‹ Les monuments antiques de l'Algérie (volume 3)Chapitre 206 sur 288 · II · texte numérisé non relu

II

FiG. 139. — Chapelle de Tigzirt.

nument, prouve'que la toiture a été détruite par un incendie.

149° Tigzirt. — Chapelle [fig. 140) ^ située dans la nécropole orientale; fort mal conservée. Gavault y a fait quelques sondages. Longueur 20'", 1^? l^^^V- ^^^i' 11°", 50. La façade n'offre l)as de porte ; l'entrée était à droite et plus élevée que le sol du sanctuaire : on descendait à l'intérieur par un petit escalier. Deux lignes de piliers carrés bordaient la nef ; sur ces supports reposaient directement des sommiers d'arcades, ornés de rosaces, d'étoiles, d'entrelacs.

Deux petits escaliers de trois marches conduisaient à l'abside.

L'ouverture était traversée par une colonnade, qui supportait soit une architrave, soit trois arcs. En l'état actuel, nous ne saurions dire si ce presbyterhim était flanqué de sacristies. On a constaté dans la cha-

FiG. 140. — Chapelle funéraire de Tigzirt.

pelle que nous venons de décrire l'existence de plusieurs tombes.

1. Vigneral, Ruines romaines de la Kabylie du Djurdjura, p. 21 ; pl. III, fig. 3. Gavault, Élude sur les ruines romaines de Ti(jzirl, p. 103-5, fig. 18.

ÉDIFICES DU CUr.TE CHRÉTIEN

150. Henchir Tikouba'l (au nord de l'Aurès). — Église {fig. 141)', située au sud du bourg antique ; non fouillée et en très mauvais état ; mais le })laii est net, sauf au fond. Longueur 3r,70 (4G",30 avec Vatrhnn), largeur 15°", 40.

L'édifice est précédé d'une grande cour carrée, qui était entourée d'un quadruplc' portique, formé de douze colonnes (bases attiques à socle élevé). Le mur de façade de cet atrium^ ainsi que celui de l'église, semblent n'avoir été percés que d'une porte, au milieu. A l'intérieur du sanctuaire, se dressaient deux colonnades (bases de même type, chapiteaux d'ordre dorique décadent).

Une clôture de dalles et de petits piliers limitait le chœur. Le fond de la basilique est très détruit ;

FiG. 141. — Basilique d'Henchir Tikoubaï.

1. Graillot etGsell, Mélanges de l'École de Rome, XIV, 1894, p. 36-7, fig. 10 (plan reproduit par Kraus, Geschichte derchristlichen Kunst.l, p. 275, fig. 211).

cependant, on peut constater que le mur postérieur du preshyteriiim n'était pas arrondi au dehors et qu'il y avait deux sacristies.

Payen a trouvé en 1857', au centre de la nef, une pierre

quadrangulaire (peut-être une table d'autel), longue de rr, 84, haute de 0"',20, l)résentant sur la tranche l'inscription nDoca (=c5;a?) iJei », entre deux palmes et deux rosaces 2.

151° Timedout (région du Ho(hia).— Église (/«^. 142)% dont les murs ne dépassent guère le sol. Longueur 31 mètres, largeur 13", 60.

Un portique, dont la toiture était soutenue par une hgne de piliers, s'étendait en avant de la façade. Celle-ci ne })résente qu'une seule l)orte. Deux rangées de })iliers carrés séparaient les vaisseaux ; l'abside, plus élevée que le reste de l'édifice, était flanquée à

Fie. 142. — Basilique de Timedout.

1. Croquis dans les papiers de L. Renier, à la Sorbonne. Conf. Bull. Comité, 1887, p. 174, n» 787.

'1. Outre cette église, on dislingue à Henchir Tikoubai les vestiges d'une chapelle, avec abside (Graillot et Gsell, l. c, p. 37).

