De Rossi, Bull, di orchcologia cristiana, 1891. p
carrés qui supportaient une toiture en appentis. Entre les deux piliers du milieu s'ouvre un couloir, flanqué de deux mure ttes : il conduit à la porte de la basilique. Un fût très bas, enfoncé dans le sol à Tenlrée de ce couloir, a i)eut-être porté jadis une vasque, servant aux ablutions des fidèles. Le reste de l'espace occupé par le porche était surélevé de 0°',25 par rapport au passage central et formait ainsi deux terrasses, auxquelles on accédait par des ouvertures ménagées dans les murs du couloir, et qui étaient bordées, sur la face opposée ainsi qu'en avant, par des cancels ajourés, en pierre.
Le front de basilique est percé d'une seule porte, large de i'^^dS. Dans le mur latéral du nord, il y a une autre entrée, t)ien conservée : le linteau est surmonté d'un arc de décharge, formant une lunette semi-circulaire. Une troisième porte, dont le bas seul subsiste, s'ouvrait dans le mur du sud; elle mettait l'église en communication avec un éiUfîce voisin, que nous décrirons tout à l'heure.
Des piliers séparaient les trois vaisseaux, comme dans la chapelle primitive. Sur les bas côtés, à une hauteur de 4°", 20 environ, on éleva des tribunes, qui furent prolongées au-dessus des collatéraux de la partie ancienne. On y montait par deux escaliers coudés, placés à l'intérieur, aux deux angles que les murs nord et sud forment par leur rencontre avec le mur do façade. Chaqu:^ tribune était bordée par une colonnade, terminée à ses extrémités par deux demi-colonnes. Les bases sont de forme rmhmentaire (socle carré surmonté d'un tronc de cône); parmi les fûts, les uns ont été pris à des édifices plus anciens et simplement coupés à la hauteur convenable, les autres faits exprès : ces derniers, rse .iistinguent par leur facture massive et grossière. Les chapiteaux, laids et trapus, se
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rattachent à Tordre ionique : on les a aussi fabriqués tout exprès i)our la décoration do ces tribunes. La hauteur des colonnes complètes (avec base et chapiteau) est de l^",??. Des mortaises, creusées dans les fûts et les bases, prouvent qu'il y avait des o-riUcs dans les entre-colonnements. Sur ces supports étaient jetées des arcades en pierres de taille ; par-dessus, se (blessait un mur, construit en blocage, comme l'attestent de nombreux (k'bris trouvés dans les fouilles; il était percé de fenêtres, que garnissaient des plaques de pierre, découpées à jour. Au rez-de-chaussée, d'autres baies, de petites dimensions,, éclairaient les bas côtés. On en voit encore quatre dans le mur du nord, à une hauteur <le 2"", 65 au-dessus du sol. Elles mesurent en moyenne 0"", 60 d? haut et 0'",53 de large et présentent des feuillures, dans lesquelles s'encastraient des plaques ajourées. 11 est probable que des fenêtres semblables s'ouvraient dans les murs des tribunes. Nous avons recueilli de nombreuses tuiles de la toiture. En admettant, selon l'usage,, un toit en dos d'âne au-dessus de la nef, on peut calculer que la hauteur maxima de l'église était d'un peu plus de 10 mètres.
On n'a pas de données suffisantes pour déterminer avec certitude la date de cet agrandissement du sanctuaire de la martyre Sais a. Peut-être fut-il l'œuvre de Potentius ; peut-être convient-il de l'attribuer à une époque jikis basse : à l'époque vandale ou aux premiers temps de la domination byzantine.
Yers la hauteur des quatrièmes piliers à partir do l'abside,, la nef était barrée par un cancel ajouré, en pierre : sur un fragment se voit une croix monogrammatique, accostée de l'a et de Fo), et dont un des bras est surmonté d'une colombe. Ce cancel devait naturellement être interronq)u au milieu.
