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et les places fortes, en moyenne 1"',40. Souvent même, les deux 1 arements en pierres de taille ne sont point séparés par des moellons : ils se toaclient dos à dos, constituant un mur large de 0"',80-l mètre. Le travail est presque toujours hâtif et très négligé. En règle générale, les fronts ne sont pas flanqués de tours. Parfois cependant, un petit bastion carré fait saillie sur une des faces ; il couvre l'entrée, ou bien il forme un réduit, peut-être aussi un poste d'observation On ne rencontre que très raremont plusieurs tours, disposées soit aux angles, soit au milieu des côtés-. Il n'y avait d'ordinaire qu'une seule porte, avec une fermeture de type usuel ou un disque en pierre, manœuvrant dans une coulisse 3. Une citerne est quelquefois aménagée dans le sous-sol '\
1. Voir Delamare, pl. 88, fig. 1-3 et pl. 89, à gauche (fortin de Guidjel, près de Sétif); Gsell, Rec. de Const., XXXII, 1898, p. 256 et 289 (Guelaat bou Atfane, dans la région de Guelma; Ksar Gouraï, près de Tébessa).
2. A Tigzirt, à l'endroit où l'on a cru reconnaître le forum [Gn.\n.\\\i,Étude sur les ruines romaines de Tigzirt^ p. 91-4), s'élevait un fortin, avec deux tours carrées, occupant le milieu des fronts nord et sud. Cet ouvrage, construit avec des matériaux de démolition, est peut-être byzantin, quoique le mur ne soit pas à double parement. — On voit à El Mahder, près de Balna, un petit fort carré, de 41 mètres de côté, à murs doubles. Au milieu des faces nord, est et ouest, s'avance une tour, de S"", 60 de front et de saillie. Sur la face sud, il y a une porte, faisant aussi saillie; une arcade encore bien conservée la surmonte. Graillot et Gsell, Mélanges de VÉcole de Rome^ XIV, 1894, p. 76;Blanchet, Bull. Comité, 1898, p. 333-4. — A Hammam Meskoutine, Ravoisié (11, pl. 20) et Delamare (pl. 169, fig. 1 et 4) ont étudié un fortin, aujourd'hui démoli, dont la forme particulière a été déterminée par la configuration de la crête étroite sur laquelle on l'avait placé. Il se composait de deux tours carrées, reliées par deux murailles parallèles, très rapprochées l'une de l'autre.
3. Voir plus loin, au fortin d'El Mahder. Delamare, Exploration, pl. 55, fig. 1 ; pl. 88, fig. 1, 2, 9. De Bosredon, Rec. de Const., XIX, 1878, p. 31 et pl. II. — Pour ce mode de fermeture, voir Jacquot, Rec. de Const., XXXIV, 1900, p. 142-4 ; Gsell, Fouilles de Bénian, p. 45; conf. plus haut, p. 384 et plus loin, chap. m, aux Djedar.
4. Par exemple à Ascours, entre Bône et Guelma : Delamare, pl. 188, fig. 10-11.
UGHAHY THE
Nous nous contenterons de mentionner ici cinq de ces fortins, qui pourront servir d'exemples K
Le Ksar cl Kcùir- (le grand fort), à Kliamissa, est situé sur la croupe qui domine le théâtre et d'où Ton découvre au nord la vallée de la M?djerda, à Touost et à Test les collines entourant la ville de Thubursicum. Ce fortin, resté debout sur une hauteur de plusieurs mètres (voir planche CII), mesure 15 mètres de côté. Il a des murs doubles, épais de 0™,80, ;i assises régulières. La porte s'ouvrait dans une sorte de couloir étroit, au sud. A l'intérieur, nous avons distingué plusieurs compartiments, dont les murs ont été remaniés et dont les dispositions ne sont pas bien nettes. Au-dessous s'étend une citerne.
Vers le bas de cette croupe, au sud-ouest, on trouve les ruines d'un autre fortin^, dont la longueur est de 31 mètres et la largeur de 17; il occupe l'emplacement d'uii édifice plus ancien, dont on a utilisé quelques parties. Les murs, à double parement, avec un remplissage de moellons au milieu, ont 1°',60 d'épaisseur ; des morceaux d'architecture et des pierres tumulaires y ont été employés. La porte, ouverte sur un des côtés longs, au sud, était flanquée de deux avant-corps massifs, mesurant 2 mètres de front.
1. Sur les fortins de basse époque dont les restes se retrouvent en Algérie, voir, entre autres auteurs: Delamare, JS'icp/or., pl. 55, 58, 60, 88, 89, 188; Diehl, Nouv. arch., p. 305-6, 324-7, 349-350 ; le même, Afr. byz., p. 238 seq., 295-6 ; Gsell, Recherches archéologiques en Algérie, p. 101, 103, 113, 118, 122, 123, 132, 134, 138, 139, 141, 142, 173, 255 ; Graillot et Gsell, Mélanges de l'École de Ro7ne,XUl, 1893, p. 473-4 et seg., passim, pl. V ; ibid., XIV, 1894, p. 507-8 et seq., passiin, pl. X; Toussaint, Bull. Comité, 1897, p. 269 seq., passim; Gsell, Rec. de ConsL, XXXII, 1898, p. 255, 258, 260, 265, 284, 288, 289, 292; etc.
2. Chabassière, Rec. de ConsL, X, 1866, p. 120; pl. V, fig. 2 ; pl. XIX, fig. 3. Diehl, Nouv. arch., p. 365. Gsell, Rec. de Const., XXXII, 1898, p. 277-8.
3. Diehl, iVowy. arch., p. 365-6. Gsell, Rec. de Const., l. c, p. 276-7. Voir plus loin la fig. 167. — La face septentrionale est précédée d'un mur de soutènement.
388 LES MONUMENTS A?sTIQUES DE l'aLGÉRIE
A Zana [Diana] ^ un fortin long de 20", 50-, large de 16°", 80, avec des murs épais de 1",45, fut appliqué contre l'arc de triomphe de Macrin -^. La face septentrionale de cet ouvrage défensif est presque entièrement formée par l'arc, dont on bouché les deux petites baies et rétréci la baie centrale ; cette dernière serA^ait d'entrée.
Un fortin assez bien conservé, qu'on voit près du village
d'El Mahder (au nord-est de Balna) mesure 11 mètres sur 9'", 40; les murs ont r",40 d'épaisseur. La porte, ménagée sur la face orientale, se fermait à l'aide d'un disque de pierre, de 2 mètres de diamètre, encore en place dans une coulisse. Le linteau offre une grande croix latine, accostée de deux croix plus
FiG. J66. — Forlin d'Youks. , , ,
petites et de doux palmes, ainsi que plusieurs inscriptions^, dont l'une donne le nom du fondateur : « Ar[g]entiifs diacon[us). » Ce diacre était peutêtre le même personnage qu'Argentins, évêque de la ville voisine de Lamiggiga à la fin du vi" siècle^; en tout cas, la forme des croix et des lettres indique l'époque byzantine.
1. Diehl, Noiiv. orch., p. 300-1 et pl. I. Le même, Afr. hyz., p. 180, fig. 24. Graillot et Gsell, Mélanges de l'École de Rome, XIV, 1894, p. 544-6.