'existence d'une chambre au-dessous.
40" Chabet Médahouah (région de Constantine). — Pierre qui a été évidemment placée dans un sanctuaire chrétien ; elle porte l'inscription! : « Mejnoria sanctor[tim) felic[it€)r ! )) tracée au-dessous d'une excavation, que fermait, dit-on, une plaque en ciment-. C'était sans doute le support d'une ta])le