‹ Les monuments antiques de l'AlgérieChapitre 25 sur 117 · Mélanges de l'École de Rome. XIX. 1899, p · texte numérisé non relu

Mélanges de l'École de Rome. XIX. 1899, p

8i LES MONOIENTS ANTIQUES DE L ALGERIE

imir Je soutènement. Des statues se dressaient en avant des colonnes. Ces constructions remontent à répoquo de Septime- Sévère(au débutdu iiT siècle), sauf lebatimentcentral, qui parait être plus ancien. Il comporte un sous-sol, divisé en cinq compartiments voûtés, — c'était sans doute là qu'on gardait le trésor de la légion et les épargnes des soldats, — et une salle supérieure, dallée, qui abritait un autel, auprès duquel on devait déposer les enseignes. Plus tard, cette salle fut munie d'une abside et servit peut-être aux réunions du collège des options, les plus élevés en grade des sous-officiers.

Quels étaient les autres édifices qui s'élevaient à l'intérieur de l'enceinte? Des fouilles ultérieures nous l'apprendront. Il ne faut pas ouljlier qu'à partir du règne de Septime-Sévère, la plupart des légionnaires logèrent hors tlu camp : ce prince permit aux soldats d'habiter avec les femmes qu'ils prenaient pour maîtresses. Mais il y avait évidemment, dans le camp de Lambèse, des arsenaux, des bureaux divers, des magasins, des écuries, un hôpital, une prison, etc.

Le seul monument important qu'on y ait déldayé, outre ceux qui viennent d'être décrits, est un étabhssement de bains, situé au sud-est des sc/wlae^ (en voir le plan, fig. 25). Ces thermes, dégagés partiellement en 1862 et en 1805, couvraient une surface d'environ 2.000 mètres carrés. Ils paraissent dater de l'époque de Septime-Sévère-. On y a trouvé de menus frag-

1. Clierbonneau, Annuaire de Comlantine, 1862, p. Iil-l't2. BarnéonJ, Becueil de Constanline, X, 1866, p. 244-248, pi. XXVII-XXVIII. Gagnât, Guide de Lambèse, p. 42-43. Id., V Armée romaine, p. 536-.j38, avec un plan. Beurj', Rec. de Constanline, XXVIII, 1893, p. 96-97. — La plupart des camps contenaient des thermes. Une inscription trouvée à Pomai'ia (Tlemcen) mentionne le balneum castrorum : Corpus, 99C8.

2. Conf. Wilmanns ^trad. Thénedati. Bull, des anliq. ufric. I. 1882-3. p. 239.

CONSTRUCTIONS MILITAIRES. OUVRAGES DE DÉFENSE 8b

ments de peintures ^ qui revêtaient certaines parois, ainsi que des pavements en mosaïque, aujourd'hui presque entièrement détruits. La partie fouillée- présente deux salles {fngidaria), avec des piscines pour les bains froids, plusieurs grandes pièces [tepidaria], que Ton chauffait à une température mode-

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FiG. 23. — Thermes du camp de Lambèse (échelle de i,600'j.

rée pour ménager la transition entre le l)ain chaud et le l)ain froid; une salle circulaire, jadis voûtée, qui servait probable-

1. Beury parle d' <' une fort belle lête de Neptune avec ses emblèmes», qui décorait une des niches de la salle circulaire, située au milieu des thermes.

2. Le plan ci-contre est la reproduction (avec quelques corrections) du plan qu"a donné M. Gagnât et qui a été copié sur celui de Barnéond. Il présente plusieurs inexactitudes, fort légères, il est vrai. Certaines parties (au nord) ne sont plus visibles aujourd'hui. — Explication de la légende: aa, entrées; bh, frirfidavia ; ce, piscines à eau froide ; dd, ee, salles, avec hypocaustes {fepidaria); f, laconicum (.'), avec hypocaustes; g, caldarium, avec hypocaustes; khh, baignoires pour les bains chauds ; /-/, salles de service, vestiaires, couloirs. Des lignes en pointillé entourent l'ensemble des salles à hj'pocaustes.

ment d'étiivo [lacoiiicum) ; une salle rectangulaire [caldarium), munie de trois piscines pour les bains chauds, etc. La mosaïque d'un des tepidaria offrait, au milieu de motifs ornementaux, deux médaillons avec les bustes du Soleil et delà Lune.