3. Gsell, Recherches archéologiques en Algérie, 141, fij. 10.

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gauche d'une sacristie, qui débordait le bas côté voisin.

152° Timgad [Thamugadi)K — Grande église-, située vers l'extrémité nord-ouest de la ville (plan, fig. 143; vue, planche XCI). Elle a été fouillée en 1893 par le Service des monuments historiques. Les murs ne s'élèvent pas actuellement à plus del"',50. Longueur totale 39 mètres, largeur du front 17", 40.

On ne distingue aucune trace certaine d'un vestibule. Une seule porte s'ouvre sur la façade, au milieu. La nef est séparée des bas côtés par deux doubles colonnades, dont les éléments ont été, en général, pris ailleurs (chapiteaux doriques et corinthiens, à feuilles découpées ou lisses). Des arcades devaient être jetées sur les colonnes qui bordaient les bas côtés ; par-dessus s'élevait un nuu'^ percé de fenêtres. Quant aux colonnes qui limitaient la nef, elles étaient probablement surmontées d'un dé allongé, portant à son tour une colonne courte ou une demicolonne, adossée au mur : quelques fûts ou débris de fûts, trouvés dans la ruine, paraissent se rapporter à cette ordonnance. Rien ne permet de croire que les collatéraux aient eu des tribunes.

Le chœur, profond de 11", 14, n'occupait pas toute la largeur de la nef: il était large seulement de 5", 65. Des grilles, en bois ou en métal, le fermaient par devant et sur les côtés ; on voit encore en place plusieurs des pihers dans lesquels venaient s'insérer ces barrières. Plus près de l'entrée, on reconnaît la

1. Thamugadi fut un des foyers les plus importants du donatisme. Une des églises des schismatiques est mentionnée par saint Augustin {Contra Gaudentium, I, 1). Vers 420, 1 evêque Gaudentius menaça de s'y brûler avec les siens.

2. Ballu, les Ruines de Timgad. p. 232, 223, 235. Wieland, Ein Ausflurj ins allc/irislliche Afrika^ p. 155-6.

LTÎS MONUMENTS ANTIQUES DE l' ALGÉRIE

FiG. 143. — Grande basilique de Timgad.

ÉDIFICES DU CULTE CHRÉTIEN Mi

trace de deux piliers semblables : nous ne savons pas à quoi servaient ni comment étaient disposées les grilles qu'ils maintenaient'. Au fond de ce chœur, un espace rectangulaire est revêtu d'une mosaïque ornementale- et bordé par des bandes en pierres de taille, dans lesquelles sont creusées quatre petites mortaises, destinées sans doute à maintenir les montants d'un autel de bois.

(3n se rendait à Tabside, surélevée d'un mètre, par deux escaliers, qui sont aujourd'hui détruits, mais dont l'emplacement est encore visible. Elle était pavée en mosaïque. A droite, une sacristie, qui paraît avoir été an niveau de l'église et non du prcsbyterium, communique par une porte avec le bas côté voisin. Il en est de même delà salle de gauche, beaucoup plus grande et terminée au nord par une abside ; elle offrait une mosaïque de pavement. Ces deux salles n'étaient pas, semble-t-il, en communication (Urecte avec l'abside de la basilique.

En avant du front de Tédifice, le long de la partie antérieure des murs latéraux, enfin derrière le chevet, on aperçoit des vestiges de murs dont les dispositions ne peuvent pas, en l'état actuel, être reconnues avec certitude^. Des fouilles seraient nécessaires pour permettre de (Ustinguer, parmi ces divers bâtiments, ceux qui ont été des dépendances du sanctuaire et ceux qui sont de date plus récente.

153° Timyad. — ÉgUse [fig. 144)^, à 120 mètres environ au sud-sud-ouest de la porte septentrionale de la ville, à droite

1. A gauche de Fentrée du chœur, trois petits trous rectangulaires ont été creusés dans le béton. Leur destination nous échappe aussi.

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