Plus près de l'abside, à la hauteur des troisièmes piliers,.
nous avons découvert un socle en maçonnerie, long de 2"',34, large de 1™,70, construit négligemment avec des matériaux (lisparates ; rextérieur était plaqué de dalles de marbre prises ailleurs (celles des angles offraient d'élégants rinceaux). Audessus, s'élevaient deux petites piles qui supportaientjailis un sarcophage en marbre, du iii^ siècle, représentant la légende <le Séléné et d'Endj'mion. Tout autour régnait une grille.
Le socle recouvrit entièrement la sé[)ulture de Fabia Salsa, qui, préalablement, avait été ouverte, dépouillée de son contenu, puis comblée. Il est très probable qu'il faut reconnaître le tombeau de sainte Salsa dans ce sarcophage, dressé au centre il ' la nef sur une base qui le signalait de loin, entouré d'une grille qui l'isolait, brisé plus tard par les ennemis du christianisme avec un acharnement sauvag? : on avait donc utilisé un tombeau païen, vieux de plusieurs siècles, pour y placer le corps <lela martyre. Le socle que nous venons de décrire est certainement postérieur à la mosaïque de la nef, sur laquelle il a été simplement posé. D'autre part, il ne doit pas être antérieur à l'allongement de l'édifice, car ce monument, avec sa clôture qui n'avait pas moins de 5°", 65 de long et de 4°", 94 de large, aurait encombré la nef exiguë de la chapelle. 11 y a donc eu, après le milieu (hi v- siècle, une translation des restes de la sainte, ensevelis aui)aravant (hins un lieu que nous n'avons pas pu déterminer d'une manière certain?, soit dans l'abside, soit (huis le sarcophage de Fabia Salsa.
Nous avons découvert de nombreuses tombes dans la basilique. Sauf quelques-un^s, qui paraissent être i)lus anciennes (le lieu était un cimetière), ce sont des sépultures de fidèles que l'on a voulu enterrer tout près de la martyre. Ces tombeaux, qui consistent presque tous en des saiTopliages de
pierre, ont été })lacésàdes niveaux différents et sans souci de la sj'métrie, les uns cachés sous le sol, les autres visibles en partie ou entièrement. Plusieurs portent sur leur couvercle des épitaplies en mosaïque. Il y en a jusque dans le porche.
A une basse époque, la basilique subit (Uvers remaniements. De chaque côté <le la nef, à 1 mètre en avant des piliers, on éleva une colonnade, extrêmement barbare, dont tous les éléments furent jiris ailleurs'. On vouhut ainsi soulager la charl)ente qui couvrait le vaisseau central; les tribunes avaient déjà disparu et la toiture dut être placée beaucoup })lus bas qu'auparavant. Plus tard encore, la moitié postérieure de la nef fut isolée des collatéraux par des murs bâtis entre les piliers et par un mur transversal, Ces parois ont été faites avec des matériaux divers, empruntés surtout aux parties liautes et à la moitié antérieure de Féglise. L'édifice était donc en mines : peut-être avait-il été incenihé lors d'une des premières incursions des Ara])es en Afrique, ou dans toute autre circonstance ; les Tipasiens le restaurèrent à la hâte et conune ils purent, désireux surtout d'isoler et de protéger la i)artie qui contenait les restes de la martyre. Les nombreux débris de charbons que nous avons recueillis dans les fouilles prouvent que le sanctuaire, ainsi rendu au culte, fut détruit par le feu, et cette fois pour toujours. De méchants murs non maçonnés, qui subsistent sur plusieurs points, se rapportent à des masures élevées par les i digènes an milieu des décoml)res-.
A quelques mètres au sud de la basilique de Sainte-Salsa, ou voit un bâtiment, encore assez l)ien conservé, construit soit en blocage, soit en })ierres de taille (pLuiche XCIV). J y ai
1. Derrière la façade, deux parois pleines remplacent les colonnes.