Une autre mosaïque intéressante et d'une belle facture a été découverte, ily a environ un demi-siècle, dans la partie occidentale du camp. Ce pavement, qu'on a beaucoup endommagé, est insuffisamment protégé par une baraque s'élevant dans le jardin de la maison de détention. Il représente Bacchus et les quatre Saisons.

Telles sont les parties actuellement connues du grand camp de Lambëse.

Sur la frontière militaire, furent construits des camps permanents, qui étaient, en quelque sorte, des réductions de celui de la légion. Ils étaient occupés par des corps de troupes qui donnaient parfois leur nom au lieu où ils tenaient garnison. Nous citerons, parmi ces places d'armes', celles de Besseriani et de Bénian, dont le plan est encore bien distinct.

Besseriani [Ad Majores) se trouve à 115 kilomètres au sudouest de Tébessa, à l'un des angles de l'énorme massif montagneux qui sépare le Sahara des régions élevées de Tébessa, de Khenchela, de Timgad, de Lambèse. La citadelle romaine*,

1. Pour d'autres restes de places romaines à la frontière, consulter Gagnât, l. c, p. o6o et suiv. Voir en particulier ce qui est dit de ïaddert, au sud de TAurès (p. 565); d'Ourlal, sur l'oued Djedi (p. 590-592); de Tiaret, où l'on distinguait, il y a soixante ans, un caslellum romain, englobé par la suite dans des fortifications plus vastes (p. 651-652) ; de Sidi Ali Ben Youb, aujourd'hui Chanzy (p. 618); de Lamoricière (p. 619); de Lalla Marnia (p. 620, note 2; conf. Revue africame, II, 1857-1858, p. 3). — Au delà même de la frontière, il y avait encore des forteresses isolées : il n'est pas sûr cependant qu'elles aient été occupées par des troupes régulières. Voir, par exemple, les descriptions de celles de Bénia et de l'oued Ouerq. au sud-est et au sud-ouest de Téniet : Gagnât,/, c, p. 652; Joly, Bull. Comité, 1898, p. 188-191.

2. Baudot, Recueil de Constantine, XVII, 1875, p. 122-126 et pi. XV. Gagnât, l. c, p. .563-565.

placée à rentrée du désert, barrait un des passages qui s'ouvrent à travers ces montagnes et dominait la plaine environnante d'une cinquantaine de mètres. Elle fut élevée au temps de Trajan, lorsque la frontière de la Numidie fut portée du nord de l'Aurès à la lisière du Sahara.

L'enceinte, en pierres de taille, forme un rectangle de| 170 mètres de long sur 100 mètres de large, flanqué à chacun^-de ses angles par une tour carrée qui fait saillie à l'extérieur. Sur chaque face s'ouvrait une porte. Celle de l'est, qui subsiste, est une longue voûte en pierres énormes, sans pieds-droits, mesurant 3", 50 de hauteur. Elle était surmontée d'une belle inscription, couvrant quatre blocs, dont l'un est encore en place : c'était une dédicace à Trajan, gravée enl04 ou 105, parles soins de L. Minicius Natalis, légat de la légion III Augusta^ . Une inscription semblable ornait la porte méridionale, en face du Sahara^, Auprès de cette place d'armes, s'éleva peu à peu une ville, qui parvint au rang de municipe.

Bénian est situé dans le département d'Oran, à environ 35 kilomètres sud-sud-est de Mascara, un peu en deçà de la ligne frontière qui paraît avoir été constituée par Septime-Sévère au sud de la province de Maurétanie Césarienne. Le camp permanent qu'on établit on ce lieu ^ fut occupé par r«/« ??2z7m?'m et désigné sous le nom même de ce corps de cavalerie. C'est un carré de 240 mètres de côté, protégé sur deux de ses faces par le lit d'une rivière (voir le plan, fig. 26). Le rempart, marqué partout par un fort talus, af Heure le sol en beaucoup d'endroits ; il est formé

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